Ami lecteur du soir, bien le bonsoir !

Huit mois ! Huit longs mois sans ma prose extatique ! Huit interminables mois sans mes mots doux ! Huit mois vides de ma verve rédactionnelle ! Comment as-tu fait lecteur ? Comment as-tu pu tenir le coup ? Comment as-tu pu continuer à voyager dans la blogosphère sans ta dose hebdomadaire (ou moins, hein, parce que je suis pas une machine à verbiage quand même, faut pas pousser) de… moi ?

Bon, ne t’inquiète plus lecteur, tout doux, pose-toi, là, comme ça, je suis là. Si, si, tu peux y croire, je vais te pondre un billet à rallonges comme j’aime les faire dans cette rubrique, un billet sans queue ni tête la plupart du temps (parce que pour la queue, faut attendre un article étiqueté « culture administrative » et pour la tête, un « impromptu » serait pas mal je pense) mais avec beaucoup de morceaux de moi, de ma vie qu’est trop trop passionnante tellement que tu en es super jaloux et j’oubliais, de top belles photos de la mort qui tue.

Tu vois lecteur, ce week-end promet d’être juste « énorme ». Oué. Prends quarante cinq minutes, je te raconte. Tout a commencé un froid jeudi d’octobre (non parce que j’ai beau habiter le Sud, fait une de ces tempiotes de daube en ce moment !), merci monsieur Mistral. Alors que votre serviteuse ouvrait son tiroir à bordel (savez, celui qui récolte tout ce qu’on veut avoir sous la main + tout ce qu’on sait pas où mettre + tout ce qu’on veut pas jeter + tout le reste… je vais faire un article sur le sujet d’ailleurs, genre tag), voilà qu’elle tombe (pour de vrai, ma main s’est cognée dessus, saloperie) sur une smartbox offerte pour son anniversaire il y a presque pile poil un an tout juste.

Curieuse de me remémorer ce que mes topines avaient jugé bon de m’offrir, je jette un oeil. Et là, sur quoi tombe-t-il mon oeil ? Sur la date limite de validité… fixée au 31.10.09. Enfer et putréfaction ! Je calcule vite fait bien fait, reste plus que 15 jours. La boite mentionne « valable tous les jours de la semaine, week-end inclus ». Je calcule encore plus vite et là, effroi. Terreur. Vide intersidéral. Néant, trou noir et nébuleuse (cherchez l’intrus). Il n’y a pas UN jour pendant lequel nous serons, mon homme et moi, sans enfant(s). Pas UN ! Aaahhh les familles recomposées, vacances partagées et résidence 1/3/5, c’est le pied !

Pas grave, on va en emmener. Alors, on a le choix : quatre, trois ou un (rire jaune). Ok, on a pas le choix : c’est ce week-end ou une nuit entre le 28 et le 31 octobre, et encore, pour la deuxième partie des vacances, en ce qui me concerne, même pas sûr que mes loupiots soient chez leur père (je lui laisse le bénéfice de craquer avant (rire démoniaque – je ferme la double parenthèse. Donc, c’est… ce week-end ou jamais si on veut être sûrs de le faire. Ok, j’ouvre le bouquin, je regarde ce qui se passe dans ma région parce que tant qu’à faire, autant essayer de limiter les trajets voiture pour se taper une nuit et le petit déj’ aux frais de la princesse (enfin, d’une nounou et d’une biologiste en l’occurrence, mais c’est pas le sujet).

Une demi-douzaine d’hôtels, tous plus standings et modernes les uns que les autres. Je regarde le thème de la box et je me dis, normal (sourire désabusé), allez, coup de coeur au feeling, j’opte pour un hôtel luxe au coeur d’un petit village d’une presqu’ile qui n’a jamais eu l’honneur de recevoir ma visite.

J’appelle, mais sans trop d’espoir. Et là, je tombe des nues : une super nana très sympa, arrangeante pour le gamin en plus, qui nous file une chambre « supérieure » pour qu’on ait plus de place, qui nous propose d’arriver dès 11 heures et qui en plus, a un charmant sourire dans la voix. Le pied. J’organise vite fait tout ça auprès de mon homme et nous voilà décidés à visiter Cogolin, Grimaud et Saint Tropez le temps d’un week-end de deux jours.

Programme du vendredi : début du week-end à 14h05, heure du départ du train qui emmène mon chéri vers son fils encore parisien (puis retour des deux dans notre contrée pour le début de soirée). Et c’est là que commencent nos emmerdes. Oui, emmerdes, et le mot est faible, tu peux me croire lecteur. On arrive à cette gare TGV bien connue de nos petits pieds et déjà, en garant la voiture, on constate qu’il y a un peuple assez dense. Qu’importe, on se dirige vers le quai que l’on connait par coeur. Et là, grosse frayeur (oui, encore une) : le train affiché l’est avec un retard annoncé de 2 heures et des brouettes. Mais ce n’est pas encore le pire ! Le pire, c’est que ce train n’était pas le nôtre, mais un qui devait partir dans le sens inverse (soit, vers Marseille).

Voici la raison. Un caténaire explosé vers Marseille. TOUS les trains sont retardés de deux heures. On imagine déjà notre petit week-end remis en question, car impossible dans ces conditions de récupérer le bouchon à l’heure dite et de reprendre un train dans la foulée, mission impossible. Quand soudain, une lueur d’espoir jaillit en même temps qu’un contrôleur plutôt rigolo « vous pouvez grimper dans celui de 12h38, mais pas de garantie de place assise ». Qu’est ce que je m’en fous qu’on s’en fout de la place assise ?! Let’s go, c’est parti mon kiki, si le train rattrape un chouïa de retard, on peut même espérer que l’homme et son bouchon attrapent le train de retour prévu.

Avec la SNCF, tout est possible

Il l’a fait. Ils l’ont fait. Mon homme m’appelle son bouchon récupéré et le train initialement prévu pour le retour attrapé. La vie est belle, keep cool, be human, stay funky (ou un truc dans ce goût là). Je me prépare aux vingt minutes de voiture qui m’emmèneront jusqu’à la gare TGV pour récupérer le duo de choc et sur la route, je m’exclame joyeusement que c’est la fête dans mon pays parce que dis donc, qu’est ce qu’il y a comme voitures ! Et à environ, quoi, disons, 4 mn 30 d’arriver, juste un putain de petit Pont de L’Europe à choper, les flics en bloquent l’accès. Le temps d’un regard sur le pont suivant et je suis désespérée : l’accès est tout aussi bloqué. Demi-tour à la Starsky et Hutch, je m’arrête devant un agent de la police nationale qui confirme ma crainte, je dois me retaper le chemin dans l’autre sens, puis tenter une incursion dans la ville par un autre côté, non garanti d’accès. Gé-nial. La raison de ce bordel ? (nan parce que fallait voir, mais sur cette grande route, sous ce fameux pont et tout autour, des dizaines et des dizaines de voitures garées, des gens qui grimpaient les talus, des klaxons et appels de phare dans tous les sens, une vraie scène de fin du monde), ceci :

Les agriculteurs en colère, qui le disent, le montrent, le hurlent et bloquent les ponts. Je ne commenterai pas l’évènement. Juste que pile le soir où je dois aller chercher mon homme et son fils dans un mistral à décorner les boeufs et encore plus dans une gare TGV, ça craint. Mais, si c’était terminé… à peine ai-je fait demi-tour que mon chéri m’appelle et me dit d’une voix désemparée « inutile de te presser, nous sommes à cinq minutes de l’arrivée, mais… ils prévoient un retard d’une à deux heures » (rire irrépressible). La cause ? La même que l’après midi : caténaire pété. Bon, ben… on verra qui arrivera en premier !

Il devait être 20 heures quand j’ai fait demi-tour sous le pont d’Avignon (qu’est pas LE pont d’Avignon, mais un des plus importants quand même), soit déjà une bonne demie-heure de trajet… il était 21 heures passées quand j’ai commencé à tourner autour de la gare à la recherche d’une place qui m’éviterait de payer des mille et des cents à la caisse de la dépose minute. Leur train n’avait toujours pas bougé, alors un repas express fut commandé, en partie pour faire patienter le petit. Et le temps pour moi d’aller faire de même chez ceux qui font une histoire du goût, ben ils étaient enfin repartis,, heure d’arrivée ? 21h30… à peine une petite heure et demie de retard pour eux, et la même durée pour faire 16 km pour moi, une paille !

On en est là du week-end… pour le moment, bouchon dort, chéri joue à Boom Blox et moi je rédige, je rédige, je rédige… je vous préviens, tous, là, tous autant que vous êtes : le premier qui a l’idée de mettre une vache sur l’autoroute pour protester contre le prix de la chapelure ou celui qui voudrait faire le blocus de la station service où nous ferons le plein pour lutter contre la discrimination des voitures essence, je m’occupe de son cas ! (non, n’insiste pas Ros’, pas comme tu l’imagines, en plus douloureux et  laaaaaaargement moins sexuel)

On a décidé de passer un week-end tranquille, pétard, c’est pas la Seuneusseufeu ni les paysans provençaux qui vont nous en empêcher, non mais ! Parait même que la météo est de notre côté pour une fois, crotte quoi !

14 réponses sur “Ami lecteur du soir, bien le bonsoir !”

    1. C’est ce qu’on dit ma foi, je pars toujours du principe par exemple qu’une soirée qui commence mal où à laquelle on a pas envie d’aller réserve de bien bonnes surprises finalement…

  1. un sacré parcours déjà !
    à mon avis, tu as le début d’un feuilleton là :o)

    j’espère que tout va bien et que c’est un super week-end !!!!

  2. Pas certain d’avoir tout compris : vous en êtes où là ? Vous y êtes arrivé dans votre hôtel méga design de la dernière chance ou vous avez rejoint les manifestants histoire de vous défouler ?

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