Pêle-Mêle

Parce que je vais partir quelques jours, me mettre au vert, avec les enfants…

Parce qu’une soirée pyjama d’Halloween est prévue dans la foulée, avec sept petits diables…

Parce que le temps n’est pas extensible et qu’il n’y a que 24 heures dans une journée…

Parce qu’en 15 ans, il n’a rien eu à attendre de moi et qu’il a encore fait le point ces derniers jours…

Parce que je suis maintenant seule, sans garde-fou, qu’il n’est plus là pour jouer ce rôle, comme un con…

Parce que je suis une « mère parfaite », une « collègue à la hauteur », mais qu’il me fait me sentir « minable » en tant que femme, encore ce matin…

Parce qu’il y a des trop-pleins qui ne peuvent se déverser sans faire de mal, à celui qui envoie et celui qui reçoit à la fois…

Parce que la vie vaut quand même la peine d’être vécue, même si le contraire tente de s’immiscer par quelques brèches…

Parce qu’en un soupir, un mot, un geste, Il arrive à me redonner un peu de foi, même éphémère, en l’avenir…

Parce qu’Il ne fait pas (encore) le poids face aux résultats de ses attaques, au mal insidieux qu’il peut (encore) me faire…

Mais aussi parce qu’Ils sont là, et qu’ils méritent la meilleure maman au monde, et que cette maman, ça ne peut être que moi…

Il y aura silence radio pendant quelques jours… pas d’horodatage, je n’ai pas l’humeur, ni l’envie, le repli peut être parfois salutaire. Espérons.

En attendant, la tribune est à vous sous ce billet, dans les commentaires, et seulement si le coeur vous en dit. Je viendrais lire régulièrement cette semaine, un repli ne veut pas dire une hibernation.

A bientôt…

Le bonheur d'une SMIP, c'est simple comme…

… une flaque d’eau.

La météo est une vraie calamité ces derniers temps. Dans notre beau pays aux 300 jours de soleil par an, nous vivons en ce moment l’une des 65 autres journées qui finissent une année complète.

J’aime la pluie, même si elle mouille froidement et qu’elle peut aussi annoncer les pires catastrophes pour mon village. J’aime la voir, la sentir, l’entendre surtout. Et je ne suis pas la seule.

La pluie crée énormément de phénomènes en tombant, concrets comme abstraits. Elle sera tour à tour joyeuse pour les populations en manque, plus morose pour les habitués du climat mouillé.

Et la pluie qui tombe en gouttelettes plus ou moins légères sur nos sols occidentaux entraîne aussi la formation de flaques d’eau, véritables aires de jeux éphémères pour sales gosses crottés qui auraient la chance d’en croiser.

Et pas que. A bientôt 32 ans, je suis moi-même une fan des flaques d’eau. Mais pas pour me tremper les pieds, au risque d’avoir froid jusqu’aux os et de trembler comme une feuille le temps de sécher. Non.

J’adore rouler dans les flaques d’eau. Attention, je ne parle pas de faire un temps minute sur une nationale en pleine averse, pas du tout (sur circuit, c’est bien plus adapté). Je parle d’un jeu très marrant sur nos petits chemins de campagne, souvent mal entretenus.

Hier, mercredi, journée des enfants = « SMIP-taxi à vot’service ! ». Je ne compte plus les allers et retours, ils sont multiples les jours d’AS (comprendre activités extra-scolaires), et donc, sont autant d’occasions, les jours pluvieux, pour m’adonner à mon jeu d’eau préféré.

Le principe est simple : prendre une flaque d’eau assez profonde (style ornière), avec les roues de la voiture, d’un seul côté si possible, assez lentement pour ne pas déraper, mais assez rapidement pour faire une gerbe d’eau qui vient finir sur les parois de votre véhicule.

C’est absolument génial ! Mais le must, c’est quand il y a vos enfants dans la voiture. Et qu’ils ne savent rien de ce qui va se passer. La première sensation de ce jeu tout simple, c’est le bruit. Ecarquillement général des yeux aux premiers bruissements.

Ensuite, vient le visuel. Et la, c’est une totale illumination sur leur visage. Et une dans mon coeur de SMIP. Ils sont carrément au septième ciel les petits loups, aux anges quoi. Quand la gerbe d’eau vient frapper la paroi de la voiture, ils ont des étoiles dans les yeux, et un sourire jusqu’aux oreilles. Et des éclats de rire fabuleux, qui n’en finissent pas…

C’est tout bête et pourtant ça nous met tous de bonne humeur. Le jeu continue en cherchant de nouvelles aires de jeu, ensemble. « Là, maman ! Elle est super celle-là ! », « Encore une maman, ouais ! », « Oh, t’as vu celle-là, elle devait être énorme, t’as vu l’eau, elle a failli passer par dessus la voiture ! »…

J’adore voir mes enfants émerveillés par des choses aussi simples que ça.

Impromptus : Ma bibliothèque

Ma bibliothèque est à mon image : morcelée.

J’ai toujours dévoré les livres. J’ai appris à lire en posant des questions à ma grand-mère, ce qui fait qu’en entrant au cours préparatoire, j’ai su lire un texte court en quelques jours. Ma première histoire du soir en quelques semaines. Et depuis cet instant, j’ai lu, j’ai lu, j’ai lu… sans m’arrêter une seconde, jusqu’à ce que je me laisse dévorer à mon tour, par les concessions, par les obligations, par la vie. A l’époque, je plongeais dans les livres comme on plonge dans un bain de bonheur, comme on s’invente un pays imaginaire pour échapper au réel, comme on goûte un fruit mûr et charnu, comme on s’accroche à des mots pour leur pouvoir de faire changer les choses, comme on se noie dans un océan d’intrigues et de fables savoureuses. Pour toutes ces sensations, si différentes et pourtant si entremêlées à la fois.

Pour assouvir mes besoins, j’ai pioché tour à tour dans la bibliothèque maternelle, remplie de romans policiers, historiques et autobiographiques, dans celle des grands-parents, qui croulait sous les collections de récits pour enfants, d’ouvrages de référence en géographie ou en Histoire, de sélection du Reader’s Digest, ou encore, au sein même du rayon enfants de la bibliothèque où ma grand-mère œuvrait chaque mercredi après-midi. J’ai grandi dans une atmosphère littéraire, le livre était L’objet. Le livre était le Savoir. Le livre était la Science. Le livre était le Vécu et l’Imaginaire. J’ai passé des après-midis entiers dans l’odeur du thé citronné mélangée à celle du plastique qui recouvrait les livres, mangeant les bandes dessinées, les livres illustrés, puis les petites histoires mieux construites.

Un peu plus grande, je me suis tournée naturellement vers les classiques dont les titres dansaient sous mes yeux à la bibliothèque municipale qui fut ma halte garderie du mercredi, mais aussi traditionnellement proposés pendant les cours de français au collège. Puis est arrivé le temps des amourettes pour de vrai et des livres de la collection Arlequin, pour de faux. Cette période m’a vue fréquenter une boutique au pied de mon immeuble parisien, qui proposait des livres d’occasions au prix très abordable, en échange de monnaie, évidemment, mais aussi et surtout d’ouvrages reliés à faire découvrir aux autres clients. C’est ainsi que ma première bibliothèque personnelle n’a été qu’une succession de livres trouvant provisoirement place sur l’unique rayonnage de ma chambre d’adolescente, pressée que j’étais d’échanger ceux ingurgités contre de nouvelles histoires à explorer.

Vint le temps d’emménager dans mon « chez-moi ». L’unique rayonnage est resté un moment seul. Quelques éditions originales de Christie et de la bibliothèque verte prenaient la poussière en compagnie des exemplaires reflétant mon addiction à M. King. Mon travail prenait tout mon temps. C’est une brocante improvisée dans mon nouveau quartier qui m’a fait remettre le nez dans un livre, après quelques mois d’abstinence. Et je suis redevenue dépendante. Tout y est passé. Des romans historiques fantaisistes, mes King attendus, beaucoup de Cornwell, des pièces de Molière, des biographies ou histoires vraies improbables… j’ai relu, lu, lu et lu encore. Jusqu’à mon nouveau déménagement, qui devait m’éloigner de huit cents kilomètres de mon premier petit nid personnel. Tous mes livres ont été mis en carton, enfin, tous ceux qui ont été autorisés à me suivre. A destination, un lieu de transit leur a offert un abri de tôle dans un jardin méditerranéen.

Aujourd’hui, j’habite dans « ma » maison, en travaux depuis six années maintenant. Mais mes livres, eux, non. Ils sont restés dans cet abri vert, faisant valser son taux d’humidité et sa température ambiante en fonction des saisons, des intempéries et des journées à rallonge, leur imposant torture sur torture. Certains ont retrouvé la lumière du jour grâce à un carton qui s’était égaré au milieu des caisses de vêtements que l’on remise pour l’hiver ou pour l’été, d’autres ont trouvé place sur mes étagères de bois « premier prix », parce qu’achetés depuis mon installation en ces lieux, mais l’essentiel de ce qui reste de ma collection est toujours coincé dans ces maudits cartons. Et maintenant que je suis sortie de ce carcan d’obligations, que j’ai pu mettre un terme à ce qui dirigeait ma vie avec de mauvais préceptes, que diable puis-je bien attendre pour aller les délivrer de leur prison de papier kraft rigide ? A vrai dire, je ne sais pas trop…

J’ai juste un vague parallèle qui me vient à l’esprit : ma bibliothèque est à mon image. Morcelée. Quelques ouvrages à la vue de tous, sur des morceaux de bois simples, laissant paraître tout en voulant être, et d’autres profondément enfouis, cachés dans un abri de tôle sombre, n’aspirant qu’à prendre l’air, mais comme il est dur d’intégrer une maison en friche. Je vois ma bibliothèque à mon image. Partagée entre le passé et l’avenir, entre ce que l’on doit, ce que l’on peut et ce que l’on fait. Mais riche de choses à faire découvrir, à donner et à partager.

Consigne : réelle ou imaginaire, faite de vieux lambris ou de contreplaqué, rutilante ou vrai nid à poussière, votre bibliothèque devra au moins se retrouver citée dans votre texte, ou mieux, en être le principal objet.

J'en ai rêvé…

Barack Hussein Obama Jr., né le 4 août 1961 à Honolulu, Hawaii, est un homme politique américain, sénateur de l’Illinois au Sénat des États-Unis depuis 2005. Obama est le candidat démocrate à la présidentielle américaine de 2008 face à John McCain.

Je ne le connais pas. Je ne connais que très peu de choses de son programme et encore moins de sa vie. Mais il s’est invité deux fois dans mes rêves.

La première fois, il se présentait face à une femme. Et dans mes songes, je me sentais bien, libérée et légère. Ne cherchez pas de sens profond à cette image, je ne me souviens que très vaguement du contenu du rêve entier. Je ne me rappelle pas lequel des deux a obtenu la victoire, me reste juste la phrase : « quoi qu’il arrive, ce sera une sacrée (r)évolution ».

La seconde fois, c’était cette nuit, il a débarqué sans prévenir. Mais là, je faisais carrément partie de son staff (ou de ses groupies, allez savoir). Son QG était établi dans une église où l’on entendait du negrospiritual (oui je sais, bonjour les clichés, mais même si ce sont mes rêves, ils ne m’appartiennent pas !) et où résidait une atmosphère étouffante : le stress de l’attente des résultats, une menace d’attentat, finement déjouée par l’équipe déjà en place (dans laquelle figuraient certains membres de la famille de mon chéri, ça ne m’étonne même pas) et des idées confuses…

Je ne sais pas pourquoi cet homme me marque comme ça. La politique étrangère, je suis un peu (de loin), mais je ne suis absolument pas calée en la matière, surtout pas assez pour émettre une opinion construite et fondée sur le bonhomme. D’autant que ce qu’il ressort de mes rêves, c’est la sensation très nette que c’est un homme hors du commun. Bon, ok, on peut le vérifier avec certaines anecdotes et faits présents. Mais en vrai ?

Kikikonébaraképeumedirsicévré ?

Le bon mot de…

André Malraux… Aventurier, écrivain, penseur, homme politique, combattant de la résistance, son idéal de justice et de liberté le pousse rapidement (agé de 25 ans) à participer à la révolution chinoise. Son roman La Condition humaine, tiré de son expérience auprès des révolutionnaires chinois, lui vaut en 1933 le prix Goncourt. Rattaché aux mouvements d’extrême gauche, Malraux dénonce le totalitarisme nazi dans Le Temps du mépris (1936). Durant la guerre d’Espagne, il s’engage aux côtés des républicains contre le fascisme espagnol et dirige l’aviation étrangère. Il témoigne de son engagement dans son roman L’Espoir (1937).

Compagnon du général de Gaulle, il participe au gouvernement en 1945-46 et de 1958 à 1969 il est ministre des Affaires culturelles. Érudit, passionné de psychologie de l’art et d’esthétique, il écrit de nombreux ouvrages de référence à propos de l’art : le Musée imaginaire (1947), la création artistique (1948), la Monnaie de l’absolu (1950), les Voix du silence (1951), le Musée imaginaire de la sculpture mondiale (1952-1954), la Métamorphose des dieux (1957). On lui doit cette définition de l’Art : « On peut aimer que le sens du mot art soit tenter de donner conscience à des hommes de la grandeur qu’ils ignorent en eux ».

Un jour, mon ex beau-père, bourru et maladroit avec les enfants, m’a dit, alors que j’étais en plein coeur d’une adolescence torturée : « quand une étoile meurt, une autre nait… ». Il parlait de Malraux, décédé à 75 ans, le jour même de ma naissance, et cette phrase, elle me suivra jusqu’à la fin de ma vie. C’était la première fois qu’un membre de la gent masculine croyait en moi. J’ai donc décidé de regarder de plus près cette étoile qui m’avait selon lui communiqué sa lumière. Et une phrase, parmi beaucoup d’autres, a retenu mon attention :

« Un homme est la somme de ses actes, de ce qu’il a fait, de ce qu’il peut faire… »

Donc acte.

Impromptus : La voie de la simplicité

Deux visages, deux regards qui ne se quittent pas, pour finir par s’abandonner dans un baiser profond, lent, intense. Les assauts de deux langues passionnées, qui entraînent avec elles l’ensemble des deux corps. A présent, tout ondule, les cheveux accueillent les souffles, les mains s’occupent en caresses, les bassins entament une danse sensuelle et les lèvres continuent leur découverte. Il n’y a plus rien autour d’eux, à peine une légère mélodie, qui parvient aux oreilles attentives, à l’affût d’un soupir, d’un gémissement, d’un mot lâché dans une expiration légère. Les battements des coeurs s’intensifient, le rythme des ventres en feu fait s’accroître l’impatience des intimités excitées, déjà plus qu’en attente. Les pétales de tissus tombent, doucement, pour laisser le champ libre à toute partie de l’un souhaitant s’aventurer dans un recoin, habituellement à l’abri des regards, de l’autre. L’exploration continue, ponctuée de soubresauts, sourires et oeillades chaudement complices. Les réactions sont vives et réciproques. Les envies se partagent et se savourent. A chaque fois différent. Et à chaque fois identique : tout coule de source, tout est naturel. Ils empruntent ce délicieux chemin qu’est la voie de la simplicité, et qui n’appartient plus qu’à eux dès qu’ils se retrouvent, charnellement comme moins ardemment…

Consigne : Redécouvrir La voie de la simplicité, et les différents chemins qui mènent en son sommet. Et être concis : limiter l’écrit à moins de 200 mots.

Je viens de finir…

De bons présages, Terry Pratchett et Neil Gaiman

Titre proposé par celui qui m’avait déjà embarquée sur le terrain de Bartiméus (dont je vais retrouver les aventures dès demain !) et dont les mérites m’ont été chaleureusement vantés. J’ai ma foi pris plaisir à accepter ce livre, à me plonger dedans et à faire exprès de mettre presque dix jours à lire les 50 dernières pages. Rappelez-vous.

En bref : La fin du monde. Y’a pas grand chose à dire de plus, je vous assure. Ah si ! Deux anges (un « blanc », un « noir »), des bébés, un petit garçon, 3 autres enfants, quatre cavaliers (les bikers apocalyptiques), une sorcière qui n’en est pas une, des inquisiteurs, des voix, le bien, le mal, une centrale nucléaire, une librairie, une Bentley, des boutons et de l’électronique. Voilà.

Le petit plus : L’humour ! J’ai souri, bien sûr. Mais j’ai ri également, et pas qu’une fois. Les dialogues, mais aussi les situations, les descriptions, des personnages et autres évènements, chaque tentative est réussie, les gags et mots marrants font mouche. Je ne sais pas qui a amené quoi dans la rédaction de ce bouquin, mais il n’y a pas de doute, les auteurs sont doués. Et puis, franchement, le thème est bien trouvé, l’issue également, quoiqu’un peu fadasse encore ici. Mais c’est normal, comme je le disais encore tout à l’heure, je suis très exigeante en matière de fin, rarement satisfaite à 100%.

Le petit moins : Si je mets à part la tiédeur des dernières pages, je parlerais de certains paragraphes. Au début, on a beaucoup de mal à retenir qui est qui et qui fait quoi, au milieu du bouquin, on a tout saisi et ça ne nuit nullement à la lecture de l’histoire. Par contre, je vais avouer sans honte avoir lu quelques dizaines de lignes de texte, deci delà, sans vraiment en comprendre l’utilité, le sens ou encore ce que ça pouvait bien apporter au récit. Mais comme la vieillesse n’arrive pas qu’aux autres, je ne me suis pas entêtée comme j’aurais pu le faire il fut un temps. Non, non ! J’ai passé mon chemin et continué tranquillement la découverte du fil passionnant qu’offre ce livre. Petit bémol donc, au final, et qui a peut être plus rapport avec mon neurone fatigué qu’avec l’ouvrage en lui-même…