Ma brève du vendredi (parce que ça faisait longtemps)

Je suis plus qu’enchantée de revenir écrire sur cet espace. Je sais qu’il est encore lu, mais en revanche, je n’ai aucune idée de qui peut traîner ses guêtres dans le coin ! Alors je vais faire comme je sais faire : écrire ce qui me passe par la tête et voir ce que ça donne, en interaction, en statistiques de visite et en envie de continuer  🙂

La première chose dont j’ai envie de parler ici, c’est le nouveau rôle que je joue au sein des Impromptus Littéraires, vous savez ce site qui regroupe des auteurs scribouillant chaque semaine sur un thème imposé, que j’ai découvert en 2008 et que je n’ai jamais pu lâcher depuis ? Il se pourrait même que le site retrouve quelques couleurs grâce au travail commun des administrateurs… A suivre ! En attendant, je vous invite à le découvrir et pourquoi pas, à participer au prochain thème ? On me souffle dans l’oreillette qu’il se pourrait bien qu’une certaine plume propose l’idée de la semaine prochaine.

Ensuite, j’ai un gros morceau à vous lâcher. Un gros morceau qui se retrouvera dans la catégorie « tranches de vie » du blog, parce que c’est une aventure incroyable que l’on vit en famille depuis six semaines maintenant et que ça vaut le coup que je vienne en parler ici, pour éclairer des zones d’ombre, pour susciter des vocations et pourquoi pas, inspirer de nouvelles expériences culinaires ! Quoi ? Oui, on va parler bouffe  😀  Mais pas n’importe comment… On va parler de la mission #sugarfree !

Prêt à découvrir les raisons qui nous ont menés sur ce chemin (loin d’être sans embûches) ?

Plume Vive fait sa rentrée !

Et à la mode estudiantine, s’il vous plaît.
Ouais, fin septembre, je suis comme ça moi.

En plus, j’ai plein de choses à partager avec vous ! Notamment ce que j’ai engagé, sur un coup de tête et en famille : un changement ra-di-cal dans notre quotidien. Je vous raconterai ça rapidement, car ça vaut le détour et le cheminement est original  😉

J’ai quelques coups de coeurs, impromptus et découvertes culturelles à vous faire découvrir aussi, j’ai hâte ! Et puis quelques astuces spécial SMIP, peut-être même une brève du vendredi, parce que ça me manque un peu de ne plus écrire ces morceaux de vie…

On se voit demain ?

Allez, je vous laisse en bonne compagnie !

La vie est étrange

Découvrir une artiste et apprendre son décès en l’espace de quelques semaines, qui se compteraient sur les doigts d’une seule main, ça laisse une drôle de sensation.

Egocentrique, la sensation, dans un premier temps : « je ne la verrai pas à Pézenas en septembre », « elle avait… 5 ans de moins que moi ? », « je ne connaîtrai jamais les textes qu’elle avait déjà en tête »… Puis moins tourné sur moi : « c’est beau de mourir en plein coeur de sa passion », « des pensées pour ses proches », « la vie c’est mal foutu, des fois… »

Impromptus : La pluie nous souriait

Le ciel vert olive annonçait une belle journée. Le réveil de la communauté se déroulait en silence ce matin, comme un accueil révérencieux du printemps qui tentait désespérément de se faire une place dans le froid de mars. Les yeux hagards des adultes croisaient la malice pétillante des plus jeunes, au milieu des volutes de fumée qui se dégageaient des braseros du petit-déjeuner. Cet espoir sans cesse renouvelé chez la nouvelle génération nous fatiguait, nous, les grands. Cette joie lumineuse de chaque jour représentait cependant l’unique raison pour eux de se lever, nous en étions bien conscients. L’air crépitait des odeurs de viande grillée et de maïs rôtis. La vie, branlante, fragile et incertaine, était bien là, tout autour et en nous.

Puis chacun a vaqué à ses occupations…

Je ne sais plus qui a entendu le clapotis le premier. Si nous avions été plus attentifs, nous aurions pu distinguer très nettement le nuage en question, intégré dans le camouflage de l’horizon. Des images carminées teintent aujourd’hui ce souvenir. Le hurlement de l’enfant qui a reçu la première goutte résonne encore en moi, profondément. Au signal d’alarme lancé par notre sentinelle au dentier rafistolé et à la crinière blanche, nous sommes devenus des fourmis, nous réunissant sous les abris en tôle réservés à cet usage. Nous nous sommes poussés les uns contre les autres, sans grande bousculade, plus dans l’envie de se rassurer de la présence de l’autre, nos corps pris de frissons d’angoisse se reconnaissant quasi-immédiatement. Les auvents de fortune avaient été aménagés de manière suffisamment spacieuse pour que le moindre d’entre nous puisse s’y abriter.

Malheureusement, on y trouvait de plus en plus de place.

C’était devenu la nouvelle mode, visiblement. De pluie en pluie, certains d’entre nous se sentaient pousser des ailes de courage et de bravoure. Nous savourions de ce fait le luxe d’une aisance supplémentaire à chaque ondée. Mais à quel prix ? Certains décidaient d’y passer en famille, et parfois sans même en avoir informé les enfants au préalable. D’autres n’avertissaient personne et s’offraient, sous le regard horrifié de leurs proches, ces derniers si choqués qu’ils ne prenaient pas la possibilité de les rejoindre afin de ne pas rester seuls ensuite. Ces différents spectacles nous étaient ainsi proposés régulièrement. Aussi écœurants que déchirants. Aussi pathétiques que libérateurs. Je sais que nous étions plusieurs à les envier, ces kamikazes de l’extrême. Parce que leur décision était synonyme de délivrance. Pour eux du moins. Car nous concernant, ce choix ne nous rappelait que nos perspectives réduites d’avenir et les erreurs, graves, du passé.

Ce jour-là, c’est une famille entière, debout face à nous et unie par leurs mains, qui nous a quittés.

La pluie a ouvert sa symphonie par une mélodieuse musique sur les toits des abris. Un brouhaha plus tard, nous étions tous à couvert, tous, sauf eux. La mère de famille regardait son homme, et chacun d’eux étreignaient la main de l’un de leurs deux enfants, placés entre eux. L’aînée et son jeune frère baissaient leur tête, comme résignés. La jambe gauche du petit garçon qui ne cessait de tressauter témoignait de sa peur. Sa sœur serrait si fort la main de sa mère que quelques gouttes de sang ont commencé à tomber des jointures de leur union, les ongles de l’une s’enfonçant dans la peau de l’autre. Tout va très vite, à chaque fois. Des premières gouttes éparses naissait une averse drue et puissante. C’est dans l’entre-deux que le petit garçon a fait entendre sa voix, tel un louveteau à l’appel des siens.

Quelques secondes seulement.

Quelques secondes de sons gutturaux, de mouvements désordonnés et d’éclaboussures vermillon. La famille, arrivée aux limites de son désespoir, n’était plus. Symbole de la déraison dont notre espèce a fait preuve pendant tant de décades, ces courageux combattants de la vie avaient décidé de mettre un point final à leur lutte. Pour eux, plus de culture de l’unique aliment résistant à la piètre qualité de la terre, de l’air et du peu d’eau demeurant sur la planète, le maïs. Pour eux, plus d’abattage, en vue de subsister, de la seule race d’animaux dont la loyauté a primé sur l’intelligence de s’éteindre par elle-même, les chiens, ces amis fidèles qui ne se doutaient de rien jusqu’à leur dernier souffle sous nos haches. Pour eux, finie l’hypocrisie d’une vie comme la nôtre, que d’autres ne pouvaient s’empêcher de perpétuer, que dis-je, de perpétrer.

Cinq à six fois par an, la pluie nous souriait.

Et nous finissions par lui sourire à notre tour, les uns après les autres.

L’influence musicale du jour

Il y a des influences musicales que j’ai depuis toujours (comprendre l’âge auquel je pouvais écouter la musique librement !) et les morceaux qui suivent en font partie intégrante. The Cure et tous leurs titres, vieux comme de mon époque, ont fait partie de la cdthèque qui me suit depuis le collège… et que je n’écoute presque plus aujourd’hui ! C’est bien dommage.

Alors retour sur les 4 tubes que j’écoute avec grand plaisir :

 

Enjoy !

L’impromptu de la semaine : Le sacre de l’été

Photo personnelle - Tous droits réservés

La dernière rose fane sa couleur délicatement poudrée au milieu d’une herbe roussie. Les insectes stridulent à tout va, pour quelques minutes encore… Le soir arrivant, l’horizon se pare de chaudes teintes savamment mêlées à un turquoise qui semble avoir été créé pour l’occasion. L’air est tiède, chargé d’une odeur inimitable, de celles que l’on ne peut définir et qui invitent pourtant mille images derrière nos paupières fermées : la douceur d’un grain de peau ensoleillé, une mer translucide et parfaitement iodée, le vert tendre d’un végétal au toucher léger comme l’air, un chat qui s’étire dans le bien-être le plus total…

Et soudain, l’odeur change, présageant un orage dans l’heure. Il est même déjà là.

La pluie fait teinter la moindre partie métallique qu’elle trouve à sa portée, se contentant d’un bruit mat mais net sur les minéraux, le verre, les plastiques. Son rythme effréné, s’intensifiant à mesure que le grondement encore lointain se rapproche, rythme les battements des cœurs environnants. Le luxe ultime de ces moments précieux réside dans le temps que l’on va prendre pour apprécier le spectacle… Se délecter du nettoyage minutieux de chaque relief terrestre… Laisser les corps résonner au son d’une musique unique et éphémère, inspirer profondément les effluves résultant de l’union de la terre et du ciel…

Puis revenir à la réalité, sortir d’un songe d’une nuit d’été, au cœur d’une fraîcheur noctambule et d’un silence à couper le souffle. Savourer le moment suspendu, comme le privilège de goûter à l’après d’une communion sensuelle de la Nature et des éléments.

Sur le fil

Le blog de Plume Vive a exactement 9 ans, 2 mois et 18 jours (je peux même pousser le vice en vous disant qu’en fait, il n’a pas exactement 9 ans, 2 mois et 18 jours, mais plutôt 17 jours, parce qu’il n’est pas encore… 20h37.)

Et il a connu bien des remaniements depuis sa naissance. Bien des abandons, aussi. Il a traversé ces neuf années bien tassées avec une foultitude de projets d’écriture non aboutis, un nombre incalculable d’articles avortés et une cargaison de sujets qui ont tenu à peine deux secondes dans mon cerveau en ébullition constante.

Pourquoi refaire surface ? Pourquoi aujourd’hui ? Je suppose que le temps orageux qui persiste depuis hier soir n’y est pas étranger (ne me demandez pas, c’est comme ça) et surtout, que ma plume me chatouille depuis tellement longtemps maintenant qu’il me fallait passer le cap…

Alors exit la plateforme WordPress en ligne, welcome OVH et le module rapide WordPress.org… vous l’aurez compris, ça va balbutier sec dans la chaumière ! Cela étant, je suis certaine que vous me pardonnerez mes tâtonnements, en tous cas pour ceux qui me connaissent déjà et sauront retrouver le chemin du blog. Pour les autres… c’est certainement grâce à ça que vous apprendrez à me découvrir !

On démarre tout doux hein, avec un thème proposé d’office, facile à prendre en main et avec pas trop de réglages biscornus, histoire que ça reste digeste pour vous comme pour moi. On fera preuve de folie très bientôt, comptez sur moi ! Et évidemment, je fera remonter du réchauffé, parce qu’il y a des articles rédigés il y a bien longtemps que j’aime d’amour…

Le blog de Plume Vive est mort, vive le blog de Plume Vive !

(ouais, je vous l’accorde, elle était facile celle-là)

L'impromptu de la semaine : A la croisée des chemins

A gauche, à droite, sa tête dodeline en même temps qu’elle lui permet d’observer les routes qui se présentent à lui. Un carrefour perdu au milieu de la campagne qu’il arpente sans relâche.

La chaleur étouffante de ce mois de juillet fait luire quelques gouttes de sueur qui perlent les unes après les autres sur son front. Ses lèvres rouges et charnues se craquèlent depuis plus d’une semaine maintenant, malgré les quantités astronomiques d’eau qu’il a ingurgitées toute la journée.

Une langueur s’empare de lui, alors qu’il est debout, droit comme la troisième voyelle de l’alphabet, sur le bas-côté végétalisé de la départementale. Voilà des mois qu’il déambule, mais ça doit être la première fois qu’il s’interroge sur le chemin à emprunter.

Mû depuis des semaines par une énergie presque inexplicable pour un jeune homme qui restait jusqu’à présent terré dans sa chambre d’adolescent complexé, la moiteur de la région donne aujourd’hui comme de minuscules coups de frein à sa cavale.

Il y a quelques jours déjà, cette voiture dont la conductrice, à la fois suspicieuse et angoissée, l’avait redéposé à peine quelques minutes après l’avoir embarqué au snack du petit village durement atteint dans la matinée. Alors en plein soleil, sous un cagnard digne des régions méditerranéennes, il avait dû se rendre à peu près présentable pour trouver une bonne âme. A l’évocation de ce souvenir, il sourit et remercie mentalement la fontaine de la mignonne petite commune dans laquelle Madame-je-ne-sais-pas-si-je-dois l’avait déposé. Le maire de cette bourgade a eu la gentillesse de lui permettre de rallier la plus grande ville avoisinante, à près d’une heure de là. C’est grâce à ce charmant vieux monsieur, qu’il a pu faire face pendant deux jours aux hautes températures qui accable les environs. Les trois grandes bouteilles d’eau achetées sur la place du marché lui avaient été bien utiles.

Mais là, debout sous le soleil de plomb, chancelant sous le poids de l’indécision, il essaie surtout de chasser cette image idyllique d’eau à profusion. Aucun centime en poche, une allure de moins en moins avenante et la saison estivale n’arrangeant rien à son état général, la poursuite de sa quête allait se durcir. Sa quête… quelle quête déjà ? Il se souvient… il se souvient être parti. Pourquoi ?

Le manque d’eau et l’isolement des derniers jours compliquent le cheminement de sa réflexion. Il tombe d’épuisement sur l’herbe roussie qui l’accueille rudement dans un bruit sec. Machinalement, le garçon porte la main à sa poche arrière qui le gêne dans son assise, et en retire un objet plat, à la face fissurée. Son téléphone. Son téléphone, dont l’écran a rendu l’âme sous le poids de la chute. Son téléphone, qui ne veut plus démarrer, à sec de ses trois jours de réserve. Le dernier chargement des batteries avait été réalisé dans le hall d’une gare, à force de charme auprès d’une jeune fille en attente de son train. C’était il y a trois jours déjà. Trois jours sans voir un humain ou une étendue d’eau, même croupie.

De la station assise à la position allongée, il n’y a qu’un faible élan qui ne tarde pas face à l’épuisement général de ce corps meurtri par les carences dont il est victime. Ce corps si jeune, si frêle, qui subit quasiment depuis la première seconde du coup de tête qui l’a mené sur le sentier du doute et de la colère.

Le jeune homme ferme les yeux, sa main droite touchant du bout des doigts le goudron brûlant, qui lui rappelle vaguement où il est. Il sent sur son visage les rayons ravageurs de l’astre dominant le ciel. Ses yeux cuisent sous ses paupières closes et sa gorge sèche devient insupportable. Son ventre émet des gargouillis de faim et de torture digestive qui arrivent à le faire sourire alors que ses pensées s’évanouissent doucement…

Un bruit de moteur, au loin. Il n’est déjà plus là, comme dans une lévitation céleste. Une sirène se fait entendre, jusqu’à désagréablement vriller ses pensées profondes. Brusquement, son cœur fait un bond dans sa poitrine. Non, il ne retournera pas là-bas. Bouge-toi ! Mais bouge-toi donc ! Son corps est déjà parti, lui. Il semble qu’il n’y ait que les battements de son organe de vie qui lui répondent, en saccadant leur rythme, défiant toute logique rythmique.

Les sirènes se rapprochent… Mais le jeune homme n’est plus en mesure de les entendre, sa peur s’évaporant dans les dernières gouttes de sueur sorties de son corps, à la croisée des chemins.

Je viens de lire…

Nos étoiles contraires, de John Green

Oui, j’ai bien une montagne de livres à lire, (pas toujours) sagement posés sur, sous et pas loin de ma table de nuit. Oui, je dois avoir encore une année de lecture devant moi. Oui, quand on me conseille un livre, je dis « au diable l’avarice » et « je lirai même quand je serai morte » et je prends ledit livre pour le dévorer dès l’actuel terminé. Merci ma Fanny pour ce joli prêt. Car honnêtement, des enfants cancéreux, qui vivent une adolescence au coeur de la maladie, c’est super sexy n’est-ce pas ? (C’est bien ce que je me suis dit en acceptant le livre, pour ne rien vous cacher. Et puis la quatrième de couv’, plutôt engageante, les yeux qui pétillent de la propriétaire du livre, bref…)

En bref : Hazel « Grace » fréquente un groupe de paroles pour enfants atteints du cancer et y fait la rencontre d’Augustus, qui deviendra son meilleur ami et… plus si affinités. Sur la même longueur d’onde, le couple d’adolescents va découvrir les prémices de l’amour et surtout, creuser la piste d’une suite réelle au roman qui a subjuguée Hazel lorsqu’elle l’a lu, et dont l’auteur a arrêté le dernier chapitre en plein milieu d’une phrase, jusqu’à le retrouver aux Pays-Bas, où l’écrivain s’est exilé.

Le plus : Une romance légère sur fond de maladie grave, il fallait oser et surtout la mener avec brio. C’est chose faite car le livre dépeint mille émotions qui ont une chacune une large part sans qu’aucune en éclipse une autre. On ne sait pas vraiment qui va devenir quoi, et c’est plutôt bien puisque nous sommes de suite amenés dans l’univers des enfants cancéreux, avec tous les possibles que cela peut générer, positifs comme moins agréables. Facile à lire, avec juste ce qu’il d’intrigues, les personnages sont touchants… bref, un bon roman à mes yeux.

Le moins : C’est une ambiance particulière que John Green nous dépeint dans ce livre et si on n’y entre pas rapidement, on peut rester au bord de la route et lire le roman avec un certain détachement qui gâche légèrement l’investissement émotionnel que l’on a l’opportunité d’avoir. J’ai personnellement eu du mal à adhérer au ton donné, malgré son charme indéniable. Pas sûre que dans la réalité, les choses puissent se dérouler ainsi. Et lorsque l’on parle cancer, on ne peut s’empêcher de faire des parallèles avec la réalité.