Les Feux de la Blogosphère (et d’ailleurs)

Je visite quotidiennement (environ 30/45 mn de mon temps passé sur l’ordi, je l’améliore chaque jour d’ailleurs) plusieurs blogs sur lesquels j’ai accroché, que ce soit au niveau du style d’écriture, des sujets abordés… ou les deux.

Donc dans la matinée, comme tous les jours, entre un devis et un coup de fil, je vais faire un petit coucou à mon ami Nicolas. Je me trouve nez à nez avec son dernier article (tiens, encore un !), publié la nuit ou tôt ce matin, on ne sait jamais avec lui. Aprés tout, on s’en fout d’ailleurs, tant qu’il publie quelque chose (car il n’y a rien de plus terrible qu’un blog laissé à l’abandon, sans message d’avertissement au préalable, j’ai remarqué ça en visitant des blogs livrés à eux-mêmes et aux visiteurs désappointés. Bref, je m’égare…).

A la lecture de son billet, je reconnais un thème traité régulièrement ces temps-ci sur toute la blogosphère, avec plus ou moins d’humour, plus ou moins de détachement, mais des avis souvent bien tranchés. Dans cette nouvelle affaire qui ravage la communauté à laquelle nous, blogueurs, appartenons tous, j’ai commencé à me faire une opinion. En fait, j’y avais pensé lors de mes premiers pas dans le domaine des sites à commentaires, mais comme toute petite nouvelle qui se respecte, j’ai fermé ma bouche.

Aujourd’hui, mon opinion s’étant donc affirmée, ainsi que ma position dans la communauté, je vais à mon tour publier sur le sujet. Si ça vous intéresse, c’est en dessous. Si ça ne vous intéresse pas, vous avez des liens sympas sur lesquels cliquer dans la colonne de droite (arrivederci !).

Donc, entrons dans le vif du sujet, car pour ceux que la curiosité n’étreint pas, et qui n’ont donc pas cliqué sur le premier lien de cet article, ou même ceux qui n’auront pas compris la subtilité du titre de ce billet, je vais parler, pas longtemps ne vous inquiétez pas, des relations entre humains, cachés derrière un écran, ou non.

En préambule (oui ok, on en est à la moitié de l’article et je parle encore de préambule… et alors ?), je vous envoie par là, chez les ménagères, qui ont elles aussi,un avis sur la question, lequel je dois bien avouer, me fait saliver d’envie car j’aurais aimé écrire le même texte, surtout avec la même métaphore !

Bon, vous êtes revenus ? Non, non revenez ! Je sais, leur site est attractif, mais c’est ici que ça se passe ! Reprenons. Tout ceci, oui, tout ceci chers lecteurs, me fait penser à… mon départ du lycée, juste avant la première partie des exams (que j’ai quand même été passer).

Je ne supportais plus l’ambiance puérile, les gnagnagnas et autres imbécilités du genre adolescent… les greluchettes qui se plaignaient de ne pas m’avoir eu à côté d’elles au déjeuner, les superficielles qui me cotoyaient à la récré parce que j’avais les dernières pompes à la mode, les petits mecs qui lorgnaient sur mon décolleté avec des visées bien précises et sans être capables d’aligner deux phrases de français correct, se foutant royalement qu’à l’époque, il était nécessaire pour moi d’au moins échanger deux ou trois mots avant de… enfin. Je me suis donc dit que pour me sentir bien, en harmonie avec les autres et moi-même, je devais passer à l’étape supérieure, la vie active, chagée de gens intéressants et de relations enrichissantes.

Et puis j’y suis entrée, dans la vie active, et là… grosse déception ! Le monde des grands, soit-disant adultes, était pareil… non, pas pareil, pire ! Les grognasses qui me reluquaient de la tête au pied parce que je copinais avec le Chef, les trouillards qui ouvraient leur bouche pour me descendre dès que je gravissais un échelon de plus dans ma branche, les envieurs de bas étage qui ne comprenaient pas pourquoi la nouvelle allait sur le salon et pas eux, etc… sans parler de la cafet’ de l’une des boites, dans laquelle se déroulait le feuilleton le plus savoureux de ma carrière professionnelle, digne de Dallas et des Feux de la Blogosphère, mélangeant mesquinerie des filles et coups bas des gars.

Je suis donc passée par plusieurs étapes dans mon épanouissement personnel et ma réussite professionnelle, passant au travers de ces histoires… humaines on peut dire, mais franchement peu attrayantes.

Et cela ne vous étonnera pas si je vous dis (alors que vous l’avez certainement constaté par vous même) que les relations blogosphèriques sont dans la même veine.

En fait, mettez des êtres humains en collectivité, il en ressortira ces histoires à coucher dehors. Et dans le monde merveilleux des blogs, ça donne : kikimemé1kom ? kikivi1voarmonsit ? kikiféatentssionamoa ? tavusuivenuvoartonblog ! étoatuvi1kanvoarlemi1 ? ti1jtemé1li1 !

(phrases codées pour ne blesser aucun(e) blogueur(ueuse) qui pourrait se reconnaitre)

Ok, tenir un blog tient forcément un minimum du nombrilisme. Attention, nombrilisme actif (j’y tiens, parce que c’est quand même moins laid que le nombrilisme passif. Non, trouvez pas ?). Encore que ma toute toute première fois était collective et visait à défendre une cause juste. Point de regard tourné vers le nombril dans ses conditions. Quand la cause réunificatrice a été entendue et réglée, le blog a cessé, tout naturellement.

Par contre, en ce début d’année, forte d’une introspection particulièrement efficace menée courant 2007 (donc nombrilisme à donf’), j’ai ressenti le besoin de coucher certaines choses, certaines émotions, certaines histoires, réelles comme fictives. J’ai alors créé ce que vous trouverez derrière Circonstances Atténuantes. Je ne sais plus pourquoi j’ai eu envie de mettre ces écrits en ligne. Aujourd’hui, je répondrais « pour créer un espace, proposer une alternative à la pensée, susciter un échange, ou pas ». Oui, c’est pompeux hein ? Ben c’est comme ça, c’est tout.

J’ai fini tout naturellement par découvrir l’univers des autres blogs, et de fil en aiguille, de clics en clics, je suis arrivée sur certaines pages qui méritaient vraiment qu’on s’attarde sur elles. Enfin non, j’ai d’abord appris que je n’étais pas girly (du tout), que je supportais mal l’écriture usitée par bon nombre aujourd’hui (kiki, c vré, etc.) et que l’humour faisait vraiment la différence. Ah oui, j’ai pris une bonne claque dans la figure également : moi qui me croyais intelligente, j’ai découvert des blogs à vous filer des complexes sur votre nombre de neurones et ce, à vie. D’ailleurs, j’y retourne plus, suis pas maso, j’aime pas me rappeler sans cesse qu’il existe des endroits où je dois relire 6 fois un texte avant d’en comprendre la teneur.

Puis j’ai découvert des blogs simples, qui donnent envie de lire, de voir, d’écouter… et de donner son avis ! J’ai commencé à poster des commentaires, avec mon blog en lien dans mon identité virtuelle. Je me suis vite rendue compte que j’étais souvent en décalage avec les blogs que je visitais, par rapport à ce que je mettais moi-même en ligne. Ca ne facilitait pas les échanges (et le tonus de mon égo virtuel chutait à vue de clic). Mon côté bavarde et ma curiosité ont accentué la chose : il me fallait continuer à nombriler dans la blogosphère, avec un blog plus léger, et dans lequel je pourrai faire passer autre chose que l’émotion des mots.

Voici donc la création d’En Aparté (je mets pas de lien là, vous y êtes déjà ! Si ? Vous voulez quand même ? Bon, d’accooooord). Et là, éclate totale de mon nombril : les 3 premiers jours, 3 vues quotidiennes du blog. 25 vues deux jours plus tard. 50 le lendemain. 130 une semaine plus tard. Je ne fais donc pas partie des blogs influents et j’en suis bien contente. Car ce que j’aime avant tout, c’est échanger, pas devenir populaire (ça c’est la phrase pour faire bien). Mais ce que j’aime par dessus tout, c’est de constater que mes petites choses légères intéressent des lecteurs (ça c’est la phrase pour de vrai de vrai). Mon égo virtuel est à son top !

Aprés les guéguerres de blogueurs et blogueuses, de celle qui a piqué le concept de l’autre, de celui qui laisse jamais de com’ mais qui veut en recevoir, de celui qui laisse plein de com’ mais qui n’en laisse jamais, etc. etc. c’est carrément puéril. Et plaisant à lire de l’extérieur, je vous l’accorde !

Bon, je peux comprendre que l’on apprécie un petit mot gentil sur ce que l’on pond, de manière assez régulière pour générer une fidélité de lecture (enfin, si elle est un minimum intéressante, la lecture, pas comme ce billet inutile et à rallonge, hé hé). Je fais même partie des personnes à qui ça fait plaisir (le message est passé ? c’est pas avec mes 2 à 4 coms/article que je vais péter les scores hein !), comme tout un chacun je suppose.

Je mets un point d’honneur à répondre à ceux qui font l’effort de cliquer sur « ajouter un commentaire », mais je n’en attends pas plus de fidélité de leur part (je vous assure ! Mais revenez quand même hein, ça m’embêterait de gâtifier toute seule comme une vieillote que je suis… pas encore). De même, je pense réellement que les trolls et autres sabreurs de blogs n’ont que l’utilité et l’importance qu’on leur prête (merci la modération des coms… remarque j’ai bien essayé de l’enlever sur ce blog pour y ajouter un peu de piquant -j’aime le danger- mais j’ai pas trouvé où ça se passait… une bonne âme wordpresseuse pour m’aider ?)

Alors chers lecteurs, je vais mettre un terme à ce poncif, mais avant cela (oui c’est pas fini), je souhaite à mon tour relayer le message de paix et d’amour que Nicolas, mon cher ami, a commencé à distribuer ce matin. Enfin, non, je vais le nuancer quand même : il n’est pas nécessaire de nous aimer tous, les uns et les autres. Fouttons-nous simplement la paix. Commentons lorsque nous en avons envie, ne nous formalisons pas quand personne ne réagit à un article, évitons les agressions inutiles et puis… pour les amateurs de sensations fortes question volume de commentaires, vous pouvez toujours aller par . Chaque mercredi, c’est plus de 200 coms, obligé.

18 réponses sur “Les Feux de la Blogosphère (et d’ailleurs)”

  1. j’ai ris et souris tout le long de ton billet… T’imagines vu comment il est long ? 2 min 30 de sourire c’est beaucoup pour moi et un truc en plus pour toi

  2. @ Old Fashioned : t’as raison, Nicolas fout rien du tout sur son blog, dilettante au possible… merci d’avoir fait l’énorme effort votre A.S. de laisser un commentaire sur mon blog, agrémenté d’un « purée » dont je me souviendrai longtemps…

    @ Millie : merci beaucoup, ça me touche beaucoup… j’ai pris, comme d’habitude, beaucoup de plaisir à l’écrire, et de savoir qu’il suscite une quelconque émotion, ça n’a pas de prix (je sais, je radote… X-p )

    @ Manou : je crois que c’est trop tard malheureusement… Nicolas est tombé dans le nombrilisme tout petit, maintenant, il est comme Obelix avec sa force, sauf que Nicolas, c’est son égo qui est démesuré 😉

  3. Première visite, en passant par le « nombriliste », première visite mais sûrement pas la dernière, j’aime cette plume vive, alerte, impertinente. Merci….

  4. si je dis prosaïquement que j’ai lu tout ton billet, et que j’adhère totalement à ta vision des choses : j’ai l’air peu prolixe 🙁
    mais j’ai déjà dit ça à droite et à gauche sur d’autres blogs : soyons libres sur les blogs, dans le vrai sens du mot liberté
    j’ai envie d’échanges pas de chaînes !

  5. Pour ma part, je me suis mise en ligne parce que je trouvais la mise en page plus jolie que mes pattes de mouche dans un cahier (à spirales le cahier).
    Merci pour ce billet, mon égo est mort de rire 🙂

  6. @ Dom : c’est outrageant ! on ne peut plus faire confiance à personne, c’est dingue !

    @ Laurence : merci à toi, d’être venue, d’avoir lu et… commenté 😉

    @ Tisseuse : tu es bien assez prolixe (et de qualité) en d’autres endroits pour te permettre de commenter de 3 mots ici 🙂 et pour le reste : amen !

    @ Cacoune : oui, de même, ça fait bien longtemps que j’ai pris mes marques devant l’ordi pour remplacer mes cahiers de brouillon tous cornés… ton égo virtuel est le bienvenu par ici !

    @ Obni : le compliment me va droit à la plume, merci !

  7. Première visite que je ne regrette pas, je me suis régalée à la lecture de ce … long… post mais j’ai été au bout sans problème et avec le sourire en plus. Finalement, la blogosphère n’a rien de différent avec la vie « réelle », mêmes pourcentages de gens intéressants et de gens stupides ou méchants. On a juste la possibilité de ne pas rencontrer les mêmes que dans son environnement habituel, et cela peut être très enrichissant.

  8. Désolée d’arriver si tard à la fois dans la lecture de ton blog et des commentaires, mais je ne peux m’empêcher de mettre un petit mot.

    J’ai lu du début à la fin ce post sans cliquer sur les liens (je suis polie 🙂 moi m’dame). Sans aucune originalité, je rejoints ce qui a été dit ici et là et je rajoute que je vais sans doute me régaler avec tes prochains billets (oui parce que je vais m’abonner, même pas peur !). J’aime beaucoup ton écriture.

    Ps : je « riochète »parfois sur des liens, que fatalement certains vous donnent envie de rester.

  9. Flûte, j’ai oublié de te dire… euh rien puisque je ne sais pas comment activer la modération des commentaires sur wordpress (j’viens de chercher pourtant).

    Ah oui, et il fallait lire « je ricochète » du verbe ricocheter (comment ça, ça existe pas !!)

    1. J’espère que tu as trouvé ton bonheur dans les articles qui ont suivi 😉

      Et je te remercie chaleureusement de ton passage, ainsi que de ton charmant commentaire !

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