Impromptus : Décalage

Attention, âmes en berne, s’abstenir…

Dans un univers parfait, deux mondes se rejoignent et vivent intensément des milliers d’années une symbiose idéale, juste le temps pour eux de se rendre compte que leur contact rapproché n’a fait que pourrir l’intérieur de l’autre, comme une orange force la pomme à mûrir, l’humidité la carotte à se décomposer, l’oubli les pommes de terre à germer.

Des mois entiers de soleils imaginaires et de nuits profondes, de vie verte ou multicolore. Des orages intenses et des tourbillons délicieux, des poissons dans l’eau et des bêtes à cornes dans les montagnes. Quelques centaines d’années d’étincelles, de corps célestes en suspension, magnifiques astres brillant de tous leurs feux, témoins d’illusions partagées et de sincérités vécues.

Rien ne dure…

Ainsi va la vie, même dans les mondes issus de galaxies lointaines, où nos règles n’ont pas loi. La rouille ronge le métal… les microbes infectent les plaies… le virus se propage pour détruire le meilleur qui existe en chacun des mondes. « Il » se nourrit de leur énergie vitale, aspire jour après jour toute source de vie qui a pu y trouver place. Il n’en laisse plus que l’écorce presque aride, quasi-inerte, une croûte à deux visages, l’un mort et l’autre en hologramme, intact aux yeux de tous.

Alors qu’à l’intérieur, rien n’est plus, on peut encore voire  deux mondes d’apparence saine, sans se douter une seconde de ce qui se trame au coeur même de leur noyau respectif. Absolument rien pour l’un, le vide, le néant, l’absence. Et un marasme grouillant de choses laides et puantes, donnant l’illusion d’une vie, misérable mais une vie quand même, pour l’autre. Le moins chanceux finalement.

Un décalage de mondes, en somme. Un décalage de vie.

Consigne : Inspirez-vous librement de cette photo pour nous écrire une histoire ou un poème qui devra néanmoins comporter obligatoirement le mot décalage.

11 réponses sur “Impromptus : Décalage”

  1. Moi, je suis un peu en décalage neuronal en ce lundi matin, mais j’ai apprécié ta plume alerte et ton propos métaphorique (heu, ça se dit ce truc ?!!) et je ne relèverai pas le défi…

  2. Il fait beau dehors, le soleil brille, les oiseaux pourraient presque chanter (mais bon je suis à Paris), et curieusement on s’en fout… Pfff, elle me retourne cette histoire…

  3. Deux âmes atypiques, les opposés s’attirent vous auront dit les sages
    Pourquoi toi, pourquoi moi ? en quête de notre autre.
    Ce fut la découverte ô combien surprenante de dissidents rivages,
    Réunis en un seul pour devenir le nôtre .

    Que de sentiers parcourus côte à côte, l’un devant l’autre à l’ombre,
    Entraînant à leurs suite les ciments de leur route,
    Affairés à les faire grandir, chacun dans sa pénombre,
    Faisant fi des non-dits, s’interdisant le doute.

    Les accrocs, les silences, les répits, les déserts suppliants
    L’un pleure se débat, l’autre agit en fuyant, perpétuel décalage
    D’un dialogue de sourds devenus mal voyants
    Et puis c’est le chaos sournois et destructeur qui surgit avec l’âge.

    L’un le portait en lui depuis déjà longtemps, le ruminant amèrement,
    L’autre n’a rien vu venir malgré les nombreux signes,
    Trop courbé, gravissant sans faillir plus haut au firmament
    Descente vertigineuse, un regard douloureux qui assigne.

    Nous voilà face à face, à la croisée des chemins parcourus,
    Devoir faire le tri entre nos deux carcasses, tenter d’inventorier,
    Ce qu’il reste à chacun pour, le printemps venu,
    Faire germer des cendres, reconstruire deux êtres prêts à ré exister.

  4. tu sais quoi ? j’ai rien compris …. alors j’aurais pu ne pas commenter mais après tu le vois et tu gueules …. bref j’ai pas compris ton texte, mais c’est pas grave !
    🙂

  5. Allez une platitude de plus – je ne suis plus à un truisme près : ‘la vie est une merveilleuse absurdité’.

  6. J’avoue comprendre le sentiment qu’éprouve Homéo… J’irai pas jusqu’à dire que je n’ai rien compris, moi, non, quand même pas, mais ton texte donne quand même une impression de flottement, dans ce monde qui semble parallèle (encore que le parallélisme comprend certaines conditions spatiales qui à, semblent n’avoir pas cours)… Mais en tous cas, ça excite l’imagination! 😉

  7. L’impuissant contemplait le pilier de modernité
    Et si j’abats tous leurs pilers
    mettre à bas toutes leurs superstructures matérielles
    réduire à néant leur ouvrages cracheurs de miasmes
    ils recherchent le bonnheur et ne font qu’accumuler des résidus imperissables
    décalage pathétique entre la volonté d’acquisition et de perfection
    face à la simple harmonie de l’être compris dans son monde
    Je ne dérangerais pas leurs chateaux de certitudes artificielles
    Le sage aspirait Juste à être et vivre le chaos vivifiant
    peut être des brebis s’égareront elles enfin de leurs voies fantomatiques atteindre la hauteur de l’humble , juste à temps
    pour accepter la fin du cycle comme une péripétie de l’univers .

  8. Bonjour à tous,

    Evidemment, il y a métaphore et idées moins saugrenues dans ce texte… merci à ceux qui y auront été sensibles.

    Mamzellescarlett, tout se dit dès lors que c’est pensé (ouh la la, je suis trop philosophe ce matin moi !) merci pour le compliment 🙂

    Julie, que dire de ta composition ? Je suis ravie que tu sois revenue lâcher ces mots, et m’étonne de la proximité qu’ils ont avec mon sujet, quelle rapidité de surcroît : reviens quand tu veux t’exercer de la sorte, c’est un plaisir.

    Homéo, c’est parce que je suis trop soupe au lait, mais tu aimes bien quand je gueule… n’est ce pas ma douce ?

    Chagas, bien trouvé quand même… tu te fais rare, dis moi…

    Fab Fab, heureuse d’avoir excité quelque chose en toi 😉

    MarieM, chapeau bas, tu as réussi à coller à la photo en plus, c’est saisissant…

  9. J’hésitais entre merveilleuse et étrange. Comme je vis un peu dans le monde des bisounours le premier l’a emporté.

    Sinon je ne suis pas très loin Plume. Je veille 😉 Et je pourrais te retourner le compliment :o°
    Et je t’ai envoyé un mail pour lequel j’ai pas de nouvelle.
    Et il y a du nouveau sous d’autres « cieux », là ou je m’investit un peu pour rigoler 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *