Je viens d’aller voir…

Habemus papam, de et avec Nanni Moretti

Quoi de mieux, pour fêter nos trois mois de mariage, qu’une petite journée en amoureux sur Paris ? mmmmhhhh ? Nous voilà donc en plein repas dans un restaurant italien dont on ne ressort jamais indemnes (des pizze à tomber, la pasta à ne pas s’en remettre… bref.) avec une envie pressante de se faire un petit ciné qui bouscule notre conversation. Pas de kiosque à Officiel en vue, nous dégainons alors le smartphone de la mort qui tue pour nous rencarder sur ce qui passe en ce moment, quand et  où. On passe en revue les quelques titres susceptibles de nous intéresser (tout en nous lamentant sur notre sort : vous comprenez, quand on a pas le temps, on capte des tonnes de films que l’on souhaiterait voir et dès que nous avons un créneau, pif, paf, pouf ! Il n’y a pas grand chose à nous mettre sous la dent…). Deux films sortent du lot, après consultation des horaires et des cinés potables et accessibles : We need to talk about Kevin et… Habemus papam (dont la bande annonce, loooongue à charger sur le téléphone, nous avait déjà donné un large sourire). Impossible de cumuler les deux, malgré l’après midi entière devant nous. Le choix se porte donc sur le plus léger des deux (enfin, à nos yeux).

En bref : « Le pape est mort ! Vive le pape ! ». Oui, enfin, non, pas vraiment, parce que là, faut l’élire le nouveau pape et… ce n’est pas une mince affaire. Donc quand l’heureux élu est choisi, c’est toute une série d’émotions et de protagonistes qui interviennent pour servir le scénario : c’est l’histoire d’un type qui ne se sent pas à la hauteur de la tâche que l’on vient de lui confier et que le Vatican va pousser jusqu’au bout de ses retranchements afin qu’il assume sa mission.

Le plus : Prenez un café, la liste est longue ! Déjà, le sujet… j’ai beaucoup aimé qu’un réalisateur (en même temps, vu le zigoto, il fallait s’y attendre) traite un thème aussi particulier que peu connu. Je suis athée, donc la dimension spirituelle m’a un peu laissée indifférente, cela étant, l’ambiance et les convenances du milieu sont, à mon avis, extrêmement bien retranscrites dans le film. Nous faisons la connaissance d’une élection dont nous entendons que très peu parler, finalement, alors entrer dans le vif du sujet en assistant en direct au déroulement de la « cérémonie », c’est quelque chose ! Que dire des acteurs… incroyables ! Du journaliste complètement paumé (excellent, vraiment) aux cardinaux attendrissants d’humanité, avec leur petit côté enfantin, en passant par le pape, incarné par Michel Piccoli (grandiose !) et sa palette d’expressions qui semble infinie, tout comme par le psychanalyste (Nanni Moretti lui-même), qui prend tout le monde, y compris nous, à contre-pied lorsqu’il se retrouve prisonnier du Vatican. Le porte-parole du Vatican, joué par Jerzy Stuhr, juste savoureux. Le décor et la « photographie » (comme dirait mon chéri) sont d’une grande qualité, nous faisant complètement oublié que les lieux ont été complètement reconstitués en studio, faute de pouvoir filmer au Vatican. Pour finir, les émotions, la réflexion et la sincérité sont à l’honneur dans ce film, tout au long du scénario, nous sommes embarqués…

Le moins : Quelques petites longueurs incarnées par des minutes contemplatives qui permettent finalement de plonger plus loin dans la compréhension du personnage. Un intermède (dans l’hôtel) un peu déroutant… rien de plus, dans le moins…