La brève du vendredi (dont tout le monde se fout mais quand même)

Oui, c’est de saison ! Oui, je suis coutumière de chaque occasion de faire la fête ! Surtout quand je peux y associer ma brochette de petits mecs… Alors chaque année, depuis trois ans, j’organise une soirée pyjama d’Halloween. On invite une demi-douzaine de copains, on établit un programme sur 24 heures, on décore la maison d’orange, de noir, d’araignées et de monstres et c’est parti !

De la fabrication de lumières hantées à la course aux chaudrons baveurs, du buffet sanglant au film qui fait peur, plus un petit tournoi mortel de Wii matinal et un goûter de restes moisis, l’ambiance était là. Un article SMIP ou Ami lecteur est en préparation, je ne sais pas encore de quelle manière je vais le tourner.

Je profite donc de cette semaine de vacances avec mes loups, sans même savoir si le grand méchant loup les prendra sa semaine à lui (et visiblement, monsieur fait dire qu’il a du travail, lui, il est pas en vacances… no comment…), je profite ! Je ne sais pas chez vous, mais ici, Halloween, sans battre son plein, est quand même l’occasion de voir défiler les gamins du quartier au portillon… je vais de ce pas acquérir ce qu’il faut pour les faire gerber jusqu’au retour à l’école ! (bah quoi, c’est pas ça l’esprit halloweenesque ?)

Note pour plus tard

Ne pas laisser ses brouillons  de blog sans les horodater quand on gère une soirée pyj’  d’Halloween de + de 24 h.

parker lewis

Sinon, comment rattraper le retard de publication et se retrouver dans la pseudo-organisation dudit blog quand les jours plus calmes reviennent ? (et ne pas laisser les lecteurs errer comme des âmes en peine sur ces pages…)

La brève du vendredi (dont tout le monde se fout mais quand même)

Il pleut des cordes depuis hier midi ! Il y a même une alerte qui est donnée sur le département voisin jusqu’à demain matin, le ciel pleure sur son Sud et il le fait pas à moitié… mais moi, j’aime. Ces jours de pluie, avec un petit ciel bas et contrasté, qui teinte d’argent le revers des feuilles toujours en place sur les arbres encore verts, me donnent des envies. Celles auxquelles vous pensez, bien entendu, mais aussi de cocooning et, de manière plus saugrenue… d’organisation.

Le temps pluvieux, mais le vrai hein, pas la pluie maussade que l’on peut appeler crachin par exemple, la battante, la diluvienne, la torrentielle, celle-là, elle me donne des ailes. Des envies de me surpasser, des ondes d’énergie et des idées pour être encore plus efficace. Aujourd’hui encore, ça fonctionne toujours. Alors ce sera dans des domaines très variés, certains visibles, d’autres non parce que jardinés secrètement, mais la muse est là, alors l’artiste travaille…

Oui, parce que pour l’écriture aussi, ça marche pas mal… Une inspiration composée d’air frais, d’eau qui nettoie sur son passage, de nature qui reprend ses droits et se fait entendre, de rues désertées et de routes brillantes de nectar céleste. Une odeur particulière, d’herbe mouillée et de terre détrempée, de sous-bois de mon enfance et de jardin d’il n’y a pas si longtemps… tout cela me fait fourmiller d’idées.

Aaaahhh… la pluie…

Note pour plus tard

Ne pas se forcer à manger de pâtes aux fruits de mer  quand on se sent patraque avant même de commencer.

parker lewis

Sinon, comment réussir à ne pas avoir mal au bide toute la nuit, des spasmes accompagnés de nausées bien comme il faut ? (et ne pas vomir au petit matin blême, juste pour clore le processus…)

L'impromptu du lundi : Appareil photo

Qu’est ce qu’il fait chaud ! Je ne sais plus bien depuis combien de temps je suis enfermé là-dedans, mais ça commence à faire long. Relégué au rang d’un simple paquet de mouchoirs ou d’une poignée de bonbons à la menthe, je vous jure. Je regarde mes compagnons d’infortune et peux identifier quelques cartes routières dans le fond à droite, ainsi qu’une sélection de CD vers la gauche. A l’étroit, et dans le noir. L’idée de faire fonctionner mon flash me titille, mais on m’a carrément éteint, même pas laissé la fonction veille. Economie d’énergie qu’elle disait. Economie d’énergie, peut-être, en attendant, moi, je m’ennuie ferme.

La boite à gants me rend claustro, mais y’a pas à dire, rester inactif et à l’abri de toute source de distraction facilite la méditation. Sauf qu’à trop détendre ma carte SD, de vieux souvenirs me reviennent en mémoire. Vous pensez, elle me décharge jamais… Alors les quatre derniers mois de sa vie, moi, je peux encore facilement m’en rappeler… Suffit que j’aille faire un tour dans les premiers clichés enregistrés, et je vous fais le remake de sa triste existence. Oui, parce que c’est pas joli joli ce qu’il lui arrive, à la dame. Oh, elle a rien demandé, pour sûr, mais bon, encore ce matin, elle était pas très souriante quand elle m’a attrapé au fond de son tiroir à lingerie.

Les premières prises de vue ont été réalisées pendant l’été. Quelques jours de vacances partagés avec son mari, et immortalisés de la plus belle manière : grâce à moi. Quelques vagues, deux ou trois prairies, sans oublier marché de village, animaux et couchers de soleil. Un portrait par-ci, un autoportrait par là, un baiser volé, voire… oui, un soir, l’ambiance était plutôt chaude. Après des photos prises sur la plage où on les voit à moitié nus (et complètement ivres, quand on connait la dame, cela va de soi), je me suis retrouvé à mitrailler des morceaux de chair dans tous les sens et sous toutes les coutures. Si la dame est plutôt agréable à regarder (j’en ai vu passer des modèles devant mon objectif), la multiplication ajoutée aux poses donnaient plutôt la nausée (je me voyais déjà bloquer ma carte en signe de contestation, mais vu comme ils sont technophiles les deux loulous, j’ai révisé ma position de peur de me faire carrément remplacer).

Au retour de vacances, ce sont les enfants qui ont fait les frais de la traditionnelle photo de rentrée des classes. Sagement installés devant le mur de la maison familiale, un beau sourire accroché à leurs lèvres, ils ont écouté sagement leur maman jusqu’au bout, sans rechigner. J’ai également officié dans la cour de récréation et dans les salles de classe, histoire de. Le début des activités extrascolaires est également une bonne occasion de dégainer les photos. En tout cas, la dame, elle, elle aime beaucoup. Le foot, le judo, la danse classique, la musique, tout y est passé. Ah, peut-être pas… je crois qu’elle a zappé le club d’échecs cette année, à moins que le grand n’y aille plus, allez savoir. Bref, la vie suivait son cours, comme pour les deux années précédentes déjà passées en sa compagnie. Le petit train-train de madame tout le monde, avec ses hauts, ses bas, sa vie de maman et sa vie de femme (plutôt bien remplie, hein, près d’une quarantaine de clichés pornos au total pour la dame).

Il y a quand même eu un petit changement cette année. Vers la fin du mois de septembre je crois. Oui, c’est ça, n°1276 à 1285. Dix petites photos bien sympathiques. D’une toute autre élégance que celles que j’ai pu voir jusqu’à présent dans le domaine. C’est le mari qui m’avait pris ce jour-là. Je m’étais dit que c’était sûrement pour faire une surprise à la dame ou pour m’amener à son travail, comme il l’avait fait en début d’année pour la galette des rois de son service. Mais quand j’ai aperçu les murs violets de la chambre d’hôtel qu’il avait réservée pour passer un bon moment avec un joli petit lot, j’ai tout de suite compris. En quatre elle s’est mise. Et même plus. Ravissante et obéissante, moins coincée que la dame et surtout, excessivement aguicheuse. Rapide mais efficace, j’ai aussi pu profiter du spectacle quand il a oublié de m’éteindre. Aaaah, la fonction veille, bénie sois-tu.

Le hic, c’est que le mari, rappelez-vous, il est pas très au fait des nouvelles technologies, et même des anciennes puisque je fais bientôt partie des appareils que l’on qualifie tendrement d’obsolètes. Alors le mari voyez-vous, ben dans sa précipitation pour tout éteindre en entendant sa femme rentrer plus tôt de son cours de fitness, il a oublié de supprimer les derniers clichés de la carte après les avoir récupérés sur son ordinateur portable. Et devinez quoi… quand la dame m’a repris sur la console de l’entrée pour photographier son cours de yoga, elle a pas été déçue du voyage quand elle a repassé les dernières prises sur l’écran de contrôle devant ses copines. Ca a soupiré, soufflé et même pouffé, ces garces, dans le dos de la dame. Elle, ses larmes coulaient sans qu’elle dise rien. C’est quand elle a commencé à suivre son mari en m’emmenant avec elle que j’ai compris que ça allait mal finir.

Trois semaines, ça a duré. Elle mangeait plus, je le sentais bien à ses doigts qui devenaient tout osseux. Elle tremblait tellement que même ma fonction de stabilisation n’arrivait pas à atténuer les imperceptibles mouvements. Elle était hystérique : dès qu’elle le voyait en compagnie du joli petit lot, elle partait dans une chanson d’injures et de menaces en tous genres. On a fait des kilomètres comme ça, à le traquer et à le prendre en photo avec sa maîtresse. Dès le premier jour, la dame avait les photos qu’il lui fallait pour avoir la confirmation de ce dont elle avait déjà bien pris conscience en dix images parfaitement explicites, mais il avait fallu qu’elle se fasse souffrir encore et encore. Jusqu’au jour où ma batterie a lâché. Je n’ai pas pu l’accompagner dans son délire quasi-quotidien (il tenait la forme le mari, et son petit lot aussi) et le temps qu’elle trouve une remplaçante à ma fidèle compagne soudainement morte, elle avait passé un cap.

Elle avait visiblement décidé de ne pas se contenter de prendre des photos de son fautif de mari en charmante compagnie, pour se repasser chaque prise de vue le soir sur son portable et ainsi continuer à prendre conscience du gâchis qui se construisait chaque jour. J’ai compris quand elle m’a amené avec elle chez l’armurier. Elle sortait du café qui faisait face à l’hôtel du lundi et une fois n’est pas coutume, m’avait mis en bandoulière sans appuyer sur la touche off. J’ai pu regarder autour de moi tout à loisir. Et entendre aussi. C’est pour cette raison que là, coincé dans ma boite à gants, je ne suis pas rassuré sur la suite des évènements. Ca faisait une semaine que j’étais pas sorti de son tiroir Et c’est rageusement qu’elle m’a attrapé ce matin. Avec une seule et unique phrase quand elle a fait défiler les photos 1276 à 1285 et de 1301 à 1457… « aujourd’hui, je vais le tuer ».

La boite à gants s’ouvre sur une lumière aveuglante. Je la sens pleine d’énergie quand elle me prend, mais ses mains sont bizarres, comme recouvertes d’une paire de gants très fins. J’aperçois très rapidement un sourire sur son visage, il me dérange. Je m’y connais, rayon sourires, et celui-là… un côté fou, un peu carnassier. Elle prend le temps de me mettre en route pendant qu’elle marche et m’installe enfin doucement contre sa joue (elle a jamais aimé utiliser l’écran de contrôle pour cadrer). Et là, mes commandes manquent de sauter. Le mari est là, allongé sur le lit, nu comme un ver, étrangement positionné et immobile. Le joli petit lot se trouve adossé contre le mur, la tête penchée contre sa poitrine plutôt bien fournie et les mains trainant sur la moquette jaune. Une parfaite scène de crime. La dame part dans un rire hystérique. J’en ai les boutons qui vibrent. Elle me met en mode rafale et je pars dans des dizaines de clichés à la suite…


Consigne : Nous avons retenu la suggestion de Plume Vive qui propose de donner la parole à un appareil photo qui aurait beaucoup à raconter s’il le pouvait. Nous réparons cette injustice avec le thème de cette semaine.

Ami lecteur du soir, bien le bonsoir !

Huit mois ! Huit longs mois sans ma prose extatique ! Huit interminables mois sans mes mots doux ! Huit mois vides de ma verve rédactionnelle ! Comment as-tu fait lecteur ? Comment as-tu pu tenir le coup ? Comment as-tu pu continuer à voyager dans la blogosphère sans ta dose hebdomadaire (ou moins, hein, parce que je suis pas une machine à verbiage quand même, faut pas pousser) de… moi ?

Bon, ne t’inquiète plus lecteur, tout doux, pose-toi, là, comme ça, je suis là. Si, si, tu peux y croire, je vais te pondre un billet à rallonges comme j’aime les faire dans cette rubrique, un billet sans queue ni tête la plupart du temps (parce que pour la queue, faut attendre un article étiqueté « culture administrative » et pour la tête, un « impromptu » serait pas mal je pense) mais avec beaucoup de morceaux de moi, de ma vie qu’est trop trop passionnante tellement que tu en es super jaloux et j’oubliais, de top belles photos de la mort qui tue.

Tu vois lecteur, ce week-end promet d’être juste « énorme ». Oué. Prends quarante cinq minutes, je te raconte. Tout a commencé un froid jeudi d’octobre (non parce que j’ai beau habiter le Sud, fait une de ces tempiotes de daube en ce moment !), merci monsieur Mistral. Alors que votre serviteuse ouvrait son tiroir à bordel (savez, celui qui récolte tout ce qu’on veut avoir sous la main + tout ce qu’on sait pas où mettre + tout ce qu’on veut pas jeter + tout le reste… je vais faire un article sur le sujet d’ailleurs, genre tag), voilà qu’elle tombe (pour de vrai, ma main s’est cognée dessus, saloperie) sur une smartbox offerte pour son anniversaire il y a presque pile poil un an tout juste.

Curieuse de me remémorer ce que mes topines avaient jugé bon de m’offrir, je jette un oeil. Et là, sur quoi tombe-t-il mon oeil ? Sur la date limite de validité… fixée au 31.10.09. Enfer et putréfaction ! Je calcule vite fait bien fait, reste plus que 15 jours. La boite mentionne « valable tous les jours de la semaine, week-end inclus ». Je calcule encore plus vite et là, effroi. Terreur. Vide intersidéral. Néant, trou noir et nébuleuse (cherchez l’intrus). Il n’y a pas UN jour pendant lequel nous serons, mon homme et moi, sans enfant(s). Pas UN ! Aaahhh les familles recomposées, vacances partagées et résidence 1/3/5, c’est le pied !

Pas grave, on va en emmener. Alors, on a le choix : quatre, trois ou un (rire jaune). Ok, on a pas le choix : c’est ce week-end ou une nuit entre le 28 et le 31 octobre, et encore, pour la deuxième partie des vacances, en ce qui me concerne, même pas sûr que mes loupiots soient chez leur père (je lui laisse le bénéfice de craquer avant (rire démoniaque – je ferme la double parenthèse. Donc, c’est… ce week-end ou jamais si on veut être sûrs de le faire. Ok, j’ouvre le bouquin, je regarde ce qui se passe dans ma région parce que tant qu’à faire, autant essayer de limiter les trajets voiture pour se taper une nuit et le petit déj’ aux frais de la princesse (enfin, d’une nounou et d’une biologiste en l’occurrence, mais c’est pas le sujet).

Une demi-douzaine d’hôtels, tous plus standings et modernes les uns que les autres. Je regarde le thème de la box et je me dis, normal (sourire désabusé), allez, coup de coeur au feeling, j’opte pour un hôtel luxe au coeur d’un petit village d’une presqu’ile qui n’a jamais eu l’honneur de recevoir ma visite.

J’appelle, mais sans trop d’espoir. Et là, je tombe des nues : une super nana très sympa, arrangeante pour le gamin en plus, qui nous file une chambre « supérieure » pour qu’on ait plus de place, qui nous propose d’arriver dès 11 heures et qui en plus, a un charmant sourire dans la voix. Le pied. J’organise vite fait tout ça auprès de mon homme et nous voilà décidés à visiter Cogolin, Grimaud et Saint Tropez le temps d’un week-end de deux jours.

Programme du vendredi : début du week-end à 14h05, heure du départ du train qui emmène mon chéri vers son fils encore parisien (puis retour des deux dans notre contrée pour le début de soirée). Et c’est là que commencent nos emmerdes. Oui, emmerdes, et le mot est faible, tu peux me croire lecteur. On arrive à cette gare TGV bien connue de nos petits pieds et déjà, en garant la voiture, on constate qu’il y a un peuple assez dense. Qu’importe, on se dirige vers le quai que l’on connait par coeur. Et là, grosse frayeur (oui, encore une) : le train affiché l’est avec un retard annoncé de 2 heures et des brouettes. Mais ce n’est pas encore le pire ! Le pire, c’est que ce train n’était pas le nôtre, mais un qui devait partir dans le sens inverse (soit, vers Marseille).

Voici la raison. Un caténaire explosé vers Marseille. TOUS les trains sont retardés de deux heures. On imagine déjà notre petit week-end remis en question, car impossible dans ces conditions de récupérer le bouchon à l’heure dite et de reprendre un train dans la foulée, mission impossible. Quand soudain, une lueur d’espoir jaillit en même temps qu’un contrôleur plutôt rigolo « vous pouvez grimper dans celui de 12h38, mais pas de garantie de place assise ». Qu’est ce que je m’en fous qu’on s’en fout de la place assise ?! Let’s go, c’est parti mon kiki, si le train rattrape un chouïa de retard, on peut même espérer que l’homme et son bouchon attrapent le train de retour prévu.

Avec la SNCF, tout est possible

Il l’a fait. Ils l’ont fait. Mon homme m’appelle son bouchon récupéré et le train initialement prévu pour le retour attrapé. La vie est belle, keep cool, be human, stay funky (ou un truc dans ce goût là). Je me prépare aux vingt minutes de voiture qui m’emmèneront jusqu’à la gare TGV pour récupérer le duo de choc et sur la route, je m’exclame joyeusement que c’est la fête dans mon pays parce que dis donc, qu’est ce qu’il y a comme voitures ! Et à environ, quoi, disons, 4 mn 30 d’arriver, juste un putain de petit Pont de L’Europe à choper, les flics en bloquent l’accès. Le temps d’un regard sur le pont suivant et je suis désespérée : l’accès est tout aussi bloqué. Demi-tour à la Starsky et Hutch, je m’arrête devant un agent de la police nationale qui confirme ma crainte, je dois me retaper le chemin dans l’autre sens, puis tenter une incursion dans la ville par un autre côté, non garanti d’accès. Gé-nial. La raison de ce bordel ? (nan parce que fallait voir, mais sur cette grande route, sous ce fameux pont et tout autour, des dizaines et des dizaines de voitures garées, des gens qui grimpaient les talus, des klaxons et appels de phare dans tous les sens, une vraie scène de fin du monde), ceci :

Les agriculteurs en colère, qui le disent, le montrent, le hurlent et bloquent les ponts. Je ne commenterai pas l’évènement. Juste que pile le soir où je dois aller chercher mon homme et son fils dans un mistral à décorner les boeufs et encore plus dans une gare TGV, ça craint. Mais, si c’était terminé… à peine ai-je fait demi-tour que mon chéri m’appelle et me dit d’une voix désemparée « inutile de te presser, nous sommes à cinq minutes de l’arrivée, mais… ils prévoient un retard d’une à deux heures » (rire irrépressible). La cause ? La même que l’après midi : caténaire pété. Bon, ben… on verra qui arrivera en premier !

Il devait être 20 heures quand j’ai fait demi-tour sous le pont d’Avignon (qu’est pas LE pont d’Avignon, mais un des plus importants quand même), soit déjà une bonne demie-heure de trajet… il était 21 heures passées quand j’ai commencé à tourner autour de la gare à la recherche d’une place qui m’éviterait de payer des mille et des cents à la caisse de la dépose minute. Leur train n’avait toujours pas bougé, alors un repas express fut commandé, en partie pour faire patienter le petit. Et le temps pour moi d’aller faire de même chez ceux qui font une histoire du goût, ben ils étaient enfin repartis,, heure d’arrivée ? 21h30… à peine une petite heure et demie de retard pour eux, et la même durée pour faire 16 km pour moi, une paille !

On en est là du week-end… pour le moment, bouchon dort, chéri joue à Boom Blox et moi je rédige, je rédige, je rédige… je vous préviens, tous, là, tous autant que vous êtes : le premier qui a l’idée de mettre une vache sur l’autoroute pour protester contre le prix de la chapelure ou celui qui voudrait faire le blocus de la station service où nous ferons le plein pour lutter contre la discrimination des voitures essence, je m’occupe de son cas ! (non, n’insiste pas Ros’, pas comme tu l’imagines, en plus douloureux et  laaaaaaargement moins sexuel)

On a décidé de passer un week-end tranquille, pétard, c’est pas la Seuneusseufeu ni les paysans provençaux qui vont nous en empêcher, non mais ! Parait même que la météo est de notre côté pour une fois, crotte quoi !

La brève du vendredi (dont tout le monde se fout mais quand même)

Photo 978

Une fois n’est pas coutume, voici une photo… IRL. Yes, mes amis, vous pouvez admirer ici les deux petits joyaux qui ont intégré notre maison, et dont l’une des deux essaie à l’instant de grimper mon dos le long de mon gilet, et la seconde d’escalader la tour de CD qui est à ma droite. Autant vous dire que la première n’a aucune chance d’arriver à bon port (même pas en rêve ma cocotte) alors que la deuxième est déjà au sommet de son Everest.

Voilà, vous avez compris, j’ai deux chipies félines de deux mois et demi à la maison depuis avant-hier. C’est tendresse, complicité et bon détournement d’attention quand on se retrouve à devoir laisser une nouvelle fois sa progéniture aller à la rencontre du grand méchant loup. Alors même si chaperon premier a une lime dans sa brioche, que chaperon en second connait la toxicité de son petit pot de beurre et si chapon en queue de peloton n’a confiance qu’en sa droite, le stress est de mise pour la maman qui envoie ses ouailles à travers bois.

De ce fait, quand le cerveau turbine plus qu’il ne faudrait, vous pouvez toujours compter sur l’une des chattes (oui, y’avait pas assez de la mienne) (oh ça va hein, je la fais avant que vous la fassiez vous mêmes, bande de grossiers personnages) pour faire une connerie à reprendre ou à marquer d’une gueulante. Et j’ai l’immense satisfaction de constater que ma voix de chanteuse lyrique porte tout autant qu’avant (que quand j’avais mon chat complètement disjoncté à partir de 18 h). Je ne sais si la durée sera de mise, en attendant, elles obéissent bien les misses.

Bon, j’arrête là, parce que sinon c’est plus une brève que je vous ponds, mais une préface avec les premiers chapitres derrière…

Note pour plus tard

Ne pas se coller sur l’ordi, après s’être réveillée en  milieu de soirée dans le canapé, pour vider netvibes.

parker lewis

Sinon, comment réussir à retourner se coucher quand il est déjà 1h47 (edit de 2h30)… 2h30 et qu’on a plus sommeil ? (et ne pas avoir l’air d’un cadavre ambulant le lendemain matin…)

L'impromptu du lundi : Bac de noeuds

La douceur du coton peigné, l’odeur piquante du savon, le bruit du linge humide, la blancheur des carrés de tissu, les papilles qui testent le frais mélange de l’eau de la fontaine et du produit lessiviel, dont les bulles restent en suspension au-dessus du bac à laver… tout était là, rien ne manquait. Les mères replètes et solides frottaient leur linge aussi dur qu’elles le pouvaient tout en surveillant leur progéniture d’un coin d’œil amusé, la langue bien pendue en commérages de village. Je les observais de loin, muet, interdit devant cette tranche de vie comme échappée du passé. Les oiseaux pépiaient dans les arbres alentours. Je fermais les yeux un instant. Les buildings de La Défense défilèrent derrière mes paupières closes, les bruits et odeurs de ville me revinrent en mémoire, le tout rapidement chassés par le doux son de l’eau qui clapote, du bruissement des feuilles derrière moi et des rires enfantins qui fusaient de toutes parts. Comment cette coutume dépassée pouvait subsister à notre époque ?

Un sourire niais affiché sur le visage, j’avançais doucement vers le groupe de bonnes femmes, bien décidé à pousser plus loin mon pèlerinage. J’avais en ligne de mire la mairie-école-point chômage de l’époque, dont le bâtiment semblait encore debout et surtout, servir à quelque chose. Entre la fontaine et le bâtiment administratif se trouvait la maison de mon enfance, véritable bâtisse de ferme, à laquelle était accolée une énorme grange et un poulailler. Les discussions s’interrompirent lorsque j’arrivais près des bacs à laver, des yeux suspicieux se levèrent vers moi, me rendant un peu mal à l’aise. Je m’autorisais toutefois une question. Après avoir bafouillé quelques mots, l’une des matrones m’informa de la disparition de la personne recherchée. La lueur de tristesse qui s’installa dans mes yeux finit de m’attirer la sympathie des autres lavandières.

Je me dirigeais d’un pas gauche vers le centre du village, encore abasourdi par la nouvelle que l’on venait de m’annoncer. Le patriarche de ces lieux n’existait plus. Je l’avais raté d’une année. Une toute petite année… Respirant à fond l’air frais, la senteur délicate de fleurs d’altitude me réconforta légèrement. D’un pas maintenant plus décidé, je m’avançais vers la maison de mon enfance. Le verger qui se tenait dans le prolongement de l’arrière de la bâtisse était bien entretenu, comme à l’époque, ce qui me rappela mes parties de jeux dans la neige en compagnie de mon chien. Ce serait donc la journée des sourires niais. Le potager toujours en état sur le côté me replongea dans les images qui peuplaient mes souvenirs de soupes maison, repas cuisinés sur plusieurs heures, avec les produits élevés et cultivés. Les volets avaient changé de couleur, mais la pierre décrépite était résolument la même. Les menuiseries avaient été remplacées par de la marchandise de meilleur qualité, et ôtaient ainsi un peu du charme bucolique de la maison, tout en ajoutant du confort à ses nouveaux occupants, sans aucun doute.

Je me retournais pour découvrir le bâtiment qui me recevait pour la dispense du cours préparatoire, qui accueillait également mes parents lorsque le travail se faisait rare et dans laquelle de grandes réunions avaient lieu à chaque élection, plus ou moins importante. Visiblement, l’école était toujours en activité, mais les vitres ne laissaient rien apercevoir, déception ! La partie mairie était également protégée par des rideaux intérieurs. Il n’y a que la cours extérieure qui réussit à me ramener vingt-cinq ans en arrière, lorsque je m’amusais à la balle au prisonnier ou encore que je tenais l’ardoise indiquant 1986 pour la photo de classe (et même d’école, puisque la vingtaine d’élèves présents sur le cliché composait l’intégralité des enfants étudiant sur place, du CP au CM2). Les bruits de récréation, un prénom (Thomas), une maison sur les hauteurs, les repas autour du feu, les papiers tue-mouche… des clichés de vie qui revenaient en force… un mélange de nostalgie, de plaisir et d’amertume..

Consigne :
Nous vous proposons d’écrire librement autour de cette photographie sur le thème Bac de nœuds.

Note pour plus tard

Ne pas se resservir de martini-coca-rondelle quand on a trois enfants à gérer dans la soirée.

parker lewis

Sinon, comment garder son sérieux quand on réprimande et qu’on se plante de mots toutes les trois phrases ? (et ne pas rire bêtement de ses propres conneries…)