Impromptus : La rondeur des jours

La rondeur des jours s’expriment sur mes hanches, sur mes seins, sur mes bras. La rondeur des jours se lit dans mes yeux, dans mes gestes, dans mes peurs. Elle y trouve un sens malsain. La rondeur des jours a existé parce que je n’existais plus, calquant mon rythme biologique sur les jours qui passent inlassablement, semant rondeurs après rondeurs. Seconde après seconde, miette après miette, minute après minute, bouchée après bouchée, heure après heure, crise après crise, jour après jour. La rondeur des jours ne se quantifie ni en temps, ni en poids. On la soupèse en maux. Elle se livre crue, puis se déguise, se maquille, se travestit. Pour les uns routine, quotidien et ennui. La boucle est bouclée quand les enfants sont couchés et le réveil du lendemain réglé. Pour certains piquante, goûteuse et onctueuse. La boucle est bouclée quand les sens sont apaisés et les muscles relâchés. Pour d’autres bonheur, bonne humeur et chaleur. La boucle est bouclée quand les intimes sont aimés et les projets plus avancés. Il reste des âmes en perdition dans différentes boucles d’addiction, des roulés de la vie qui n’ont plus qu’une seule envie, une non-vie. Des meurtris de l’existence pour lesquels tout nécessite œillères et endurance. La rondeur des jours, douce au son, tiède à la lecture, douillette en bouche, n’est que l’expression d’une misère devenue banale. La mise en mots d’un trouble à conséquences, d’une souffrance plus vive chaque jour. La boucle est bouclée, c’est la rondeur des jours.

Consigne : vous allez devoir écrire sur « La rondeur des jours. » En prose ou en vers, racontez-nous les sentiments, les souvenirs, les émotions que peut vous inspirer cette belle expression. Nb : « La rondeur des jours » est le titre d’un recueil de nouvelles de Jean Giono. dont voici les premières phrases : Les jours commencent et finissent dans une heure trouble de la nuit. Ils n’ont pas la forme longue, cette forme des choses qui vont vers des buts : la flèche, la route, la course de l’homme. Ils ont la forme ronde, cette forme des choses éternelles et statiques : le soleil, le monde, Dieu. Cette citation n’a d’autre but que de vous donner l’idée de ce que l’auteur entendait par cette expression : chaque jour se boucle sur lui-même, chaque jour est « rond ». C’est votre propre perception qui guidera votre plume.

9 réponses sur “Impromptus : La rondeur des jours”

  1. alors là, je suis scotché… C’est très très beau et on pourrait le lire à haute voix que ce serait encore plus fort…

    La rondeur des jours. Plus tard.

  2. La rondeur des jours, c’est cette courbe qui se replie sur moi et m’empêche d’avancer, me ramenant toujours au même point de départ. La rondeur des jours, c’est cette bulle opaque qui se courbe sur mon horizon, obscurcissant la vue avec le sommeil, la fatigue et la nuit. La rondeur des jours, c’est cette absence de ligne de fuite toute droite pour s’échapper, cette absence de cassure et d’angle droit pour faire volte face. La rondeur des jours c’est un labyrinthe de bruits blancs.

    Bon, je dis ça mais je vais bien hein…

  3. La rondeur des jours, c’est une ronde à déjouer. Lever, matin, café, enfants à lever, à habiller, à nourrir, à préparer, à embrasser. Puis l’ordinateur, je consulte, je lis, j’apprends, je m’emporte et revient sans arrêt aux mots… Le midi passer à grande vitesse, les après-midi s’ornent des rires des petits, la fatigue pointe son nez et le soir arrive sans peine placer le point rond et final de la journée. La rondeur des jours m’exaspère, alors, c’est terminé, je ne joue plus… Je les veux carrés, ces jours. Si possibles avec quatre angles droits que je puisse y placer des projets, des morceaux de choses à faire (enfin, terminer quelque chose au lieu de toujours aller voir ailleurs, sur le labyrinthe d’Internet, à tourner en rond d’un site à l’autre)… Et puis ces jours bien carrés, bien propres, j’en ferais une nappe cihy, mais bleu et blanche (je préfère le bleu hein ?), ou bien je les entasserai, jour après jour dans une boîte orange, un beau quadrilatère pas en forme de terre… Un qui range, qui classe, qui note au fur et à mesure les tâches accomplies.
    J’ai besoin de jours carrés, d’angles de vue, je mers de passer à l’attaque des heures ensoleillées. Dès demain, c’est juré, je m’achète une horloge carrée.

  4. je suis en train de réaliser que je n’ai pas commenté ici alors y’en a qui vont penser que je suis impolie …. mais non je t’ai déjà dit ce que j’avais à te dire , ailleurs…..et puis il me fait trop mal au bide celui là alors je commente pas 2 fois 😉

  5. Homéo, tu peux commenter les Impromptus de qui tu veux, tu es chez toi ici 😉

    Merci à vous, 502 et Yibus, pour vos contributions : elles me touchent particulièrement.

    Merci à vous tous, vos commentaires sont estimés à leur juste valeur…

  6. @Plume merci madame…
    @502 ton texte a quelque chose de surprenant que je n’arrive pas à exprimer (bien la peine de demander l’autorisation de commenter si c’est pour ne pas savoir ce que je veux dire!) mais j’ai bien aimé te lire dans un autre registre…. (oui lectrice ou voyeuse silencieuse…)
    @Yibus voilà tout pareil … j’en ai marre de leur moquette moelleuse, de leurs amortisseurs chewing gum, de leur mollesse d’esprit…. du dur, du rude, du « rallage » vite !!!!!!!

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