Impromptus : Le miroir et le diable

A trop se regarder dans le miroir, on finira par y voir le diable.

Je n’ai pas à attendre longtemps. Il est toujours là, en moi. Tapi dans l’ombre ou sur le devant de la scène, il rythme mes interventions auprès de la gent masculine. Tantôt séducteur, tantôt castrateur, il prend un malin plaisir à utiliser mon enveloppe corporelle, mon cerveau, mes doigts, mon sexe, pour arriver à ses fins. Il ruse, il use, il usurpe. Il devient dentelle et cuir, couleurs et transparence, plaisir et douleur. C’est lui qui m’a fait suivre cet inconnu dans ce jeu sans fin. C’est encore lui qui m’a fait me jeter à corps perdu (pour perdu) dans une histoire sans lendemain, mais divine de supplices charnels. C’est de même lui qui m’a donné le courage de poursuivre cette relation ambigüe et en pointillés. Il m’insuffle les envies, je les mets en œuvre, les savoure, les digère, m’en repais. Il me serine les principes fondamentaux d’une vie de débauche, il m’assène des vérités de stupre et de luxure, il m’apprend les dogmes de son culte, totalement voué à l’érotisme. Entièrement sous son emprise, je ne suis à la recherche que d’une chose au quotidien, calmer le feu, apaiser la chaleur qu’il met constamment dans mes entrailles, au plus profond de mes chairs. Il me colle des caprices d’impudeur, des faims d’indécence, des soifs de lubricité. Je n’ai jamais assez de voir l’homme, de l’entendre râler, de sentir pulser sous mes mains l’objet de mes désirs les plus fous, de trembler sous la force d’assauts vigoureux et de fouilles abyssales. Je n’ai pas besoin d’attendre. Je suis lui. Il est moi. Quand je me regarde dans le miroir, c’est bien cela que je vois : un diable aux yeux bleus, jean et converse, le verbe facile et la langue déliée. Pour votre plus grand plaisir.

13 réponses sur “Impromptus : Le miroir et le diable”

  1. Naaaaannnn pas de Converse !!!!!
    C’est tue l’amour les Converse.

    Ceci dit s’il n’y a que ca … Quand tu veux 🙂

  2. Il me semble que le miroir, au Moyen-Age, était appelé parfois « le cul du diable ».

    Mon commentaire était vraiment très intéressant

  3. Cet être semble être assez proche de ce que je me plait à appeller le « sens pratique », si seulement tous en faisait autant au lieu de faire taire ces doux murmures …

  4. Mon Canard, tu viens de le faire…

    Chagas, je peux t’assurer que les Converse, c’est pas tue l’amour du tout.. ou alors, je rêve toutes mes étreintes.

    502, vos commentaires sont toujours très intéressant. Mais si.

    404, dormez un peu cher ami, ça vous fera le plus grand bien…

    (à quand 301 ?)

    Homéo, à ton service !

    Sand, ça décoiffe comme commentaire ! Yes !

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