Entretien avec un rêveur

Premières réponses

Tu dis être parti en vrille après le choix de ta formation, tu voulais parler de tes premiers émois ou de tes choix professionnels (ou des deux) ?
Les deux… j’ai travaillé 3 ans en tant que salarié… j’étais avec quelqu’un… j’avais une voiture… une petite maison… j’ai tout arrêté et je suis parti 2 ans en coopération au Togo…

L’Afrique, les voyages à répétition… je ne vais certes pas être très originale sur ce coup là, mais j’aimerais bien en savoir plus, les endroits où tu es parti, ce que tu en as retiré…
Donc le Togo et ensuite des petits voyages en Europe de l’Est, au Maroc… j’ai travaillé sur Londres, Madrid, Paris… J’en ai retiré une liberté extrême et le sentiment que tout était possible… une grande ouverture d’esprit et le sentiment qu’il n’y avait pas de vie plus « juste » ou « normale » qu’une autre… Ce que semble oublier la plupart des gens… ils pensent toujours que ce qu’ils vivent est ce que l’on doit vivre…

Tu parles de tes théories, de ta vision de la vie, d’une philosophie qui t’est propre, et que l’on écoute avec attention mais qui ne se partage (visiblement) pas si facilement… mais penses-tu avoir trouvé les bons gestes, les bonnes images pour faire passer l’envie, la distiller à celles que tu convoitais et/ou qui partageaient ton quotidien ?
Je ne sais pas trop. Beaucoup de personnes sont d’accord avec moi ou intéressées mais finalement personne ne souhaite changer ses habitudes. Par peur, je crois. Par facilité aussi. Et parfois par conviction tout simplement. Quand je dis que je vais dans les Pyrénées, neuf fois sur dix, on me dit « c’est génial, je t’envie, tu as bien raison… mais moi je ne pourrais pas ». Ca me fait rire… Je n’en veux à personne. Nous avons tous nos parcours. Par contre, je souffre qu’on soit d’accord avec moi, séduit par ma façon de vivre mais qu’au final, personne ne s’engage vraiment… Surtout que cela reste ouvert. Je ne souhaite pas forcément tout remettre en question ou vivre sur la route… j’aimerais juste des projets en commun, petits ou grands… des choses fortes… Je respecte les gens qui ont des passions et qui les vivent. Je respecte aussi ceux qui aiment vraiment leur boulot… mais je ne respecte pas les gens qui ne sont pas épanouis et qui ne changent rien… moi, je ne peux pas vivre ça, j’ai l’impression d’attendre la mort…

Je me suis interrogée sur ma position aujourd’hui, dans l’hypothèse où je serais libre de mes mouvements plus d’une semaine d’affilée (!), donc sans enfants, sans engagement professionnel, et te rencontrant, avec tes belles histoires (dans le sens noble du terme) et tes rêves à vivre… et je pense comprendre (au moins un peu) les femmes qui freinent des quatre fers devant la réalisation de ce qui ne représentait pour elles que de jolis contes à idéaliser (ou un cadre à admirer au dessus de la cheminée)… je ne les connais pas, bien sûr, je ne te connais pas beaucoup plus à vrai dire (…)
Développe, ça m’intéresse… J’ai toujours pensé que cela rendrait heureuse une femme ce que j’ai à donner… mais je me suis trompé… Je commence surtout à comprendre qu’elles ont besoin d’un nid douillet et d’un homme rassurant… C’est complexe. Parce que si tu es trop pantouflard, ça ne va pas… trop aventurier non plus… Elles ont aussi maintenant besoin d’avoir une vie professionnelle épanouissante, d’être mère, amante… Quel boulot ! Et si tu vois et que tu ressens vraiment la mort, la vie n’a pas de finalité en soi… donc autant qu’elle soit comme un conte… d’où ma théorie de « rien n’est important (puisque l’on va mourir) donc tout l’est (vivre avec passion, sans oublier que cela ne sert à rien, que tout est futile…) »

(…) mais disons que tu sois sans défaut (?) et que le seul handicap dans ton projet de vie soit ton désir de vivre l’intense, ta boulimie d’expériences si possible enrichissantes… mettons nous à leur place une seconde… tout cela est synonyme d’envies à assouvir, de tourbillon d’émotions, de constante nouveauté… et cela peut aussi induire que ce qu’elles apportent, à votre relation et à toi même, ne suffit pas… pour peu que la plupart soit des génitrices dans l’âme et l’étincelle doit à tout jamais rester sous verre…
Tu as raison. Je n’avais jamais vu ça sous cet angle… Je crois que je dois faire peur des fois… J’imagine que cela doit un peu tétaniser… on me dit souvent que je suis extrême ou exigeant… Ce que je ne ressens pas vraiment, mais cela doit être une façon de me dire « je n’arriverai pas à te satisfaire… je ne sers à rien dans ta vie… ». Je ne sais pas quoi en penser. Je ne sais pas comment expliquer que mon bonheur c’est de partager mon monde… de donner… pourvu que l’on apprécie réellement ce que j’ai a donné… Et plus encore, j’aimerais qu’on me prenne aussi un peu par la main pour m’emmener dans des « mondes » que je ne connais pas. Ma psy me dit que je cherche mon double… Je ne crois pas mais peut-être un peu plus proche oui. Enfin, au moins quelqu’un que je ne dois pas convaincre… ça serait déjà pas mal.

A 20 ans, je t’aurais suivi sans une seconde d’hésitation, géographiquement, spirituellement… tant qu’on me laissait (laisse) mon libre arbitre, j’étais (je suis) à l’affût de nouvelles expériences… aujourd’hui donc (je continue le fil de ma pensée), je sais que, alors même que mes projets de procréation sont déjà (bien !) réalisés, l’âge, l’expérience (la vie en somme) font que je ne me jetterais plus à corps perdu dans une aventure, pour en vivre le meilleur comme le pire, car c’est aussi ça vivre le jour présent, redécouvrir le sens de la vie, encaisser le bon comme le moins bon (ce que je vis aujourd’hui, à une moindre échelle je te l’accorde, mais qui n’en enlève pas moins le piment aux situations).
Je comprends. J’ai eu cette envie avec mon ex. Me poser un peu… C’était très agréable. En fait, mon idéal serait d’avoir une petite maison comme un petit port pour prendre le temps, faire des choses simples… puis de temps en temps partir sur un projet… Il ne faut pas croire que je suis un fou furieux… j’ai rencontré des vrais aventuriers et je serais bien incapable de réaliser ce qu’ils font. J’ai toujours bien organiser mes projets… Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles… Il faut se jeter à corps perdu dans des aventures (avec l’expérience, on apprend à reconnaître les pièges et à les éviter…). Il faut ressentir encore et encore de vraies émotions, même fortes… c’est ce qui fait la vie. Si on était pas vraiment malheureux un jour comment pourrait-on être vraiment heureux un autre ?

Alors oui… à 17/25 ans, le temps des copains, des amourettes et de la vie au jour le jour… arrive ensuite le temps de la trentaine, des projets de vie qui finissent de se dessiner et qui se conforment pour la plupart à « metro/boulot/dodo… enfants »… et puis il y a les « marginaux », qui n’ont en fait de marginal que le mérite de ne pas avoir oublié leurs rêves, leurs envies et ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue… il n’en existe pas qu’un, de ces rêveurs… mais la probabilité pour que des représentants des deux sexes se rencontrent et fusionnent se réduit avec les années qui passent pour chacun d’eux… cela n’empêche qu’il en existe toujours… et qu’à 34 ans, une vie est très loin d’être terminée…
J’espère, oui. Je me fatigue un peu aussi parfois… mais j’essaie de garder un peu de fraîcheur. Je suis de nature optimiste. Et je me laisse guider par mes envies. J’ai une bonne étoile dans l’ensemble et je crois à la vertu de toujours essayer. On a rien à perdre… les adultes ont peur de se planter… Ils estiment souvent qu’ils n’ont plus rien à apprendre. Et ils ne veulent plus montrer qu’ils peuvent encore « tomber du vélo sans les petites roues ». Je n’ai pas cette orgueil là et j’adore apprendre des choses que je ne connais pas du tout. Comme un enfant. Mais, c’est vrai que le temps passe et cela me fait un peu peur. Il faut l’apprivoiser.

Pour finir, les Pyrénées, un break loin de tout ce qui peut te peser, c’est vraiment la bonne opportunité pour te recentrer, tu es un chanceux dans ta peine… as-tu déjà eu l’occasion de faire ce genre de « point » ?
C’est drôle que tu m’estimes chanceux. Cela fait un an que je prépare ça. Je me suis séparé de tout mes biens. J’ai arrêté mon boulot. Je n’ai plus de maison. Je me suis lancé dans le vide. Ce n’est pas de la chance. C’est une volonté. Et j’ai peur mais je l’accepte. Je préfère un peu de peur et d’excitation que de la dépression… Et oui, j’ai déjà fait ce genre de choses. En partant en Afrique, en me mettant à mon compte. En voyageant. Et puis cela fait quinze ans que je vais dans les Pyrénées me ressourcer et que j’apprends à comprendre ce qu’ils vivent…

Le rêveur à Plume…

Culture fermière, où en êtes-vous ?

Après nos brillants gagnants, Homéo et Thomas, mais qui donc va bien pouvoir enlever haut la main une victoire des plus rapides à l’occasion de ce troisième volet ? Hein ? Hein ?

Bon, je lâche les questions, au nombre de 5 cette fois-ci, avec tout plein d’espoir. Ben oui, que voulez-vous, on se refait pas, je frémis pour vous, je tremble pour vous, je suis votre plus fidèle supporter, et pour certains d’entre vous, la seule peut-être (rrrooo ça va hein, je plaisante !).

Allez, je fais péter :

Question 8
Il ne faut pas toucher un lapereau nouveau-né
Vrai ou Faux ?

Question 9
Tous les oeufs mis à couver donnent des poussins
Vrai ou Faux ?

Question 10
Les moutons se reconnaissent entre eux

Question 11
Vaches et chevaux s’ignorent
Vrai ou Faux ?

Question 12
On peut attraper les lapins par les oreilles
Vrai ou Faux ?

Voilàààà ! Et n’oubliez pas ! Une petite compo perso par la Poste au premier qui trouve les 5 bonnes réponses !

A vos claviers !

Bon… c’est avec une moue boudeuse que je vous donne les réponses…

REPONSES

1°) VRAI – Si vous l’imprégnez de votre odeur, la mère pourrait s’en désintéresser. C’est autour de l’âge de 18 jours qu’il commence à faire ses premiers pas hors du terrier. A ce moment-là, vous pouvez sans risque le caresser.

2°) FAUX – Le coq doit s’accoupler avec la poule pour que l’oeuf soit fécondé. Les oeufs en provenance d’élevage par exemple n’éclosent pas et sont pourtant souvent couvés. Rassurez donc votre enfant : lorsqu’il mange un oeuf, il ne risque pas de dévorer un futur bébé…

3°) VRAI – Au sein du troupeau conduit par la femelle la plus âgée, les uns et les autres se distinguent parfaitement. Des tests ont démontré que, dans 80% des cas, les ovins sont capables d’identifer cinquante autres moutons sur une période de deux ans. Ce qui signifie que, si un de leurs congénères est séparé du troupeau, ils peuvent le repérer pendant ce laps de temps.

4°) FAUX – Ils peuvent même unir leurs forces pour affronter un danger. Les bêtes à cornes font face, alors que les équidés présentent leur solide postérieur, prêts à donner des coups de sabot.

5°) FAUX – Surtout pas ! Les oreilles du lapin sont très sensibles et on peut lui faire mal. Pour bien le maîtriser, il faut le saisir d’une main par la peau du cou et tenir les pattes postérieures de l’autre en maintenant fermement son bassin car, en se débattant pour s’enfuir, il pourrait se briser la colonne vertébrale.
(en même temps, si c’est pour le bouffer, pas la peine de prendre des gants hein, ça vous facilitera le travail qu’il soit immobilisé après s’être rompu la colonne 🙂 rrrrooo, ça va je plaisanteuh, pppff, même pas d’humour ces gens)

Allez… suis pas déçue… ça m’aura donné l’occasion de vous apprendre quelque chose…. profitez, ce sera pas tous les jours !

Impromptus : L'épicerie de quartier

J’arpente la rue, mouillée par la pluie, qui vient tout juste de s’arrêter. Je baisse la capuche de mon gilet manches courtes, qui ne me sert plus à rien, si ce n’est à cacher les larmes qui coulent encore, alors que l’ondée est terminée. Je renifle un coup, et je respire profondément, essuyant du revers de mon avant-bras en résille les quelques gouttes qui glissent sur mes joues. Elles ne peuvent plus se mélanger à l’eau du ciel, si salvatrice quand elle se décide à tomber, en bruine, pluie fine ou en averse, plus dense, mais toujours libératrice. Car en plus de permettre l’ouverture des vannes sans que les questions fusent aux alentours, elle lave, rince, clarifie ce qui a besoin de l’être et… ça fait du bien.

Mes talons claquent sur le pavé humide, qui renvoie le reflet des lumières de la ville, si chaudes et glacées à la fois. Ces lumières qui m’ont toujours réchauffée à leur vue quand j’étais enfant et qui aujourd’hui m’agressent les yeux, fatigués et brûlants. Ils parcourent la rue, de haut en bas, de long en large, s’arrêtent sur tout ce qui l’habite, des boutiques toutes neuves aux échoppes de trente ans, des vilains gosses encore dehors aux vieux assis sur leur chaise en paille, en passant par les poivrots qui s’attardent au café du coin ou font un tour de provision chez l’épicier, que l’on pourrait croire toujours ouvert. Ils se ferment, las, pour essayer de calmer le tourment intérieur, en vain.

Je fais les cent pas, les mains calées dans mes poches, bien au fond, le regard au sol, bien en bas, les jambes en mode automatique, bien galbées dans leur collant en voile. Je frissonne. Je n’ai pas froid, non, je n’ai pas froid. C’est juste la faible lueur de lucidité qui refait des siennes. Celle que je n’invite jamais mais qui s’incruste toujours. Je ne lui demande jamais rien, mais elle me donne toujours tout. Des doutes aux remords, des craintes aux regrets, elle est sans merci, charitable à ses heures, mais pour les âmes des autres. Je ne l’écoute pas, je ne l’écoute plus, c’est d’ailleurs pour ça que ses apparitions sont fugaces aujourd’hui. Un rai de lumière froide, glaciale, qui donne juste envie de trembler pour le chasser rapidement. Et ça marche. Une chair de poule et le voilà parti, me laissant dans ma tiédeur collante et nauséabonde.

Je remonte la rue, je redescends le trottoir, inlassablement. Je vis la vie qui m’était destinée. C’était écrit, partout. Dans les yeux de mon père, dans les paroles de ma mère, dans les moqueries de mes frères, dans les jeux de mes copains de classe, dans les exigences de mes petits amis, dans le projet de vie de mon compagnon. Je vis ma vie, celle que j’ai toujours su vivre finalement, du haut de mes vingt-cinq ans. Je prends puis j’offre, tel est mon destin. Je vends et j’obtempère, voilà ce que je sais faire. Je solde et je ferme les yeux, en rêvant d’un ailleurs, pendant quelques minutes. Je propose et l’on dispose. Ou mieux, on propose et l’on dispose, de moi. Et je me laisse faire. Parce que c’est ma vie, c’était écrit. Parce qu’au fond de moi, je sais que j’aime ça. J’existe, enfin. Même ponctuellement, même salement. Je vis, j’existe.

Je trébuche dans le nid de poule pourtant si connu par mes pas. Mon talon se casse net, mes larmes coulent aussi sec et je m’effondre au sol. Je suis vidée, je n’ai plus de moelle, plus d’énergie, plus de carburant. Tout s’est enfui dans cette rupture de plastique. Tout s’est évaporé dans un déluge de larmes. Tout est parti dans une lourde chute à terre. Des mains se posent sur mes épaules et s’agitent au rythme de mes sanglots. Elles me serrent doucement, sans chercher à me faire bouger. Et sans me retourner, je sais à qui elles appartiennent. Je ferme les yeux de nouveau, inspire encore profondément, et pose mes mains sur le bitume, pour m’appuyer dessus afin de m’aider à me relever. Ses mains me guident aussi et me font pivoter sur moi-même. Je garde les yeux fermés, pour ne pas voir. Ne pas le voir.

Je reste immobile, entre ses mains, chaleureuses, au sens propre comme au sens figuré. J’entends sa respiration, je sens son regard, dénué de pitié, peut-être un peu compatissant, certainement apaisant. Je n’ai pourtant pas envie de le voir sur moi ce regard, j’ai juste envie de disparaître, là, tout de suite, en un claquement de doigts. Mais voilà, c’est aussi ça ma vie. Humiliation, renoncement, soumission. Je soulève mes paupières, difficilement, me préparant au pire, au déferlement de sentiments négatifs habituels. Et je le vois planté devant moi, un demi-sourire inattendu aux lèvres, des yeux apaisants, c’est sûr, mais sans une once de compassion ou d’apitoiement. Non, juste de l’intérêt et de la sérénité. Comme s’il n’y avait pas de problème. Qu’il ne pourrait jamais plus y en avoir. La petite fille dans un coin de ma tête se raccroche à cette chimère et le suit sans résistance, avec le même demi-sourire contagieux collé sur le visage, de manière totalement surréaliste. Je l’ai suivi dans son épicerie, que l’on pourrait croire toujours ouverte.

Et je ne l’ai jamais regretté.

Culture fermière, où en êtes-vous ?

Ok, vous n’avez pas été mauvais sur la première partie : je suis sûre que vous vous êtes couchés moins bêtes après avoir lu les réponses et que vous en êtes très satisfaits, n’est ce pas ?

Allez, dans un énième élan magnanime de ma part, je vais donc compléter votre culture dans le domaine et vous proposer le second volet du quiz :

Question 4
Les poules mangent des petits cailloux
Vrai ou Faux ?

Question 5
Les canards ne mouillent pas leurs plumes dans l’eau
Vrai ou Faux ?

Question 6
Le poulain est debout moins d’une heure après sa naissance
Vrai ou Faux ?

Question 7
Le cochon a été domestiqué en même temps que le mouton
Vrai ou Faux ?

Homéo est la charmante gagnante d’une composition personnelle qui devrait lui être adressée dans les prochains jours… à qui le tour ?

Bonne chance !

REPONSES

1°) VRAI – Comme elles n’ont pas de dents, elles avalent de toutes petites pierres qu’elles gardent dans leur gésier. Cela leur sert à broyer les grains de blé ou d’orge.

2°) VRAI – Leurs brins de plumes portent de minuscules crochets : les barbules. Ceux-ci attachent les barbes les unes aux autres, fixant les brins et empêchant l’eau de passer à travers.

3°) VRAI – A peine vient-il au monde, les yeux grands ouverts, qu’il veut déjà relever la tête et toute la partie antérieure de son corps. L’observation de plusieurs centaines de poulains a permis d’établir qu’il fallait, en moyenne, cinquante-sept minutes au nouveau-né pour se mettre debout.

4°) FAUX – Sa domestication ne remonte qu’à sept mille ans avant notre ère, en raison de son incapacité à suivre l’homme encore nomade dans ses transhumances. Le mouton est l’un des premiers animaux domestiqués : huit mille ans avant notre ère. Quant au chien, il vit en notre compagnie depuis quinze mille ans avant notre ère !

And the winner is… Thomas ! Fais péter ton adresse postale sur ma boite hotmail mon grand !

La suite en fin de semaine, si vous (n’)êtes (pas) sages.

Entretien avec un rêveur

Entrée en matière

Tu es décidément quelqu’un de très particulier et j’avoue être intriguée…

Tu dis être parti en vrille après le choix de ta formation, tu voulais parler de tes premiers émois ou de tes choix professionnels (ou des deux) ?

L’Afrique, les voyages à répétition… je ne vais certes pas être très originale sur ce coup là, mais j’aimerais bien en savoir plus, les endroits où tu es parti, ce que tu en as retiré…

Tu parles de tes théories, de ta vision de la vie, d’une philosophie qui t’est propre, et que l’on écoute avec attention mais qui ne se partage (visiblement) pas si facilement… mais penses-tu avoir trouvé les bons gestes, les bonnes images pour faire passer l’envie, la distiller à celles que tu convoitais et/ou qui partageaient ton quotidien ?

Je me suis interrogée sur ma position aujourd’hui, dans l’hypothèse où je serais libre de mes mouvements plus d’une semaine d’affilée (!), donc sans enfants, sans engagement professionnel, et te rencontrant, avec tes belles histoires (dans le sens noble du terme) et tes rêves à vivre… et je pense comprendre (au moins un peu) les femmes qui freinent des quatre fers devant la réalisation de ce qui ne représentait pour elles que de jolis contes à idéaliser (ou un cadre à admirer au dessus de la cheminée)… je ne les connais pas, bien sûr, je ne te connais pas beaucoup plus à vrai dire !

Mais disons que tu sois sans défaut (?) et que le seul handicap dans ton projet de vie soit ton désir de vivre l’intense, ta boulimie d’expériences si possible enrichissantes… mettons nous à leur place une seconde… tout cela est synonyme d’envies à assouvir, de tourbillon d’émotions, de constante nouveauté… et cela peut aussi induire que ce qu’elles apportent, à votre relation et à toi même, ne suffit pas… pour peu que la plupart soit des génitrices dans l’âme et l’étincelle doit à tout jamais rester sous verre…

A 20 ans, je t’aurais suivi sans une seconde d’hésitation, géographiquement, spirituellement… tant qu’on me laissait (laisse) mon libre arbitre, j’étais (je suis) à l’affût de nouvelles expériences… aujourd’hui donc (je continue le fil de ma pensée), je sais que, alors même que mes projets de procréation sont déjà (bien !) réalisés, l’âge, l’expérience (la vie en somme) font que je ne me jetterais plus à corps perdu dans une aventure, pour en vivre le meilleur comme le pire, car c’est aussi ça vivre le jour présent, redécouvrir le sens de la vie, encaisser le bon comme le moins bon (ce que je vis aujourd’hui, à une moindre échelle je te l’accorde, mais qui n’en enlève pas moins le piment aux situations).

Alors oui… à 17/25 ans, le temps des copains, des amourettes et de la vie au jour le jour… arrive ensuite le temps de la trentaine, des projets de vie qui finissent de se dessiner et qui se conforment pour la plupart à « metro/boulot/dodo… enfants »… et puis il y a les « marginaux », qui n’ont en fait de marginal que le mérite de ne pas avoir oublié leurs rêves, leurs envies et ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue… il n’en existe pas qu’un, de ces rêveurs… mais la probabilité pour que des représentants des deux sexes se rencontrent et fusionnent se réduit avec les années qui passent pour chacun d’eux… cela n’empêche qu’il en existe toujours… et qu’à 34 ans, une vie est très loin d’être terminée…

Pour finir, les Pyrénées, un break loin de tout ce qui peut te peser, c’est vraiment la bonne opportunité pour te recentrer, tu es un chanceux dans ta peine… as-tu déjà eu l’occasion de faire ce genre de « point » ?

Plume au rêveur

L’influence musicale du jour

Alors là, je rentre dans… du lourd. C’est une bête de scène, un artiste hors norme et une personnalité bien particulière… Une voix toujours bien posée, qui titille partout où il faut, des textes qui sont un peu moi, parfois, un groove hallucinant, qui vous fait bouger malgré vous, un fluide indescriptible… un animal… non, non, tout va bien, vous en faites pas, je m’en remettrai bien un jour… euh, nan, chuis pas sûre finalement, je craque trop… comment ça j’ai plus l’âge ? Nan mais ça va oui ?

Culture fermière, où en êtes vous ?

Un petit point sur ce que l’on doit savoir de la campagne et de la vie de ses occupants privilégiés, j’ai nommé les animaux de ferme…

(Mais si, ça peut être intéressant. Si, je vous dis ! Vous vous coucherez moins bête ce soir. Enfin, le soir où je donnerai les réponses… Allez, un petit effort, concentration… c’est parti !)

Question 1
Une vache peut donner de 20 à 40 litres de lait par jour
Vrai ou Faux ?

Question 2
Le cheval est incapable d’identifier son cavalier
Vrai ou Faux ?

Question 3
Le poussin apprend à reconnaître le cri de sa mère dans l’oeuf
Vrai ou Faux ?

Question 4
Les mamelles de la chèvre et de la vache sont identiques
Vrai ou Faux ?

A vous de jouer ! Ce que vous avez à y gagner ? Ben…

Allez, je vais me fendre d’une petite création perso sur le thème pour celui ou celle qui me donnera les 4 bonnes réponses en premier, par commentaire cela va de soi…

Bon échauffement de neurones !

REPONSES

1°) VRAI – Cette production varie en fonction des races et des hormones. Certaines vaches laitières reçoivent une nourriture spéciale destinée à augmenter leur rendement (arf). Notre pays compte 4,4 millions de vaches laitières qui produisent 22 milliards de litres de lait chaque année.

2°) FAUX – Il est parfaitement capable de reconnaître un cavalier qui s’occupe de lui régulièrement. A l’entrée d’un pré ou aux abords d’une écurire, on entend très souvent un cheval hennir de joie à la seule vue de l’arrivée de son propriétaire.

3°) VRAI – Dès qu’elle se déplace, la poule glousse (je confirmen, je glousse dès que je bouge…), ce qui attire l’attention de ses petits et leur évite de se disperser. Lorsqu’elle trouve de la nourriture, elle pousse un cri d’offrande et, en cas de danger, elle lance des cris d’alarme. Familiarisés avec ces sons dans l’oeuf, les poussins les identifient et distinguent s’ils proviennent de leur mère ou d’une autre poule.

4°) FAUX – La chèvre possède en effet deux trayons alors que la vache en possède 4.

And the winner is… Homéo ! La création est déjà en route ma belle !

Pour cet été, je vais changer un peu le rythme et la teneur des articles… toujours des références musicales, mais quelques tests, quiz et anecdotes également…

4 fromages, les réponses

Il était une fois… Oui, oui ! Il était une fois ! Car une fois n’est pas coutume…

Donc, il était une fois, de celles qui ne se reproduisent que trop rarement ma foi, une divine petite paysanne aux plumes aussi blanches que les ailes d’un angelot. Occupée qu’elle était à se curer les ongles à l’aide d’un laguiole, tranquillement installée sur une énorme bûche (du genre que l’on ne brûle pas dans l’âtre d’une cheminée), elle ne vit pas s’approcher le petit montagnard au regard bleu acier. L’arôme d’une tourte aux poires et pralines finissant de cuire se dégageait de la fenêtre sans vitrage qui ornait la maisonnette de la belle des champs. Dans le Comté d’Ovalie, rares étaient les averses et les temps froids, ce qui permettait une architecture des plus fantaisistes en matière d’ouvertures (et de fermetures). Le jeune homme, lui, venait de loin, sa contrée en altitude offrant un climat digne de nos Pyrénées. La douceur qui émanait en abondance des lieux le fit légèrement soupirer de bien-être.

– Bonjour demoiselle ! Auriez-vous par hasard la bonté d’âme nécessaire à l’offrande d’un liquide susceptible de calmer un garçon des montagnes assoiffé ?

– Espèce de gratte paille que vous êtes, n’avez-vous pas honte de vous inviter de la sorte chez les locaux ? Et d’une manière peu engageante si vous voulez mon avis !

Le visage de la belle, qu’encadrait une chevelure noire coupée au carré, rayonnait. Une joute verbale s’annonçait et c’était tant mieux. La journée s’éternisait, elle avait bien besoin d’aérer son esprit et de délier sa langue. Un petit exercice avec cet étranger lui ferait le plus grand bien. Elle secoua machinalement ses plumes, observant plus attentivement l’oiseau qui lui faisait face. Un léger sourire releva les commissures de ses lèvres, à peine toutefois, étant plus destiné à elle-même qu’à un éventuel public extérieur.

– Comme vous le prenez, chère demoiselle… je ne cherche qu’à me désaltérer, asséché que je suis d’avoir trop marché. Un caprice des Dieux ne m’a pas donné un seul ruisseau à croiser pour m’y baigner ou une goutte de pluie à recueillir dans le creux de ma main. Un peu de gentillesse, s’il vous plait, comme ce curé nantais par exemple, qui m’a ouvert sa porte au début de mon périple, me proposant si volontiers de partager son souper et son eau du puits. Ma demoiselle… s’il vous plait…

Cervelle de canut va ! Comment pouvez-vous seulement oser comparer mon hospitalité à celle de cet homme d’église connu de partout pour sa solitude soignée à coups de Sancerre et de rencontres douteuses ? Non seulement je pense que vous n’avez pas mesuré la portée de vos propos, mais en plus il est assez vraisemblable que vous ne connaissiez pas cet hôte comme il le faudrait voyez-vous ? On ne se targue pas d’avoir partagé sa table et encore moins son toit, lorsque l’on parle du curé nantais du Comté.

Un sourire franc s’installa de part et d’autre. Il aimait sa réactivité, elle aimait sa vivacité. Les mots étaient encore sobres, souples et agréables, juste ce qu’il fallait de provocation, et surtout, beaucoup de malice dans leurs yeux respectifs, où commençait également à poindre un sentiment totalement différent. Une légère brise faisait doucement bouger les cheveux et les plumes de la paysanne. La chevelure du garçon, plus longue, ondulait lascivement au rythme éolien. Ils ne se quittaient pas du regard, à la fois patients et excités par le jeu.

– Je peux vous dire chère demoiselle que le fromage du curé est une pure merveille et que ce simple fait mérite que l’on s’attarde à écouter les divagations du pauvre homme, lequel, quoi qu’on en dise, fait preuve de beaucoup de dévouement dès lors qu’on lui prête un peu d’attention. De quoi pourrait-on en dire autant par chez vous ? Peut-être ce qui est à la base de cette fabuleuse odeur de roussi que nous sentons à l’instant ?

Trou du cru ! J’ai oublié ma tourte aux poires sur les braises et c’est uniquement de ton fait ! Tu es en retard, tu m’as complètement prise au dépourvu et j’en ai oublié ce que j’avais en préparation… en plus, tu ne fais rien qu’à me perturber avec ce curé nantais qui a quand même, je te signale, une réputation d’ivrogne qui ne se discute plus et de propriétaire de mœurs particulières sur lesquelles on discute toujours en revanche !

Sa tirade lancée, la belle tourna les talons pour quitter l’air chantant de la clairière et se précipiter à l’intérieur de son logis, attrapant au passage, au pied de la porte, une brique pour lui servir de sous-plat. Elle jeta littéralement cette dernière au centre de la table qui trônait dans la pièce immense. En courant, la dent du chat qu’elle portait autour du cou se balançait allègrement, à droite, à gauche, effleurant son décolleté généreux, celui-là même dans lequel le jeune homme regretta de ne pouvoir perdre son regard plus longtemps. Il la suivit rapidement, le sourire toujours aux lèvres. Elle était de dos et s’agitait devant les fourneaux en vitupérant contre cette visite prématurée, ainsi que celui qui en était à l’origine, tout en épargnant qu’à moitié sa maudite capacité de concentration. Un brin de paille était coincé dans ses cheveux courts, contrastant délicieusement avec la couleur de ceux-ci. Le garçon voulut s’en emparer, mais elle fit volte face à ce moment précis et il changea immédiatement ses plans en lui déposant un baiser sur les lèvres, frais et fugace. La raclette lui ayant permis de décoller la tourte trop cuite dans une main, la pâtisserie aux fruits dans l’autre, la paysanne resta interdite pendant quelques secondes, surprise par cet élan de tendresse inattendu. Les yeux encore écarquillés par ce brin d’amour, les autres traits de son visage finirent par se détendre et son rictus de contrariété céda la place à un sourire attendri.

– Mon chabichou, avec tout ça, je n’ai pu t’accueillir correctement… Nous n’avons même pas achever nos retrouvailles comme à notre habitude. Tu es arrivé trop tôt…

Camembert ma belle ! Arrête donc de te torturer les méninges avec de pareilles inepties ou je m’en vais de ce pas… cela te va comme ça ? Penses-tu que cette dernière injonction mette un terme des plus louables à ce premier acte tant apprécié de nos merveilleuses retrouvailles ?

Perdue dans sa brousse, comme la belle aimait elle-même à qualifier son coin paisible de verdure luxuriante, elle ne supportait qu’assez peu les échanges avec l’extérieur et ce, depuis plusieurs années maintenant. Amère déception, quand tu nous tiens… Mais voilà qu’à l’été dernier, ce petit montagnard s’était égaré du côté de la pierre dorée qui marquait le début du chemin menant à sa maison, l’enjoignant à remonter la piste de graviers sinuant à travers les arbres centenaires. Elle lui avait offert un repas léger, le terminant par un ramequin de faisselle au miel qui ne laissa pas le jeune homme indifférent, tout comme le charme de la maîtresse de maison, et qui surtout lui redonna les forces nécessaires pour reprendre son trajet vers Beaufort, la grande ville dans laquelle il devait plaider sa cause de berger. Une conversation aussi intéressante qu’enlevée, aussi enrichissante que mouvementée, s’installa entre les deux nouvelles connaissances. Et depuis ce jour, chaque mois, dès lors que le garçon des montagnes devait s’acquitter de ses obligations à la cité, il retrouvait sa belle aux plumes blanches dans sa clairière, havre de paix et de tendresse. Ils commençaient systématiquement par se chercher un peu, puis invariablement par éclater de rire à la première occasion lancée, pour finir par se fondre en un baiser passionné et goûteux, aux couleurs de leur relation.

Vécurent-ils heureux ? Eurent-ils beaucoup d’enfants ? Et bien…
Je vous en pose des questions moi ?

Sachez surtout qu’une tourte aux poires et pralines, même trop cuite, est une œuvre d’art culinaire vous menant tout droit à la damnation éternelle, dès vos lèvres refermées sur la première bouchée. Foi de conteuse.

N.B. : voici les 31 noms ou types de fromage glissés dans le texte… en fin de semaine, pour ceux qui ne partent pas en vacances, on approfondira notre culture fermière !