Impromptus : tennis

La chaleur de la pierre se diffuse sur la plante de mes pieds, grignotant chaque orteil de sa langue douillette. Je change régulièrement de position pour constamment apprécier les grains chauffés de la roche contre ma peau. J’aime cette sensation apaisante, réceptionnée par toutes les cellules de mon corps. Une quiétude que le soleil, le contact de la pierre, le bruit des vagues et le vent qui agite mes cheveux entretiennent à merveille. Je ferme les yeux et laisse mon esprit vagabonder loin, aussi loin que peuvent flotter mes longs cheveux, caressant mon visage de tous côtés, s’emmêlant un peu au passage, certes, mais qu’importe !

Je suis au bord de la mer, le soleil de l’Ouest dorant délicatement les morceaux de peau que je laisse à son appétit, c’est-à-dire presque tout. Arrivée en deux pièces-paréo, je me suis débarrassée de ce dernier en descendant de ma bicyclette. J’ai ôté, sans les dénouer mes tennis d’été, dès le premier rocher escaladé, trop impatiente de goûter à ce minéral surchauffé et accueillant. Et maintenant, les yeux toujours fermés, je laisse toute mon âme se nourrir du bruit des vagues qui  viennent chanter leur poésie à qui daigne les écouter. Je donne mes pores en alerte et ma chevelure sans attache au vent qui joue avec eux comme un jeune chiot fraichement débarqué de sa portée. Je m’offre au soleil bienveillant, qui darde ses rayons avec sagesse dans cette région de légendes, écartant légèrement mes bras et mes jambes, pour qu’il m’imprègne de ses couleurs pétillantes. Je ressens la roche sous mes pieds, comme un prolongement de moi-même, ou peut être est-ce moi qui devient son extension, je ne sais pas… cela fait simplement naitre en moi la savoureuse sensation d’être réellement terrienne.

~ consigne ~