Impromptus : Faire sourire le Général

Parce qu’il ne sera pas dit que Plume cale sur un thème. Non mais.

Faire sourire le Général.

Faire sourire l’Eugène Eral était très facile. Ben oui hein, l’idiot du village, forcément, y sourit tout le temps. Mais l’Eugène était quand même plus que l’idiot du village hein, faut pas vous tromper. Il en était aussi le soleil. Savez, ce petit minot qui vous amène à chaque fois un rayon quand il débarque chez vous. Ouais, même du haut de ses vingt-huit ans, l’Eugène, y savait amener la chaleur partout où y passait. Comme un minot qu’il était plus depuis longtemps alors qu’il en avait encore les dons.

Né d’un croisement pas très catholique si vous voulez mon avis, d’ailleurs personne s’est posé de question quand y l’a pas su parler avant ses dix ans, hein, et pour cause, l’Eugène Eral c’était comme la mascotte du village en quelque sorte, voyez ? Quand y fallait qu’on représente nos couleurs chez les voisins, l’Eugène y l’en faisait toujours partie, du voyage. D’ailleurs, savez quoi ? L’Eugène, y se faisait toujours une joie de nous accompagner aux foires. Fallait le voir tout guilleret, foncer dans la première auto qui se présentait au rassemblement sur la place pour partir en cortège. Un vrai minot l’Eugène.

Et pis, ben oui, l’Eugène, l’était pas très occupé comme garçon faut dire. Savez, quand on sait pas trop ce que donnent deux plus deux, ou alors en fronçant les sourcils pendant tellement longtemps qu’on en oublie pourquoi on les fronce, ben c’est pas facile, voyez ? L’Eugène alors, dès qu’on avait besoin de lui, l’était toujours prêt à rendre service. Et c’est comme ça, qu’on a su comment lui élargir son sourire, à l’Eugène. Avec le temps, savez, on s’est bien rendus compte de ce qu’il aimait le p’tit gars. Et y’a rien qui lui donnait plus de bonheur qu’une petite mousse.

Alors voilà quoi, savez c’était jamais bien dur de le faire sourire l’Eugène Eral au final. Suffisait d’avoir besoin de lui, même pour porter qu’un petit sac de commissions et de lui payer sa pression au café des amis. Ben ouais hein, ce qui lui donnait le plus de plaisir dans l’histoire, c’était d’entendre la machine lui cracher son nectar doré, blond comme les blés, parce que l’Eugène, l’aimait que les blondes. Comme pour les filles qu’il aimait regarder. Et savez quoi ? Ben même un baiser de l’Angélique le mettait pas dans un état comme celui dans lequel il était devant sa bière. L’Eugène, l’était amoureux des bulles, de l’amertume, de la couleur du soleil et des bars de pression. C’était ça, qui le faisait sourire, l’Eugène Eral. Aussi minot qu’il était.

8 réponses sur “Impromptus : Faire sourire le Général”

  1. j’adore vous lire à droite à gauche j’ai l’impression d’être dans un monde parallèle et virtuel c’est dingue cette impression, ça donne des frissons huuum c’est bon…

  2. Merci à vous…

    Ma Cocotte, je la lis déjà sur les Impromptus, je commente ses contributions là bas en général…

    Il faut savoir que je réfléchis au thème depuis lundi dernier et que je désespérais de trouver une idée…

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