Impromptus : Comme dans l'étranger

Aujourd’hui maman est morte. Même si elle doit encore squatter chez mes frères la semaine. Même si elle doit encore paraître une des femmes les plus sympas possible à son travail. Même si elle doit encore être à l’ouest concernant ses finances. Même si elle doit encore imaginer une maison qui lui ressemble. Même si elle doit encore espérer des jours moins durs. Même si elle doit encore manger chinois chaque dimanche. Même si elle ne pense à aucun de ses enfants aux anniversaires et aux fêtes. Même si elle doit encore penser qu’à sa prochaine visite chez sa propre mère, elle pourra nous voir pour l’occasion. Même si elle doit encore être la gamine de seize ans qui à pourtant enfanter cinq fois. Même si elle doit encore être à des millions d’années lumière du commun des mortels. Même si elle doit être convaincue du contraire. Même si elle doit encore penser à moi comme à de la vermine ingrate. Ou peut-être pas. Aujourd’hui, maman est morte.

Consigne : Nous vous proposons de revisiter « L’étranger » d’Albert Camus.Ecrivez un texte, en prose ou en vers, démarrant par le célèbre incipit de ce roman : « Aujourd’hui maman est morte » avec la possibilité de remplacer maman par le personnage de votre choix. (Exemple : « Aujourd’hui le prince Isidore est mort ».)

8 réponses sur “Impromptus : Comme dans l'étranger”

  1. Ben si t’avais commencé par « Aujourd’hui, le petit chat est mort », t’aurais fait la nique à la fois a Camus et à Molière 😉

  2. En même temps c’est bien tout l’interêt de cette phase (si je me souviens bien de ce que j’ai appris au lycée) : de la futilité aux équivoques … Selon cette phrase tu as de toute facon – je le sais de source sure – connu la mort d’au moins un petit chat 🙂

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