Mon piano et moi

J’avais déjà tenté l’expérience, il doit bien y avoir… quinze ans de ça. Mais quand on passe quatorze heures de sa journée au bureau, difficile de se consacrer à la musique, surtout si vous y venez sur le tard. Trois cours et puis s’en vont, mon attrait pour l’instrument s’est calmé en même temps que le superbe clavier offert pour m’encourager a été relégué au fond d’un placard.

Mais c’est sans compter sur ce qui m’habite. Il y a plein de choses en moi, qui virevoltent, tourbillonnent, se laissent entendre, d’autres voir, ou encore se taisent en attendant leur heure. L’envie de jouer du piano fait partie de ces derniers. Elle était là, lovée au creux de moi, en attente du bon moment. Ou de la bonne personne. Car c’est bien une rencontre qui m’a fait sortir de l’ombre ce désir de musique à vivre.

Quand le père Yo, mon p’tit lapin, est apparu dans ma vie, la lumière fut dans des domaines pour certains insoupçonnés. Notamment le piano. Au détour d’une de nos longues conversations (endiablées), son envie d’apprendre à jouer de cet instrument a été abordée. Encore un point commun nous sommes-nous extasiés sur le moment (forcément, deux jeunes tourtereaux que voulez-vous) et de là est née l’une de nos premières promesses (ouh le vilain mot).

« Dès que nous nous installerons ensemble (enfin, chez moi), nous apprendrons le piano de concert (humpf humpf humpf) »

Je connaissais la prof’ d’avant, ce qui arrangeait les choses, compte tenu de la liste d’attente et surtout, de l’emplacement des cours pour lesquels nous n’aurions pas d’emblée été prioritaires. Dès le mois de juin qui a précédé le déménagement de Yo, contact a été pris avec la prof, inscription validée et projet de cours à la rentrée fixé. C’est comme ça que tout a commencé.

Alors si j’ai pris beaucoup de plaisir à apprendre les morceaux de débutants (que nous étions), à tâtonner, découvrir, j’ai rapidement été frustrée par les  différences d’apprentissage qui sont apparues entre Yo et moi. Il fait preuve d’une excellente oreille et d’une très bonne mémoire, alors forcément, il a pris de l’avance. Diable que ça m’énervait. C’était évidemment sans compter sur mon opiniâtreté (enfin, une fois la folie de vouloir tout arrêter passée (foutu pop corn de mierda) ) et mon talent inné… bon, d’accord, j’ai juste une petite facilité technique dirons-nous, que je dois à mon côté très scolaire… no comment.

Le piano, dans ma vie, c’est mon échappatoire, mon exutoire, mon plaisir infini, ma petite frustration, mon dépassement de moi, ma gourmandise de la musique enfin en cours d’assouvissement…

Aujourd’hui, je sais jouer une version simplifiée des 30 premières secondes d’un grand classique (la main droite est quasi-identique).

et puis une base beaucoup moins jazzy et vachement plus scolaire (je n’ai que deux mains, moi, contrairement à ce môssieur) de ça (et moins longue aussi ? ah oui, moins longue aussi…) :

et encore ça les vingt premières secondes de ça (la seule vidéo qui est comparable à la réalité puisque je joue presque comme elle) (sauf que je ne suis pas asiatique) (et que je ne m’appelle pas Rachel) (et que… bref) :

Ok, je sais ce que vous allez dire. « Oué, ça va, ça casse pas des briques ». Et vous avez raison ! Mais sachez que le piano, j’ai commencé en septembre dernier, voyez ? Alors moi, je dis que je casse la baraque (et même si c’est pas vrai, je le dis si je veux, chuis sur mon blog après tout).

Mais le top du top, ce que je préfère par dessus tout, c’est de voir que maintenant que j’ai maitrisé une version simplifiée (et les trente premières secondes) de ça :

Je peux m’attaquer à ça, dans son intégralité, juste comme vous l’entendez (morceau en cours de travail, excusez les bruits de vaisselle) :

Mais aussi à ça, très vite :

Tout en oubliant pas que mon morceau ultime, mon objectif final, c’est ça  (ce morceau, c’est juste un pur moment d’émotions (au pluriel, les émotions) )  (Kempff est tout simplement magistral… magique… j’aime cet homme. Poussez le plaisir ou le vice à aller visionner les mouvements suivants, le troisième est une merveille, pianiste comme musique) :

Et un jour, j’y arriverai. Foi de moi.

(promis, dès que je me sens fière d’un morceau écoutable, je l’enregistre et je le poste ici 😉 )

9 réponses sur “Mon piano et moi”

  1. Bravo !! je n’écoute pas les extraits puisque ce n’est pas toi qui joue 🙂
    (je ferais pareil avec la batterie 😉 )

  2. Et maintenant c’est moi qui suis à la ramasse… mais bon, en le faisant en semi dilettante je vais pas aller pleurer non plus. Allez, ce week end, the entertainer c’est fingers in ze nose, c’est dit !

    1. Enlève les doigts de ton nez tu vas mettre des crottes partout sur les touches !!
      enregistrez vous , qu’on se marre 😉

  3. Hello Plume vive,
    alors là, je suis épaté de chez épaté… Bravo à toi et à Yo… En commençant en septembre ? Bingo bing et bang. Vous êtes bons, vous, dis donc.
    Notre puce (7ans 3/4 !!) a cinq mois de piano et elle joue des jolies petites mélodies mais pas encore ça… Ca va venir, elle a de l’oreille, la puce et de l’envie, de la volonté.
    Simplement, ce que je voulais dire (moi qui admire tant les artistes, les musiciens aussi…), c’est que je lui fais faire sa demi-heure quotidienne d’exercices… Et que je vois (à défaut de pratiquer ce superbe instrument) les efforts et la constance qu’il faut pour arriver à maîtriser, ne serait-ce que les trente premières secondes des morceaux… Encore bravo.
    (Et comme dit Homéo, on attend l’enregistrement, à quatre mains, chouette ? Quand vous vous sentez…. Oh went the saints, ce serait super…)

    Le morceau de Beethoven, magnifique… Je reviendrai l’écouter une autre fois, là aujourd’hui, j’ai comme un gros coup de blues dans la tête….

    1. j’espère que le coup de blues est vite passé…

      pour les morceaux, ce sont pas vraiment ceux que tu entends tu sais, ça doit plus ressembler aux mélodies que ta fille joue !

      il parait qu’on est pas trop mauvais pour des adultes qu’ont jamais travaillé le solfège (ou presque) mais c’est un énorme travail et de la discipline, ça oui… courage à ta puce, avec la volonté, dans ce domaine, on peut tout atteindre !

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