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Rencontre fugace, teintée de malice et de curiosité, qui ne pourra avoir d’autre suite que celle du souvenir, impérissable.

Tag 123.5.5-2

Je sais, c’est facile d’alimenter son blog à l’aide de réponses à des tags… mais quand même, chose promise chose due ! Vous attendiez de pied ferme la suite de ce tag littéraire, je n’allais pas vous laisser sur votre faim… je sais, je suis généreuse…

Donc, une nouvelle fois, je vais partager avec vous un extrait du livre qui trône, non pas sur ma table de chevet, mais dans mon sac de voyage depuis quelque temps (et encore un certain temps, vu les minutes dégagées jusqu’à présent pour me livrer à ce noble art…) :

(avant, je vous rappelle la règle de ce tag : prendre un livre, l’ouvrir à la page 123, aller à la ligne 5 et recopier les 5 lignes qui suivent. Et citer auteur, éditeur et année d’édition de l’ouvrage)

Un jour, on donna une importante réception au consulat de Perse ; c’était pour chacun l’occasion d’exhiber son serviteur, et, par la même occasion, ses aptitudes. Au début, tout alla bien. Castor était juché sur l’épaule de Nathaniel sous l’aspect d’un chérubin grassouillet aux bonnes joues roses ; il avait poussé l’obligeance jusqu’à se vêtir d’une toge assortie à la cravate de son maître.

“L’oeil du Golem”, by Jonathan Stroud, Editions Albin Michel 2004. Titre original : “The golem’s eye”.

J’en suis à la page 99. Depuis dimanche dernier. Autant dire que je suis tout à fait à ma lecture…

Bon, ben… puisqu’il faut parler d’amour…

Alors que je n’ai pas terminé mes premiers tags (mais j’y pense encore et toujours, pour votre plus grand bonheur chers lecteurs), ma très chère Cacoune m’envoie vous conter mes cinq plus belles chansons d’amour (pas les miennes hein, celles d’autres mais que j’aime beaucoup beaucoup beaucoup)… alors, pas facile de sélectionner sur ce critère, mais en plus, avec mon neurone et ma cervelle de poule, autant dire que c’est mission délicate… mais je n’ai peur de rien ! Alors voici, pour le plaisir de tous, si, si, mes cinq extraits musicaux et romantiques (parmi des dizaines d’autres…) :

Chicago, If you leave me now, 1976

Véronique Sanson, Amoureuse, 1972

James Morrison, You give me something, 2006

Jean-Jacques Goldman, Je ne vous parlerai pas d’elle, 1983

Aretha Franklin, A natural woman, 1968

Ok, ok… je vous ai déjà servi certains morceaux, mais c’est pas ma faute à moi s’ils rentrent dans cette catégorie, hein, mierda…

A qui les suivantes ? Ben je sais pas trop… Je vais déjà prêter une page à Homéo pour ça, parce que je suis curieuse de connaître son choix, ainsi que celui de Yibus (tu peux le mettre en commentaire d’ailleurs, ne te sens pas obligé de faire un article exprès, vu ce que tu as fait des derniers tags… (plume s’en va en sifflotant, le regard en l’air) ) et puis… (regarde son netvibes fraîchement nettoyé attentivement), euh… Lislandais, pour lui faire payer de m’avoir si vite oubliée (joke 😉 ) et Ma Cocotte, dis, tu voudrais bien ? Hein, dis ? (laisse toi porter par les flux du moment, hé hé hé…) et pour finir, ben je vais envoyer le cadeau pas du tout empoisonné à… Reine des Pommes, pour qu’elle arrête de réfléchir un peu (c’est vrai quoi, non mais oh, depuis quand on réfléchit dans la blogosphère, hein ?). Let’s go !

Mon beau sapin, roi des BD

Mon futur virtuel (Ros‘ pour ne pas le nommer), a relayé un site très sympa sur son blog : Mon Beau Sapin.

Ce site, c’est un peu de pub (si, quand même… mais juste une léchouille, garanti), un soupçon de mécénat, une grosse louche de bonne idée, beaucoup de volontaires et une multitude de gens comme vous et moi qui vont pour une fois surfer généreusement.

Allez voir, je trouve le concept bien pensé, en espérant qu’il se vérifie au final, comme toujours…

Impromptus : Tout est musique (andante)

Premier tableau

Elle s’envole, légère, mordorée, diaphane. Elle tourbillonne, réalise des arabesques compliquées dans un ciel sans couleur, d’un blanc parfait, d’une éclatante pureté. Elle s’élève, puis redescend, jusqu’à frôler le sol de ses frêles extrémités, sans jamais le toucher réellement. Elle continue son voyage aérien et puise dans le souffle du vent l’énergie nécessaire à la réalisation de son périple. Elle virevolte, rend visite à son ami l’oiseau, dépose un baiser sur sa compagne la branche, jette un regard sans yeux vers l’horizon, son seul but à présent. La lumière décroît, doucement, sensiblement, lui donnant un éclat différent, encore plus doré, davantage précieux s’il est possible. Ses acrobaties se font plus audacieuses, au fur et à mesure que le vent la pousse, la soulève, la malmène avec de plus en plus d’intensité. Elle finit sa vie de la plus belle manière qui soit, en parcourant le monde et ses merveilles, donnant le sourire à l’enfant qu’elle croisera, une rêverie à l’adulte qui la contemplera, un jeu éphémère au chien qui tentera de l’attraper. Elle représente bien plus encore, témoin de ses ancêtres, symbole d’un renouveau à venir, elle met un terme à ce qui doit finir. Elle meurt dans une saison des plus douces, des plus chaleureuses de par ses couleurs, des plus sensibles de par les souvenirs qu’elle offre. Elle vit le dernier souffle de la brise qui l’accompagne dans une fin de journée aux teintes rose-orangées, parfait linceul de gaieté. La feuille d’automne s’en va, sans autre bruit que celui de son amant le vent, finir sa vie.

Second tableau

Il est paisible. Les images qui s’agitent derrière ses paupières n’ont pas raison de sa respiration apaisée. Et apaisante. Le simple fait qu’il soit à proximité, là, à quelques centimètres de moi, me tranquillise. Il me rassure. Avec lui, je n’ai plus peur. Plus rien ne peut m’arriver. Je regarde mon ange se ressourcer. Après avoir puisé dans mes bras l’énergie de l’amour, il récupère dans ceux de Morphée, pour être encore plus vaillant, plus chevalier servant, demain dès l’aube. Il se sert de ce qu’il pêche au cœur de la nuit pour panser mes blessures. Elles sont nombreuses, mais ne lui font pas peur. Il est résistant. Bien plus résistant que ces sales petites plaies béantes, ne donnant comme spectacle que méfiance et crainte. J’ai commencé à me soigner seule, puis j’ai bien vite compris. Je ne le savais pas, avant. Mais dès lors que je l’ai lu, dès lors que je l’ai laissé poser sa main sur moi, dès lors qu’il m’a chuchoté ses mots à mon oreille, j’ai su. La vie se vit pour soi. Mais la vie se profite à deux. Et plus, si affinités. Je le regarde se reposer, reposant. Aussi doux qu’une envolée de notes au piano, aussi tendre que l’herbe au printemps, aussi dévoué qu’un ami de cent ans. Je laisse mes doigts glisser dans ses cheveux courts, je ferme les yeux. J’écoute. Son souffle éveille des milliers de choses en moi. Sa peau me parle, m’appelle, m’aime, me désire. Il bouge, un peu. Je dépose un baiser sur ses lèvres, léger. Il bouge à nouveau. Sa main droite se raccroche à ce qu’elle trouve, sa main gauche se pose instinctivement sur ma joue. Il sort de son sommeil comme il est entré dans ma vie, vite et en toute beauté. Il me sourit. Je m’abandonne.

Troisième tableau

Le paysage défile à toute vitesse derrière la vitre embuée. Les gouttes de pluie se pressent contre le carreau et modifie les images qu’elle perçoit par la fenêtre. L’autoroute est déserte, le ciel est gris et bas. Il fait froid, derrière la chaleur artificielle qui étouffe l’habitacle. Il fait froid à l’intérieur d’elle aussi. Elle se pelotonne contre son siège, tentant de se réchauffer un peu. Elle se laisse bercer par les bruits et les mouvements de la voiture. Elle commence à s’assoupir. Pour être à moitié réveillée par un morceau de piano. C’est l’autoradio ou sa mémoire ? Elle connait cet air, il l’a bercée plus d’une fois. Coïncidence ? Attentive, elle déguste les notes une à une, sans même chercher à se réveiller totalement. Elle plonge dans un univers qu’elle a quitté il y a bien longtemps déjà. Il y fait chaud, quelque soit le jour de l’année. Elle y entend des rires d’enfants, un chant féminin, réconfortant. Elle y sent des odeurs de cuisine douces et tenaces. Elle y voit des jeux, des marelles et des balançoires. Elle se souvient des arbres, des pelouses, des rosiers. Et de la cabane. La cabane. Celle-là même où… son cousin, son amour, son chéri, lui a ôté ce qu’il lui restait d’innocence. Le dernier jour passé dans cette oasis. Le dernier jour qui marquera à jamais le reste de sa vie. Elle ne lui en veut même pas. Elle a pitié de lui. Que de chemin parcouru pour en arriver là… La chose qu’elle regrette le plus, c’est de n’avoir jamais pu remettre les pieds dans cet espace éclatant de vie, refuge de ses souvenirs et berceau de sa blessure. La musique s’est arrêtée. Elle ouvre les yeux, la pluie est toujours là.

Consigne : « Tout est musique. Un tableau, un paysage, un livre, un voyage ne valent que si l’on entend leur musique. » (Jacques de Bourbon Busset). Laissez cette plage musicale vous inspirer un récit, une histoire, un sonnet, un poème, une chanson… Andante à écouter chez Ondine, qui (re)produit de superbes choses…

Le second tableau est une dédicace personnelle…

Impromptus : C'est par où ?

– … sépare ou…?

Je n’entends que la fin de sa phrase. Jusqu’à la matérialisation de ces mots dans mon oreille, puis dans mon cerveau, les idées erraient sans but, partant dans tous les sens, parfois à contresens, en pleine déraison. Je n’ai pas besoin de lui faire répéter. Je sais qu’elle va le faire d’elle-même, rien qu’en voyant l’expression de mon visage tourné vers le sien. Oui, je sais de quoi il en retourne : puis-je vraiment espérer quelque chose de cette histoire moribonde ? Ai-je réellement le droit de prendre en otage des êtres humains qui ne demandent rien d’autre que le droit d’être heureux ? Je n’y crois plus moi-même. Mais je ne veux pas ne plus y croire, je me l’interdis. C’est écrit, c’est l’amour de ma vie. Et si ce n’est pas l’amour, c’est ma mission. Coûte que coûte, même au prix de sa peau, et à celui de mon âme. C’est ridicule. Je m’en rends compte. Parfois. Et ce sont ces fois-là où j’attends la réponse à la principale question, celle qui me permettra de mettre un terme à tout cela (où est la sortie ?). Je l’attends toujours (libérez-moi, je vous en conjure…).

– Monsieur ? Monsieur ! Les deux petits qui se chamaillent tout le temps, on les sépare ou… ?

C’est l’ATSEM. Nous sommes en classe (nous sommes en classe ! Je suis pétrifié). Maternelle, moyenne section. Je dois absolument tout arrêter. Tout. Je deviens fou. Ce soir.

Consigne : Après tant de circonvolutions autour de la rondeur de vos jours, nous nous trouvons maintenant tout étourdis ! Perdus que nous sommes, nous nous demandons donc : C’est par où ?
Une petite contrainte supplémentaire à vos écrits : vous devrez nous montrer la route en utilisant obligatoirement 2 des 5 mots suivants écrits dans leur orthographe normale au singulier ou au pluriel : azimut, vecteur, but, contresens, déraison.

Impromptus : La rondeur des jours

La rondeur des jours s’expriment sur mes hanches, sur mes seins, sur mes bras. La rondeur des jours se lit dans mes yeux, dans mes gestes, dans mes peurs. Elle y trouve un sens malsain. La rondeur des jours a existé parce que je n’existais plus, calquant mon rythme biologique sur les jours qui passent inlassablement, semant rondeurs après rondeurs. Seconde après seconde, miette après miette, minute après minute, bouchée après bouchée, heure après heure, crise après crise, jour après jour. La rondeur des jours ne se quantifie ni en temps, ni en poids. On la soupèse en maux. Elle se livre crue, puis se déguise, se maquille, se travestit. Pour les uns routine, quotidien et ennui. La boucle est bouclée quand les enfants sont couchés et le réveil du lendemain réglé. Pour certains piquante, goûteuse et onctueuse. La boucle est bouclée quand les sens sont apaisés et les muscles relâchés. Pour d’autres bonheur, bonne humeur et chaleur. La boucle est bouclée quand les intimes sont aimés et les projets plus avancés. Il reste des âmes en perdition dans différentes boucles d’addiction, des roulés de la vie qui n’ont plus qu’une seule envie, une non-vie. Des meurtris de l’existence pour lesquels tout nécessite œillères et endurance. La rondeur des jours, douce au son, tiède à la lecture, douillette en bouche, n’est que l’expression d’une misère devenue banale. La mise en mots d’un trouble à conséquences, d’une souffrance plus vive chaque jour. La boucle est bouclée, c’est la rondeur des jours.

Consigne : vous allez devoir écrire sur « La rondeur des jours. » En prose ou en vers, racontez-nous les sentiments, les souvenirs, les émotions que peut vous inspirer cette belle expression. Nb : « La rondeur des jours » est le titre d’un recueil de nouvelles de Jean Giono. dont voici les premières phrases : Les jours commencent et finissent dans une heure trouble de la nuit. Ils n’ont pas la forme longue, cette forme des choses qui vont vers des buts : la flèche, la route, la course de l’homme. Ils ont la forme ronde, cette forme des choses éternelles et statiques : le soleil, le monde, Dieu. Cette citation n’a d’autre but que de vous donner l’idée de ce que l’auteur entendait par cette expression : chaque jour se boucle sur lui-même, chaque jour est « rond ». C’est votre propre perception qui guidera votre plume.