Impromptus : Jazz

Alors qu’une musique délicieuse m’accompagne via les hauts parleurs intégrés de mon ordinateur portable, je pianote tranquillement ma séduction sur le clavier. Appuyée de quelques coups d’oeils à la webcam, je la diffuse en une profusion de mots efficaces et ravageurs. Mon interlocuteur a chaud, je le vois sur son petit avatar animé, en haut à gauche de mon écran. Lui ne me voit pas, et c’est très bien comme ça. Il se laisse bercer par le son virtuel de mes mots, baigné, je le sais, par la même musique que celle qui cajole mon ouïe pendant que je lui écris mes envies. C’est dans un souffle réel que je termine ma phrase en cours par un « maintenant ! » péremptoire et bien reçu : alors que la trompette continue de rythmer nos ébats verbaux, la tension monte d’un cran lorsqu’il dégrafe son pantalon, en gros plan devant l’objectif de sa caméra. L’avatar animé devient tout de suite plus visible et surtout, suggestif. Sa main s’attarde, je la vois dessiner les contours de son membre et en flatter l’épaisseur. Les battements de mon cœur s’accélèrent… nous passons aux choses sérieuses. Ma propre main fait le tour de mon anatomie, cherchant le moindre centimètre carré de peau sensible à l’expérience, s’attardant sur les zones qu’elle sait érogènes chez sa propriétaire, finissant son trajet dans la chaleur de mes cuisses. Mon correspondant continue de s’activer et nous finissons par être en accord total sur le tempo de notre plaisir solitaire curieusement partagé. D’une oreille distraite, j’entends un piano se joindre aux cuivres et je profite d’une montée en puissance que je veux freiner pour livrer mes impressions, en tapant mon ressenti, tenter du moins, de faire passer mes émotions malgré la barrière que nous opposent les outils de communication modernes que nous avons à notre disposition. Je dois réussir à m’exprimer clairement, car il arrive au paroxysme de son exercice et montre une facilité impressionnante à faire durer le moment. Je le rejoins sans mal, excitée par le spectacle qu’il me propose si crûment et je finis de consommer ma félicité sur les dernières notes bleues de So What…

~ consigne ~

2 réponses sur “Impromptus : Jazz”

  1. C’est drôle, pas de commentaire sur ce texte et des tonnes sur l’autre, la version non censurée… (C’est curieux, d’ailleurs, de comparer les deux… Tu rajoutes des mots cochons, tu développes un peu l’action… Tiens, j’ai une demande (mais t’en fais ce que tu veux…) Si tu faisais ça pour chaque impromptu ; une version normale et la « interdit aux moins de 18 ans » ?)

    A part ça, tout va bien…

  2. bonjour Yib’

    c’est tout à fait le fruit de ma réflexion de la semaine, concernant ce blog mourant : pourquoi la version non censurée fait-elle autant d’émules ? j’ai une théorie sur la fidélité des libertins (curieusement) et celle de ceux que je ne visite que très peu en ce moment, prise par mes projets IRL…

    je te remercie de ta visite en tous cas, je me sentais bien seule dans ma tour d’ivoire… 😉

    je note ta proposition… c’est intéressant comme concept, j’aime bien.

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