La SMIP passe à table, part. 1

Super Maman Indigne et Parfaite, version « moi », option « autour de la table ». Vaste sujet s’il en est, n’est-ce pas ?

En vérité je vous le dis, je suis une maman pleine de règles.

Cool, détendue (du slip et d’ailleurs), mais avec des principes quand même. Attention. Pas des principes pour le principe hein, des principes pour vivre plus sereinement ma vie de maman, en charge de loupiots futurs dictateurs culinaires (MAIS domptés dès l’aube de leur existence), voire castrateurs en puissance auprès de leur moitié respective (ça c’est vu et j’en veux pas dans ma nichée). Parce que quand même quoi.

Scène de vie quotidienne 1

Avant :
– Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan ? on mange quoiiiiiiiiiiiiiii ?
– Haricots verts et saucisse mon grand !
– Oh noooooooooooon, beuuuuuuuuuuuurk, je mange pas.

Maintenant :
– Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan ? on mange quoiiiiiiiiiiiiiii ?
– Tu verras.
– Mais-ma-man ! Qu’est ce qu’on maaaaange ?
– Tu verras.
– …..

Règle d’or : toujours garder la maîtrise des informations, ne divulguer que le strict nécessaire, savoir maintenir le flou artistique, c’est autant de tergiversations pré-repas en moins.

Scène de vie quotidienne 2

Avant :
– Mamaaaaaan, j’ai mal au veeeentre/plus faiiiiiiim/envie de vomiiiiir/besoin de faire pipiiiiiiiiiiiiii
– Et bien mon chéri, tu n’en veux plus ? tu veux sortir de table ?
– Ouiiiiii, s’il te plaiiiiiiiiit… mais je peux avoir mon dessert avant ?
– …..

Maintenant :
– Mamaaaaaan, j’ai mal au veeeentre/plus faiiiiiiim/envie de vomiiiiir/besoin de faire pipiiiiiiiiiiiiii
– Et bien mon chéri, vas-y, je t’en prie, souffre (mais en silence)/laisse (mais ne réclame rien jusqu’au goûter)/vomis (mais vise bien l’assiette)/vidange (mais vise bien ton verre)
– …..

Règle d’or : les prendre au pied de la lettre ou à contrepied, mais comme vous pouvez le constater, dès qu’il y a pied dans l’idée, ça fonctionne. Ne jamais être à court d’argument et toujours visualiser que nous sommes les ultimes décisionnaires, c’est important (non, ce n’est pas du despostime. Pas que.)

————-

En fait, j’ai pu faire mes armes sur d’autres loupiots que les miens. J’ai pu faire toutes les conneries de maman débutante sur d’autres enfants que ceux que j’ai fabriqué. Et ça, c’est le pied (et oui, encore un), parce qu’au fond, eux ont eu une petite mère pour remplacer la défaillante et moi, j’ai eu comme qui dirait des brouillons avant de pouvoir m’atteler à ma tâche de maternante pour de vrai. Je suis viendue, j’ai vu et j’ai pas forcément vaincu, à l’époque, alors qu’aujourd’hui, ma méthode est presque sans faille. Presque. Parce que si faille il peut exister, ce que je ne nie pas, en fait, elle se placera plus du côté du ou des parents que du bambin. Je m’expliquerai plus bas.

Très tôt, grâce à l’école, aux foutus problèmes psychologiques de leur mater’ et à une curiosité sans bornes de leur part, les loupiots qui habitent les mêmes lieux que moi ont acquis de bonnes habitudes alimentaires. Ils connaissent les familles d’aliments, au moins les deux plus grands, alors que le dernier se laisse guider par ses signaux intérieurs (et c’est là qu’on voit, quand tu laisses faire, que ton corps il te réclame pas bonbon, chocolat et rillettes, mais bel et bien, au début, quand tout va bien dedans ta tête, fruit, pain et céréales…) ce qui donne un bon résultat. Ils seront plus à la recherche de la pomme que de la mousse au chocolat (même s’ils ne crachent pas dessus, hein, la mousse au chocolat… encore que si vous leur mettez un ananas mûr à souhait, pas sûr…). Hier midi par exemple, mon grand louchait sur son emmental alors que les derniers voulaient s’enfiler ladite mousse (ce qu’ils ont fait d’ailleurs).

A partir de cette connaissance-là, ils savent de quoi composer un petit-déjeuner, un déjeuner, un goûter, et si on leur laisse le temps de se remémorer les apports culinaires répartis sur l’ensemble de la journée, ils te concoctent LE dîner équilibré par excellence pour le soir (ok, n°2 aura tendance à y ajouter systématiquement une pizza et des crêpes, mais c’est aussi pour ça qu’il a un grand frère, me trompé-je ?). Et donc, partant de ce principe, ils savent qu’il faut manger de tout, aussi. Même les trucs qui puent et/ou verts et/ou totalement dépourvus de nuances gustatives. C’est là que ça se corse des fois, quand même. J’ai beau avoir les enfants les mieux élevés de la terre, ça n’en reste pas moins des chieurs.

La règle est simple à la maison : tu goûtes. Pas l’équivalent d’un petit pois hein, insuffisant pour satisfaire mon sadisme, au moins une fourchette. Car comme je leur explique si bien : « comment veux tu être sûr que tu n’aimes pas si tu ne goûtes pas ? et avec une vraie bouchée, parce que sinon, tu pourrais dire que tu aimes alors que ce n’est pas le cas, trompé que tu aurais été par la quantité infinitésimale qui aurait franchi tes lèvres ». Koissa ? Mais je leur parle comme je veux, moi, à mes enfants. Non mais. Alors voilà, le deal est posé, et ce, depuis la naissance, et au moins jusqu’au départ de leur paire de godasses crasseuses de la maison, le reste bavant lamentablement derrière le postérieur de la pouliche (ou du poulain) qui aura ravi leur coeur.

C’est une règle simple, saine et efficace. Ils goûtent, sinon, pas de suite. Aucune obligation de manger plus s’ils n’aiment vraiment pas (inutile de me faire le coup avec du riz ou des pâtes par exemple), mais ils doivent faire ce petit effort, sésame pour la continuité de leur repas. Et je ne propose jamais de substitut ou de double dessert pour compenser. Ils ne se laisseront pas mourir de faim (tu penses bien, tu vois pas les économies que tu pourrais faire sinon ? sont pas bêtes). Et ils découvrent des nouvelles saveurs qu’ils n’auraient pas osé tester sans cela. Bien entendu, je m’arrange pour éviter les nouveautés et/ou aliments redoutés aux deux repas de la journée (sauf quand j’ai besoin de me défouler). Si je fais les tant détestées pommes de terre de n°2 à déjeuner, je lui fais un féculent accompagné d’un légume qu’il aime pour le soir.

Le petit truc en plus, quand même, que j’adore, qui me colle toujours un sourire attendri et me fait soupirer d’aise, c’est quand n°3 répète inlassablement un « bon maman, bon » en voyant un steack haché/riz/haricots verts, quand n°2 se régale d’une pomme comme une petite souris, quand n°1 se délecte de la même cuisine que moi (carpaccio, crustacés, poisson…). Quand ils se régalent quoi.

Un pêle-mêle, juste histoire que vous me lanciez les tomates dont j’ai besoin pour mes prochaines lasagne…

Si un « beurk » ou un chouinement intervient avant l’entrée à table, c’est le coin direct pour 2 minutes (nan parce que sérieusement, à chaque repas, multiplié par deux enfants, c’est franchement relou et le troisième trouve ça visiblement très drôle, alors je mate de suite, et ça commence à fonctionner). La contrepartie ? on a le droit de chanter, de jouer aux charades ou aux associations d’idée en mangeant (la bouche fermée). Coca (light, je sais, c’est pitêt pas si bon que ça…), uniquement le week end et rarement au cours des repas. La contrepartie ? on peut boire du coca pendant les crêpes-party et les hamburgers maison. Jus de fruits au petit déj’ et goûter uniquement, sauf cas particulier en période estivale très chaude. La contrepartie ? on mange des sorbets presque chaque jour l’été.

A suivre…

Kikiveumangéchémoa ?

20 réponses sur “La SMIP passe à table, part. 1”

  1. Mdr ! ton texte est savoureux, et oui je serai ravi de venir manger chez toi, je n’ose dire la suite : si on passe au mc do ? Je vais m’attirer des foudres je le sais mais qu’à cela ne tienne, je pense seulement au plaisir que tu as de cuisiner, mais je ne m’arrete pas là, et je finirai par dire : j’ai hate de voir des cannelonis dans mon assiettes

  2. hi, super J la super-nanny (sexy)… Pas mal du tout et inspirant… Pou moi, le plus dur, ce sont les lunchs : là, ça devenait n’importe quoi avec trois repas pour trois enfants… Maintenant, je suis passé au « vous verrez »… Sinon Coca-light le week-end (idem) et une nouveauté qui nous fait bien rire (et qui éduque les parents)… Les « deux minutes de gros mots ». Une fois par mois, ils ont le droit de dire tous les gros mots qu’ils veulent à table, pendant deux minutes… Et sinon, le reste du temps, c’est 25 cents par gros mots… Comme je dis souvent « p’tain », je paie, je verse l’obole et je partage l’argent en trois avant d’aller faire un tour au magasin de jouets.

  3. Oui moi comme yibus ras le bol des lunch boxes!!!!!! il peuvent pas avoir des cantines dignes de ce nom ces américains!!!!
    Enfin auj ils y mangent on verra ce qu’il disent des pizzas, nachos, wrap ou sandwiches !!!
    non cherchez pas y’a pas de légumes!
    Quand à leur faire tout tester avant de manger ça marche jusqu’à un certain âge parce que à 10 ans quand il t’a répété de nombreuses fois que non les petits pois vraiment il ne peux pas et que les champignons ça l’écoeure ben faut bien te faire une raison , il aime pas !!!
    SMIP pour la vie! (c’est un cri de guerre là ça ne se voit pas ?)

  4. moi j’en ai pas de gosses…mais longtemps animatrice colo et centre aéré…j’ai pu tester aussi mon autorité sur les enfants des autres !

  5. moi je viens… et j’amène le monstre… parce que tu vois, je l’ai un peu dressé pareil, depuis tout petit. A six mois il se régalait d’asperges ( le pédiatre me croyait pas : les enfants aiment pas les asperges)… maintenant à trois ans, il mange de tout. Le seul truc qui ne passe pas, c’est le lard. Autant dire rien… J’essaye de limiter les  » crasses  » industrialisées, genre biscuits au max, mais ça lui pose pas de problème vu qu’il aime autant des fruits ou des radis par ex. D’ailleurs ça doit être le seul gosse de sa classe à en amener pour le dix heures. Ce qui est sympa, c’est que la maitresse m’a raconté qu’il faisait gouter à ses copains…

  6. Bon, les filles, je viens de prendre un vieux coup là ! mon autorité a été balayée en moins de temps qu’il ne faut pour le dire …
    Que je vous raconte quand même !
    Tout petit, mon Piou mangeait aussi de tout ! et surtout les légumes et les fruits (donc, je valide tes dires miss Plume, le corps réclame).
    Le hic venait du cher géniteur qui ne supportait pas que je dise au Piou de se forcer un peu à goûter. Il s’est même mis à pleurer devant mon insistance un midi (le père, oui oui, un dur, un vrai).
    Après ce n’était plus la peine de présenter un nouveau plat à Piou, il regardait son père pour savoir …
    Alors moi, avec mon expérience des 2 grands, qui ont été difficiles au départ et qui maintenant, mangent de tout (en quantité astronomique d’ailleurs), je puis vous dire que je ne me bats plus.
    Honte sur moi, suis pas une super maman comme vous ! et je vous envie beaucoup.

  7. Ben ici c’est pareil et … pas pareil.
    En fait on respecte la sensation de satiété. C’est le pédiatre qui nous a dit ca.
    Les mômes ont un reflexe de satiété et quand ils se sentent pleins, ils laissent juste une tit’ place pour le dessert, meme si l’assiette n’est pas finie.
    Des fois on passe directement au dessert ensuite vient le « maman, j’ai plus faim ! » ou « nion nion nion Nanon » c’est selon le loupiot.
    Pi on peut pas dire qu’il soient chiants les miens, en tout cas moins que moi.
    Un truc chic : il mangent pas de bonbons. Alors qui doit se dévouer pour finir hein ?

    Ah et plume, pour les lasagnes, c’est quand tu veux 🙂

  8. Mon plat préféré : guacamole/foie gras , lasagne ou autres (gambas)mais pas de légumes sauf en tourte puis profiteroles ou poire belle helene … bien entendu je suis ouvert à toutes propositions m’dame !!! et pour le vin : liqueureux ou champagne et ensuite je ne m’y connait pas assez, mais j’aime ce qui est bon et je suis curieux ! (}

  9. Moi j’veux bien venir ça à l’air bien sympa chez toi. Et puis à défaut d’apprendre aux enfants que je n’ai pas comment bien manger, tu pourrais m’apprendre à moi:-)

  10. Bonjour tous, et merci d’être passés !

    Pandora, si ça titille au moins quelque part, c’est déjà ça !

    Joye, la ménopause si jeune, ça va le moral ? Bon ok, c’était pas drôle… je comprends que les règles puissent sauter et quand ça fonctionne sans, c’est tant mieux, mais ici, c’est irréalisable…

    Ros’, aucun problème, mon tarif est le suivant : je lui apprends en plus la tenue d’une maison et il doit passer 6 ans de stage intensif dans le coin… ça roule ?

    Timothé… je mange aussi au Mac Do, si, si, ça m’arrive…

    Yibus, c’est toujours un plaisir de te voir dans les parages… et pas mal la cagnotte à gros mots !

    Hello Homéo ! Evidemment, ce genre de méthode fonctionne le temps d’habituer leur palais, mais quand celui ci devient ‘autonome’ avec des goûts bien personnels, on ne peut pas faire autrement que d’aménager les repas en fonction… SMIP un jour, SMIP toujours !

    Cacoune, tu es la bienvenue ! Et les principes s’appliquent aussi aux grands…

    Mari, quel délice de faire tout plein de conneries avec des enfants qui sont pas les tiens, hein ? 😉

    Sandrine, idem, tu viens quand tu veux, surtout avec une crème pareille sous le bras ! On dirait mon grand (fan d’asperge !), ils réagissent de la même manière !

    Merci Hélène 🙂

    Reine des Pommes, pas de super maman, rien que des SMIP ce qui t’englobe dans le lot ma belle 😉 je connais le cas avec le papa qui joue tout autant le difficile que le petit, voire plus… et je t’avouerai que c’est lui qui m’a vaccinée contre cette espèce dangereuse qu’est l’homme monosaveur… je prends donc mes dispositions pour que mes enfants ne suivent pas le même chemin…

    Chagas, mes lasagne se méritent mon beau… quand à la sensation de satiété, je plussoie ! Mais tu as mal lu, le principe n’étant pas de finir son assiette, loin de là, ils doivent juste goûter les différents plats, et comme je cuisine en quantité raisonnable, pas de souci…

  11. Timothé, tes goûts sont pour le moins… à l’image de ton premier com’ en ces lieux 🙂

    Reine, ma belle, je suis contente de te voir par là ! Je serais ravie de te faire découvrir de bons petits plats !

    Merci à tous pour vos compliments, ça fait très plaisir ! 🙂

  12. j’ai bien essayé d’imposer des règles, mais franchement, rester jusqu’à deux heures du mat devant le gnome figé autant que la graisse dans son assiette…
    J’ai renoncé, oui, battez moi, frappez moi.

    Mais c’est la faute du docteur d’abord, n’avait qu’à pas me dire que les gosses, ça se laisse pas mourir de faim.
    Le pire, c’est que c’est vrai en plus.

    Bon, et sinon, toujours anti vieilles ce formulaire de commentaire, la vache, comment c’est piti piti (où c’est qu’elles sont mes lunettes ?)

  13. Au risque de me répéter Dom, je ne suis jamais restée jusqu’à deux heures du mat’ avec un gnome renfrogné : il ne veut pas manger/goûter, il sort de table, voilà tout… et je plussoie le doc, ils se laissent jamais mourir de faim, ça non. Et oui sinon, je me suis pas encore convaincue de payer un abo pour permettre aux vieilles de commenter, mais que ça ne t’empêche pas de revenir surtout ! 😀

    Millie, ce vendredi midi, elles sont au programme… tout comme autre chose, mais vous le saurez en temps et en heure…

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