L'impromtu du lundi

J’ai cru pouvoir dépasser les limites de l’entendement sans perdre ma dignité, j’ai cru être capable d’atteindre les plus hauts cieux sans brûler mes ailes, j’ai cru toucher du doigt la vérité belle et inaccessible, d’un autre monde. J’ai tant souhaité teinté les autres de ma différence, faire de ma philosophie une doctrine à suivre, prêter mon regard pour une vie meilleure.

J’ai douloureusement pris conscience de mon humanité, intégré à quel point je pouvais être dépourvu de talent caché, conceptualisé mes hypothétiques dons en médiocres qualités. J’ai déchanté de me savoir à la merci de l’autre, me suis rongé les sangs de souffrir ainsi, flagellé de ne pouvoir mettre un terme à cette mascarade.

La vie sera mon châtiment. Les jours qui passent me verront courber l’échine, lever le regard les jours volontaires, grogner quelques secondes quand le soleil me chatouillera l’orgueil. La vie sera ma punition. Les années qui défilent cristalliseront mon désaveu de rendre les miens heureux, la lâcheté de mon renoncement à toute autre forme d’existence.

Je sais pertinemment que de ce fait, je vous lie à jamais à cette peine, c’est la faible lumière qui éclaire mes choix. La sécurité de ne pas être seul sur le chemin, de toujours imaginer ce que j’ai créé dans le sillon de mes pas. La garantie de ne pas vivre ce purgatoire sans un peu d’amour, même lointain, même imaginaire, même usurpé.

Pardonne-moi.

consigne

9 réponses sur “L'impromtu du lundi”

  1. j’ai pas commenté parce que je n’avais pas bien lu…
    et je n’aime pas « la vie sera mon châtiment », ni « La vie sera ma punition. Les années qui défilent cristalliseront mon désaveu de rendre les miens heureux, la lâcheté de mon renoncement à toute autre forme d’existence. »
    ça me gonfle en fait !
    je vais réfléchir au pourquoi….merci 😉

    1. ah et j’aime pas non plus « je vous lie à jamais à cette peine » et j’avais pas lu le tag « lettre de non-suicide ».

  2. Ce texte me vrille les tripes. Projection, projection !? Etonnante la relecture après avoir pris connaissance du cahier des charges des Impromptus. Que de tristesse.

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