Suspens…

Si les points de suspension pouvaient parler,
ils pourraient en dire des choses et des choses… (
Pierre Dac)

J’aime beaucoup cette maxime, autant que j’aime les points de suspension…!

J’use et abuse de cette ponctuation, tour à tour pour nuancer mes propos, qui peuvent parfois être mal interprétés à la lecture, également pour laisser planer le doute, histoire de ne pas briser une ambiance, mais aussi pour donner la possibilité au lecteur d’imaginer la suite, à sa guise… suivant la complicité qui nous lie ou le sujet exploité…

J’aime les points de suspension, car comme le disait si justement Pierre Dac, ils peuvent tout dire… ils laissent libre cours à l’inspiration du moment, au désir qui nait et à l’envie qui pointe. Utilisés autour d’un thème sans équivoque, les points de suspension donnent de l’intensité aux échanges, ils les réhaussent d’un petit quelque chose d’indéfinissable…

En abordant des sujets plus sérieux, ils permettent de casser une phrase lourde de sens, afin de la rendre plus digeste. Ils peuvent aussi atténuer la portée d’un propos, difficile à exprimer par l’écrit.

Dans le cadre d’un échange plutôt amusé, il donne la possibilité au correspondant de reprendre la main, d’ajouter son grain de sel à la joute qui se déroule virtuellement, puisque les points de suspension, vous en conviendrez, sont bien difficiles à utiliser dans la vie réelle !

Je veux bien entendu parler des conversations de vive voix : il n’est pas aisé de placer la ponctuation dont il est sujet ici… encore que… un silence dosé, un regard explicite, un geste en attente… oui… finalement…

Les points de suspension peuvent si bien se transposer en face à face…

6 réponses sur “Suspens…”

  1. J’aime l’idée (et ton blog, que je découvre au passage, merci NS…).
    Dans un récit, ils permettent la nuance, le contrepied, la réflexion. Dans un dialogue, qu’il soit écrit ou oral, les points de suspension sont une invitation. A poursuivre, à rebondir, à surenchérir. Ils sont aussi le refuge du timide, celui qui n’ose pas et qui espère que l’autre comprendra que ce silence ne demande qu’à être comblé sans être capable de le faire lui même. Il sont tout en subtilité, et encore davantage dans le langage corporel, bien sûr.

  2. A condition d’en user avec parcimonie… Le seul qui a su en faire un élément essentiel de sa prose c’est Céline (« Féérie pour une autre fois », « Nord », et tout le reste). A lire : son récit d’une traversée de la Manche (dans « Mort à crédit »), avec ses parents, par temps houleux… Phénoménal !

  3. @ Yo, quel plaisir de te voir par ici ! En plus, j’ai enfin une adresse mail pour te contacter en dehors des projecteurs 😉 me reste plus qu’à trouver le temps !
    Et merci d’avoir complété mon article de manière aussi convaincante…

    @ Nicolas, fervent lecteur de Celine je vois… je n’ai pas lu celui là et pourtant, il a été écrit à ses débuts. Je prends le référence et te dis quoi dès que je mets le nez dedans.

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