Impromptus : tennis

La chaleur de la pierre se diffuse sur la plante de mes pieds, grignotant chaque orteil de sa langue douillette. Je change régulièrement de position pour constamment apprécier les grains chauffés de la roche contre ma peau. J’aime cette sensation apaisante, réceptionnée par toutes les cellules de mon corps. Une quiétude que le soleil, le contact de la pierre, le bruit des vagues et le vent qui agite mes cheveux entretiennent à merveille. Je ferme les yeux et laisse mon esprit vagabonder loin, aussi loin que peuvent flotter mes longs cheveux, caressant mon visage de tous côtés, s’emmêlant un peu au passage, certes, mais qu’importe !

Je suis au bord de la mer, le soleil de l’Ouest dorant délicatement les morceaux de peau que je laisse à son appétit, c’est-à-dire presque tout. Arrivée en deux pièces-paréo, je me suis débarrassée de ce dernier en descendant de ma bicyclette. J’ai ôté, sans les dénouer mes tennis d’été, dès le premier rocher escaladé, trop impatiente de goûter à ce minéral surchauffé et accueillant. Et maintenant, les yeux toujours fermés, je laisse toute mon âme se nourrir du bruit des vagues qui  viennent chanter leur poésie à qui daigne les écouter. Je donne mes pores en alerte et ma chevelure sans attache au vent qui joue avec eux comme un jeune chiot fraichement débarqué de sa portée. Je m’offre au soleil bienveillant, qui darde ses rayons avec sagesse dans cette région de légendes, écartant légèrement mes bras et mes jambes, pour qu’il m’imprègne de ses couleurs pétillantes. Je ressens la roche sous mes pieds, comme un prolongement de moi-même, ou peut être est-ce moi qui devient son extension, je ne sais pas… cela fait simplement naitre en moi la savoureuse sensation d’être réellement terrienne.

~ consigne ~

7 réponses sur “Impromptus : tennis”

  1. Hi Plume vive…. Hum hum, je pense à avoir un début de réponse concernant la remarque faite lors de ton dernier impromtu (à savoir, pourquoi moins de commentaires sur la partie soft que la partie hard…). Pour être plus précis, elle me semble tenir dans l’écriture.
    Réponse après lecture de la partie hard, of course.

    1. J’attends ton avis Yib’, parce que là… je sais que je ne suis pas présente sur vos blogs respectifs depuis des semaines, je n’ai pas le temps matériel pour ça… est ce que ça ne tient qu’à ça ? non, parce que je n’ai pas plus de temps pour mes visiteurs succubéens… alors ? je ne vois pas…

  2. Alors, la version plus hot, où se planque-t-elle ? C’est qu’on serait impatient, nous, du côté de la fin de la semaine…

  3. Mmmh, beau texte de l’autre côté du miroir.
    Impression confirmée… Mais ce n’est qu’une impression personnelle, hein ? Je suis curieux de savoir ce que tu en penses.
    Je trouve tes versions « hot » plus intéressantes que tes versions « soft »… Loin de moi l’idée de comparer le soft à un film du dimanche soir sur M6 (genre 22h30 dans les années 90, ah Joy…. bref) aux galipettes de la miss Clara Morgane.
    Non, elles me semblent plus intéressantes car elles développent une écriture plus profonde. En étant -un peu- caricatural, je dirais que tes textes « hot » sont ton domaine d’écriture « naturel ». En lisant les deux, l’impromptu m’a l’air d’une mise en bouche, un travail exploratoire, une ébauche.
    Mais peut-être cette impression est due au fait que l’impromptu n’est un jeu inachevé (comme le serait une improvisation au jazz), ce sont ses règles, tandis que les textes « hot » relèvent d’une recherche, d’un travail sur l’écriture. Ils racontent une histoire. Et brillamment, je trouve, tes histoires dessinent des ambiances sensuelles et provocantes où le désir se joue et joue du regard de l’autre (en tant que lecteur, c’est le pied !). L’érotisme, un domaine très difficile à aborder en écriture et que tu maîtrises pas mal du tout.
    J’ai l’impression, en lisant la version « soft » que tu as commencé gentillement à dérouler dans ta tête la pelote (pèle »hot ») de la version pour majeurs. Ou alors, le développement te vient-il après coup ?
    Tu vas rire mais j’ai l’impression de lire, en découvrant tes impromptus, une copie expurgée (mais avant l’heure, c’est cela qui me fait drôle) du texte « hot », l’aboutissement naturel de la consigne.
    A l’appui de cette idée, le fait que tes impromptus travaillent très souvent (pour ne pas dire toujours) sur les cinq sens.
    En résumé, des commentaires me semblent plus nombreux sur la partie « hot » que « soft » parce qu’il y a la curiosité (énorme) et l’envie de saluer la belle ouvrage.
    Remarque, en y réfléchissant, je me dis que le jeu de miroire sur les deux versions est finalement plus espiègle que s’il n’y en avait qu’une seule (la « hot »). D’où l’idée d’écrire systématiquement les deux versions à chaque impromptu.
    Parce que l’érotisme, dans la vie comme sur le papier, s’il peut naître d’un impromptu, ne prend toute sa saveur qu’après l’échauffement et combustion des sens.

  4. je ne me sentais pas à l’aise dans l’autre décor…

    bon, reprenons.

    j’ai follement envisagé, il y a peu (et ça trotte encore dans un coin de ma tête) de me lancer dans l’aventure de l’édition, côté adultes.

    lorsque j’écris, tout vient naturellement, sans recherche, sans préméditation, les mots coulent tous seuls, tranquillement. parfois, je dois fermer les yeux, pour m’imprégner de l’image qui danse derrière les idées qui fusent, mais toujours, l’histoire se place avec facilité.

    sur certains thèmes, notamment ceux, comme tu l’as si finement remarqué, qui abordent l’un ou tous les sens, j’arrive à écrire avec la même fluidité et je me laisse porter par le courant, les sensations… que j’arrive plus ou moins bien à retranscrire.

    je suis en mesure de transformer quasiment n’importe quel texte en récit érotique, voire plus suggestif… je ne dis pas ça pour me lancer des fleurs, c’est juste un fait que j’ai remarqué en laissant aller mes divagations.

    c’est pourquoi j’avais pour projet d’écrire un billet mensuel sur un blog annexe, qui fonctionne déjà pas mal, et a une tendance sexo qui plait bien, en fonction des thèmes que les lecteurs auraient proposés… le projet avait plu, mais rien n’a encore abouti.

    voilà, voilà… tout ça pour dire que des commentaires comme le tien valent 1 000 « ça me plait ce que tu fais », car dedans, j’ai vu ce qui me donne ce plaisir d’écrire. merci pour ça.

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