Parce qu’il n’y a pas de hasard…

J’ai été bercée à ce son, chanson du soir fredonnée à voix basse pour m’endormir, sur la platine disque du dimanche matin tardif, pour m’éveiller tranquillement, des après-midi pluvieux à l’odeur d’encens et de thé fumant, au milieu des cigarettes grillées autour d’un scrabble ou d’un jeu de tarot en action… à l’époque où le mot « maman » voulait encore signifier quelque chose.

C’est le premier extrait musical qui m’a entendue faire mes harmonies de débutante, m’attaquant à du lourd, au grand dam de ma prof’ de chant. Je n’ai jamais réellement maîtrisé toutes les nuances de l’exercice.

C’est la chanson que j’ai écoutée si souvent, lorsque les paroles collaient à mon présent du moment, versant des larmes brûlantes, respirant l’air toxique exhalé par mes pensées noires, sombrant, doucement… jusqu’à m’endormir de songes psychédéliques.

C’est la reprise qui me voyait toujours y mettre beaucoup de mes tripes, plus que de raison, ce qui faisait qu’elle rendait tellement bien… à l’acoustique, à deux, en harmonie, au moins là. Et le sourire, timide et las, d’avoir réussi à dérouler les paroles, et placer les notes là où elles étaient difficiles à accrocher.

C’est le morceau que j’ai découvert sur mon i-pod après des trublions de la chanson française, comme une goutte d’acide après le nuage rose, me rappelant aux bons souvenirs évoqués ci-dessus. Et une pensée multicolore sur l’instant, pour celui qui l’avait posée là, avec une vague idée de ce qu’elle pouvait représenter pour lui.

La surprise inattendue d’une compil’ que je mets fréquemment sur mon lecteur, présent envoyé par un presque anonyme qui le devient de moins en moins, et qui m’a livré, avec cette chanson et toutes les autres, un peu de lui. Je l’ai pris comme un geste particulier. Il l’a été pour moi, quoi qu’il arrive.

Des paroles, une mélodie, une ambiance, des ressentis qui continueront à m’accompagner, jusqu’à la fin.

Pour clore ce billet tout en joie et bonne humeur, un second extrait, pour lequel j’ai un petit faible, à les voir presque vingt ans plus tard, avec des voix toujours aussi bien unies, avec quelques imperfections touchantes, et une prestance intacte.

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