Impromptus : Parodie de chanson

Sur l’air écrit par Claude Nougaro : Une petite fille

Une vilaine sorcière
Dans un pays d’mystères
Qu’a fait tout plein d’dégâts
Qu’a fait tout plein d’dégâts
avec sa sorcellerie
Mais qu’est ce qui lui a pris ?

Une vilaine sorcière,
Qui n’est même pas hideuse
Qui fait croire le contraire
Et qui voudrait en plus, qu’on n’la croit pas heureuse… mais quelle idée brav’gens.

Mais comment a-t-elle fait ?
Comment s’y est-elle pris ?
Comment a-t-elle réussi ?
Avec ses mains tordues, et son nez tout crochu… sans parler de sa tronche !

Oyez oyez braves gens !
Oyez oyez braves gens, réveillez-vous très vite !
Elle continue son œuvre
Sans souffler un instant
C’est une vraie couleuvre

Une vilaine sorcière
Dans un pays d’mystères
Qu’fait toujours parler d’elle
Elle transforme qui n’veut pas
Et grâce aux sortilèges …les souffrances, abrège.

Parce qu’elle a un cœur
même s’il est fait de pierre
qui existe quand même
Elle ne laissera jamais
ses proies et victimes
prisonnières de leur sort

Malgré tout elle continue
son œuvre et sa vie
son œuvre et la mort
Malgré tout elle continue
Son destin tragique de jeteuse de sort

Sorcellerie, ô sorcellerie, bouc-émissaire, tu as le dos bien large
Car bien sûr même sans toi, cette fichue vipère… accomplirait son œuvre.

Que va-t-elle faire maintenant ?
L’éternelle bonne question
Oh mon Dieu, aidez-nous !
Elle sera bientôt à vous,
On la cherche activement,
Ca y est… on l’a !

Au bûcher !
Au bûcher !

A mort !
A mort !
A mort !

Impromptus : 4 fromages

Il était une fois… Oui, oui ! Il était une fois ! Car une fois n’est pas coutume…

Donc, il était une fois, de celles qui ne se reproduisent que trop rarement ma foi, une divine petite paysanne aux plumes aussi blanches que les ailes d’un angelot. Occupée qu’elle était à se curer les ongles à l’aide d’un laguiole, tranquillement installée sur une énorme bûche (du genre que l’on ne brûle pas dans l’âtre d’une cheminée), elle ne vit pas s’approcher le petit montagnard au regard bleu acier. L’arôme d’une tourte aux poires et pralines finissant de cuire se dégageait de la fenêtre sans vitrage qui ornait la maisonnette de la belle des champs. Dans le Comté d’Ovalie, rares étaient les averses et les temps froids, ce qui permettait une architecture des plus fantaisistes en matière d’ouvertures (et de fermetures). Le jeune homme, lui, venait de loin, sa contrée en altitude offrant un climat digne de nos Pyrénées. La douceur qui émanait en abondance des lieux le fit légèrement soupirer de bien-être.

– Bonjour demoiselle ! Auriez-vous par hasard la bonté d’âme nécessaire à l’offrande d’un liquide susceptible de calmer un garçon des montagnes assoiffé ?

– Espèce de gratte paille que vous êtes, n’avez-vous pas honte de vous inviter de la sorte chez les locaux ? Et d’une manière peu engageante si vous voulez mon avis !

Le visage de la belle, qu’encadrait une chevelure noire coupée au carré, rayonnait. Une joute verbale s’annonçait et c’était tant mieux. La journée s’éternisait, elle avait bien besoin d’aérer son esprit et de délier sa langue. Un petit exercice avec cet étranger lui ferait le plus grand bien. Elle secoua machinalement ses plumes, observant plus attentivement l’oiseau qui lui faisait face. Un léger sourire releva les commissures de ses lèvres, à peine toutefois, étant plus destiné à elle-même qu’à un éventuel public extérieur.

– Comme vous le prenez, chère demoiselle… je ne cherche qu’à me désaltérer, asséché que je suis d’avoir trop marché. Un caprice des Dieux ne m’a pas donné un seul ruisseau à croiser pour m’y baigner ou une goutte de pluie à recueillir dans le creux de ma main. Un peu de gentillesse, s’il vous plait, comme ce curé nantais par exemple, qui m’a ouvert sa porte au début de mon périple, me proposant si volontiers de partager son souper et son eau du puits. Ma demoiselle… s’il vous plait…

– Cervelle de canut va ! Comment pouvez-vous seulement oser comparer mon hospitalité à celle de cet homme d’église connu de partout pour sa solitude soignée à coups de Sancerre et de rencontres douteuses ? Non seulement je pense que vous n’avez pas mesuré la portée de vos propos, mais en plus il est assez vraisemblable que vous ne connaissiez pas cet hôte comme il le faudrait voyez-vous ? On ne se targue pas d’avoir partagé sa table et encore moins son toit, lorsque l’on parle du curé nantais du Comté.

Un sourire franc s’installa de part et d’autre. Il aimait sa réactivité, elle aimait sa vivacité. Les mots étaient encore sobres, souples et agréables, juste ce qu’il fallait de provocation, et surtout, beaucoup de malice dans leurs yeux respectifs, où commençait également à poindre un sentiment totalement différent. Une légère brise faisait doucement bouger les cheveux et les plumes de la paysanne. La chevelure du garçon, plus longue, ondulait lascivement au rythme éolien. Ils ne se quittaient pas du regard, à la fois patients et excités par le jeu.

– Je peux vous dire chère demoiselle que le fromage du curé est une pure merveille et que ce simple fait mérite que l’on s’attarde à écouter les divagations du pauvre homme, lequel, quoi qu’on en dise, fait preuve de beaucoup de dévouement dès lors qu’on lui prête un peu d’attention. De quoi pourrait-on en dire autant par chez vous ? Peut-être ce qui est à la base de cette fabuleuse odeur de roussi que nous sentons à l’instant ?

– Trou du cru ! J’ai oublié ma tourte aux poires sur les braises et c’est uniquement de ton fait ! Tu es en retard, tu m’as complètement prise au dépourvu et j’en ai oublié ce que j’avais en préparation… en plus, tu ne fais rien qu’à me perturber avec ce curé nantais qui a quand même, je te signale, une réputation d’ivrogne qui ne se discute plus et de propriétaire de mœurs particulières sur lesquelles on discute toujours en revanche !

Sa tirade lancée, la belle tourna les talons pour quitter l’air chantant de la clairière et se précipiter à l’intérieur de son logis, attrapant au passage, au pied de la porte, une brique pour lui servir de sous-plat. Elle jeta littéralement cette dernière au centre de la table qui trônait dans la pièce immense. En courant, la dent du chat qu’elle portait autour du cou se balançait allègrement, à droite, à gauche, effleurant son décolleté généreux, celui-là même dans lequel le jeune homme regretta de ne pouvoir perdre son regard plus longtemps. Il la suivit rapidement, le sourire toujours aux lèvres. Elle était de dos et s’agitait devant les fourneaux en vitupérant contre cette visite prématurée, ainsi que celui qui en était à l’origine, tout en épargnant qu’à moitié sa maudite capacité de concentration. Un brin de paille était coincé dans ses cheveux courts, contrastant délicieusement avec la couleur de ceux-ci. Le garçon voulut s’en emparer, mais elle fit volte face à ce moment précis et il changea immédiatement ses plans en lui déposant un baiser sur les lèvres, frais et fugace. La raclette lui ayant permis de décoller la tourte trop cuite dans une main, la pâtisserie aux fruits dans l’autre, la paysanne resta interdite pendant quelques secondes, surprise par cet élan de tendresse inattendu. Les yeux encore écarquillés par ce brin d’amour, les autres traits de son visage finirent par se détendre et son rictus de contrariété céda la place à un sourire attendri.

– Mon chabichou, avec tout ça, je n’ai pu t’accueillir correctement… Nous n’avons même pas achever nos retrouvailles comme à notre habitude. Tu es arrivé trop tôt…

– Camembert ma belle ! Arrête donc de te torturer les méninges avec de pareilles inepties ou je m’en vais de ce pas… cela te va comme ça ? Penses-tu que cette dernière injonction mette un terme des plus louables à ce premier acte tant apprécié de nos merveilleuses retrouvailles ?

Perdue dans sa brousse, comme la belle aimait elle-même à qualifier son coin paisible de verdure luxuriante, elle ne supportait qu’assez peu les échanges avec l’extérieur et ce, depuis plusieurs années maintenant. Amère déception, quand tu nous tiens… Mais voilà qu’à l’été dernier, ce petit montagnard s’était égaré du côté de la pierre dorée qui marquait le début du chemin menant à sa maison, l’enjoignant à remonter la piste de graviers sinuant à travers les arbres centenaires. Elle lui avait offert un repas léger, le terminant par un ramequin de faisselle au miel qui ne laissa pas le jeune homme indifférent, tout comme le charme de la maîtresse de maison, et qui surtout lui redonna les forces nécessaires pour reprendre son trajet vers Beaufort, la grande ville dans laquelle il devait plaider sa cause de berger. Une conversation aussi intéressante qu’enlevée, aussi enrichissante que mouvementée, s’installa entre les deux nouvelles connaissances. Et depuis ce jour, chaque mois, dès lors que le garçon des montagnes devait s’acquitter de ses obligations à la cité, il retrouvait sa belle aux plumes blanches dans sa clairière, havre de paix et de tendresse. Ils commençaient systématiquement par se chercher un peu, puis invariablement par éclater de rire à la première occasion lancée, pour finir par se fondre en un baiser passionné et goûteux, aux couleurs de leur relation.

Vécurent-ils heureux ? Eurent-ils beaucoup d’enfants ? Et bien…
Je vous en pose des questions moi ?

Sachez surtout qu’une tourte aux poires et pralines, même trop cuite, est une œuvre d’art culinaire vous menant tout droit à la damnation éternelle, dès vos lèvres refermées sur la première bouchée. Foi de conteuse.

N.B. : 31 noms ou types de fromage sont glissés dans ce texte, 4 étaient demandés à l’origine par les Impromptus, suivant leur consigne hebdomadaire… saurez-vous les retrouver ?

Impromptus : Sur le rythme j'impulse

Sur le rythme j’impulse, le doigt sur la gâchette, des mises à mort aléatoires.

 

Le réveil d’abord, qui donne ou non le signal d’une journée avec. Impossible de dire ce qui va distinguer une journée d’une autre. C’est comme ça, c’est tout. Au réveil, le signal est donné, ou non. Les jours avec, le petit déjeuner est plus léger pour ne pas ralentir ma vitesse de réflexion et la rapidité de mes gestes. La préparation du matériel ensuite, sans même encore savoir où ça se déroulera. Lorsque mon sac de sport est prêt, je m’applique à choisir une tenue confortable et si possible, qui sort de mon ordinaire. Je choisis mon costume en quelque sorte. J’enfile ma cape de super tueur, défenseur du mal, représentant des assassins, commercial du crime. Le rite est immuable : signal, petit-déjeuner, préparation du sac… suit la douche, fraîche. Non, froide. Tous mes sens sont en alerte. Je perçois le moindre bruit, la moindre odeur. J’utilise un savon surgras ces jours-là, pour ne pas me perturber. Je finis ma toilette par un brossage minutieux des dents. Impensable d’être interpelé par quelque aspérité que ce soit qui pourrait s’y trouver et sur laquelle ma langue passerait. Je me regarde dans le miroir, observe mes yeux. Froids, comme l’eau que j’utilise. En éveil, comme mon cerveau l’est constamment. Amusés, par le jeu qui se profile. Je sèche rapidement les parties de mon corps qui n’auraient pas eu le temps de le faire à l’air libre et m’empresse de m’habiller. Le sang-froid est inné chez moi, mais je ne sais pas pourquoi, il me quitte dès que je touche du textile d’habillement. Les vêtements ont sur moi un effet pervers. En les endossant, je me sens un autre. Mais encore plus moi en même temps. Difficile à comprendre, je le sais bien. D’ailleurs, ce n’est pas le but, comprendre. C’est une chose qui se ressent et qui ne s’explique surtout pas. Ma fébrilité me quitte dès le dernier élément vestimentaire mis en place. Instantanément. Ma respiration se refait plus profonde, mon sang pulse à nouveau lentement dans mes veines. Je passe en revue, une seule et unique fois, l’ensemble des détails. Sac prêt. Habillement effectué. Je me dirige vers la voiture et mes narines frémissent. C’est le moment où je définis l’endroit. Il me faut pour ça monter en voiture, m’installer confortablement en m’enfonçant dans le siège en cuir et toucher la même matière qui se trouve sur le volant. Le flash arrive. Ce matin, c’est une vitrine. Une devanture. Un café ou une brasserie. Un endroit avec du passage, du mouvement, de la vie. Riche en matière. J’aperçois distinctement les vitrines, les tables et les chaises en terrasse, ainsi que la couleur de la toile qui protège quand il pleut ou que le soleil bat son plein. Rouge, avec une écriture dorée dessus. Je reconnais l’endroit. Je sais où ça aura lieu. A la vitesse d’un ordinateur, mon cerveau a passé en revue les critères que j’affectionne particulièrement, les a reliés avec les possibilités de planque autour du lieu public, et a estimé tout aussi rapidement la distance qui me séparera de mon domicile pour revenir dans les délais impartis. Ceux que je m’impose depuis qu’une intense réflexion associée à mes expériences passées m’ont amené à définir le nombre exact de minutes qui me laisse le temps de quitter les lieux en toute sécurité. 22 minutes. Tout compris. De la dernière déflagration au tour de clé dans la serrure de ma porte. C’est la clé de contact que je caresse du bout de mes doigts là maintenant, les yeux à demi-fermés, en proie à une satisfaction délicieuse. Je tourne la clé, fais ronronner le moteur de ma berline, classique, totalement ordinaire. L’ouverture automatique de la porte de garage laisse entrer une vive lumière. Il fait beau. Un beau jour pour mourir comme qui dirait. J’enclenche la marche arrière et sort prudemment de chez moi. Ce serait idiot d’avoir un accident l’un de ces jours-là. Oui, idiot. Je me laisse conduire, mon cerveau a pris le relais, ma capacité de réflexion est en mode veille, pour se reposer. Je ne me souviens jamais du chemin qui me mène aux endroits stratégiques. Jamais. Le trajet se passe systématiquement sans heurts ni imprévus. C’est même toujours incroyable. Quand je pense aux jours où je me décide à aller travailler. Il y a toujours un évènement qui me retarde. Alors que ces jours où je vais tuer, rien ne se met en travers de mon chemin. 22 minutes après avoir passé la porte de mon garage, je suis à mon poste d’observation. La voiture garée à proximité, le matériel déployé sous mes yeux, je prends les quelques secondes nécessaires au montage de mon arme sans quitter des yeux la devanture de ce qui finalement s’avère être un café. Mon cerveau a tout prévu. La qualité des cibles et de la planque. La chair qui se déplace devant mes yeux se transforme en proie à abattre. La planque se trouve être, comme d’habitude, un immeuble désaffecté. La tranquillité assurée. Avec une sortie sur la rue perpendiculaire à celle de l’entrée principale. Mon cerveau assure, comme d’habitude. Les nombreuses semaines passées à marcher dans la ville, visiter les immeubles et les jardins publics ont porté leurs fruits. Mes mains terminent la préparation de l’arme, tandis que mon cerveau revoit d’ores et déjà les conditions de repli. Démontage, sac, zip, course, sortie, voiture. Et la cohue, bien entendu. Cohue sans laquelle aucune éclipse ne serait possible. Je pose la crosse contre mon épaule, je ferme les yeux, inspire profondément. Mon pouls est à 60. Lent, régulier, métronome à souhait. J’expire la goulée d’air gardée et me décide à passer à la jouissance. Tout ce qui précède est un pur plaisir. L’attente, le fantasme. Les quelques secondes nécessaires au choix et à la mise en place en font partie aussi. Je suis excité à tous les niveaux. De ma tête qui devient l’antre d’une folie meurtrière à mon estomac qui fait valser son liquide gastrique, en passant par mon sexe au garde-à-vous. L’extase est proche, j’ai la cible sous les yeux. De dos, encore plus exaltant. Une femme, potelée, cheveux longs, blonds, avec un serre-tête à fleurs dans les cheveux. Mon cerveau retient tous les détails de ma cible. Sa main qui s’agite au rythme de ses paroles, ses pieds qui raclent le sol quand elle veut reprendre une contenance, ses épaules qui tressautent quand elle rit. Ma deuxième cible lui fait face, avec de magnifiques yeux bridés, noirs comme l’ébène, une peau diaphane et un sourire à vous faire fondre le cœur. Mon excitation monte d’un cran. Oui, c’est encore possible. Trois mouvements. Mes concertos criminels et expéditifs se déroulent toujours en trois mouvements. Le voici donc. Le serveur, qui vient prendre la commande, coupe à la brosse, cheveux roux, sourire las, vêtements défraîchis, tout comme son tablier de seconde main. En revanche, ses chaussures sont très bien entretenues, cirées comme il se doit. L’instant est donc déterminé. Il ne reste plus que quelques minutes avant que la commande n’arrive, emmenant avec elle la mort pour trois cibles parfaites. Oui, parfaites. Mon pouls s’accélère, légèrement. Le serveur commence à emprunter le parcours d’une dizaine de mètres qui le sépare de ses clientes. Je retiens ma respiration, mon arme bien positionnée. Je suis le serveur dans le viseur, jusqu’à apercevoir les cheveux blonds, sur lesquels je me fixe immédiatement. Un. Sur le rythme j’impulse. Je remonte d’un millimètre. Deux. Sur le rythme j’impulse. Je bifurque d’un centimètre sur la gauche, panique du serveur oblige, la distance entre mes premières cibles et lui s’est accrue. Trois. Sur le rythme j’impulse. Le doigt sur la gâchette. Des mises à mort aléatoires. Jouissance d’un chef d’orchestre macabre, qui savoure ses attentats à leur juste valeur. Et mon cerveau, mon fabuleux cerveau, a
ura tout retenu, tout. De quoi me faire rêver des nuits entières, jusqu’à mon prochain réveil avec signal.

Impromptus : La pièce était trop calme

Apparition

La pièce était calme, trop calme, pour engager une conversation ou développer une pensée. Elle se tenait là, dans l’encadrement de la porte, prête à soutenir la maîtresse des lieux en cas de besoin. Il ne la quittait pas des yeux, émerveillé par l’aura dégagé. Comme une espèce de lien qui chercherait aveuglément à se raccrocher à quelque chose, à quelqu’un. Il se prit à rêver qu’il s’agissait peut-être de lui. En fermant les yeux, il fit plus que rêver. Il imagina les possibles.

Conversation

La pièce était calme, trop calme, pour engager une conversation ou développer une pensée. Il allait falloir réunir toutes ses forces intérieures pour réussir à aligner les mots dans son esprit, pour ensuite ne pas bafouiller lorsqu’il se déciderait à passer le cap. Alors qu’il la voyait pour la huitième fois, elle l’éblouissait toujours. Il choisit de l’aborder avec un simple « bonjour ». Oui, simple et efficace. Lorsqu’il réussit à s’approcher d’elle, seule une bouillie inaudible sortit de ses lèvres. Elle lui sourit.

Attraction

La pièce était calme, trop calme, pour engager une conversation ou développer une pensée. Encore plus pour esquisser le moindre mouvement. La tension presque palpable rendait quasiment insupportable le fait de respirer. Comme l’instant qui précède le grondement du tonnerre. Les quelques secondes qui annoncent le déferlement de sons et de vibrations. Pourtant, il allait, non, il fallait qu’il se passe quelque chose. C’était écrit dans leurs yeux. Il la prit dans ses bras pour l’embrasser.

Réalisation

La pièce était calme, trop calme, pour engager une conversation ou développer une pensée. Quelques dizaine de centimètres de chair se reposait en son centre et attirait tous les regards. Personne n’osait perturber le silence qui procurait tant d’apaisement au petit être qui avait rejoint la famille quelques jours plus tôt. Son petit minois, ses mains si fines et graciles, ses yeux si perçants, son cri si vigoureux : tout provoquait les louanges des siens. C’était le premier d’une grande fratrie.

Séparation

La pièce était calme, trop calme, pour engager une conversation ou développer une pensée. Ils n’arrivaient pas à se regarder, ce qui aurait pu pourtant permettre de déclencher la discussion. Ils savaient tous deux qu’être assis autour de cette table signifiait beaucoup pour l’un et l’autre, comme pour le reste de la famille. Enfin, ce qu’il en restait aujourd’hui. Malgré tout, le dialogue semblait difficile à entamer. Elle prit la parole et finit par rompre le silence devenu de plus en plus pesant.

L’influence musicale du jour

Une artiste qui m’a longtemps bercée, qui me berce encore…
J’ai toujours su qu’un jour, je vivrai ce qu’elle chante.
Et pas seulement parce que sa voix résonne en moi longtemps après l’avoir écoutée… mais parce que ce qu’elle interprète, c’est la vie.
Déroulement…