Je viens d'aller voir…

Train Fantôme, de Gérard Sibleyras et Eric Métayer

Le théâtre, j’aime beaucoup. Mon fils aîné en fait au collège et apprécie également. Donc pourquoi pas trouver une pièce à laquelle nous pourrions nous rendre en trio ? Dans le programme de mon théâtre municipal, il y avait « Train Fantôme », avec la belle promesse  » Oserez-vous rire de peur ? ». Ni une ni deux, je cours lire les critiques ! Plutôt correctes dans l’ensemble, je prends les places. Pétard… Grand moment de solitude.

En bref : On tourne autour de Dracula, avec gags, références cinématographiques, danse et… humour. 5 artistes se complètent ou se relaient pour camper les personnages de cette histoire (car il y a quand même un fil conducteur) qui va dans tous les sens et se veut visuelle.

Le plus : Euh… Alors… Les petits prix pour la voir ? Non, sérieusement, je ne cherche pas à laminer le concept, mais nous étions trois à y assister et trois à ne pas avoir accroché, du tout ! Donc parce que c’est la ligne des points positifs, je dirais : l’énergie débordante des acteurs et les références à des films connus assez drôles.

Le moins : M’enfin. Là je ne comprends pas comment un soufflé peut retomber à ce point. Humour très facile, visible à des kilomètres, dont la rapidité de jeu n’arrive pas à faire oublier le manque de matière. Personnellement, tout comme une partie des spectateurs qui ont quitté la salle en même temps que nous, je n’ai pas trouvé la qualité à laquelle on pouvait s’attendre avec Eric Métayer aux commandes.

Impromptu de la semaine : Week-end de bricolage

Deux mois que je le tannais avec cette histoire d’étagères, forcément, il a bien dû s’y mettre hier ! Premier week-end de libre depuis notre retour de vacances, c’était le moment idéal. Alors oui, égalité hommes-femmes, tout ça, mais… non ! Je ne mettrai la main sur une perceuse pour rien au monde, trop peur de les abîmer et de ne plus pouvoir jouer de mon très cher piano. Seulement, tenir la planche, récupérer les vis et les ajuster dans les équerres, tout en faisant attention à ne pas tomber, la tâche en solitaire était ardue. J’ai donc été mise à contribution, contre mon gré.

Jouer les petites mains ne me passionnait guère. Alors j’ai commencé à jouer. Jouer avec tout ce qui me passait devant les yeux, sous la main, par la tête… Tout d’abord, l’un de mes index a farfouillé dans les clous, vis, rivets et boulons de la caisse béant à nos pieds, seul objet à proximité. Puis je les ai triés. J’ai fini par m’ennuyer de rester si sage, n’étant sollicitée que pour tenir un outil ou faire le coursier statique des pièces métalliques de fixation. Une moue exaspérée sur le visage, mes pensées se sont éclipsées loin, bien loin de la bibliothèque, et finir par s’évader vers la chambre à coucher.

Des envies extrêmement éloignées de notre activité du moment ont envahi mon cerveau. Difficile de me concentrer, malgré la simplicité évidente de mon rôle dans le montage de nos étagères. Même la perspective d’enfin pouvoir retrouver mes livres encore en cartons n’arrivait pas à calmer les visions, plus qu’équivoques, qui défilaient à toute allure dans mon esprit. Le croissant de peau que son t-shirt laissait entrevoir à chacun de ses mouvements, juste à hauteur de mes yeux, livrant ainsi les poils de son ventre à mon imagination déjà fertile, n’a absolument pas arrangé les choses !

Un mélange étrange s’est produit dans mes rêveries, bricolage et luxure étroitement liés, et contre toute attente, loin d’être incongrus une fois réunis. Une main tenant fermement une vis, laquelle parcourait de sa pointe l’un de mes seins, provoquant une intense chair de poule, autant alimentée par le contact froid du métal que par l’éventualité d’une minuscule griffure sur ma peau. Un mètre-ruban devenu souple pour les besoins de mon fantasme, jouant délicatement dans mes cheveux longs. Un gant épais et rugueux frottant ma cuisse nue… Assez ! D’une main ferme, j’ai attrapé la sienne, l’ai fait descendre de son escabeau puis l’ai entraîné, sans un mot, sans un regard, vers la chambre.

Je n’aime pas bricoler. Pas les étagères d’une bibliothèque en tous cas.

Atelier d'écriture – 2

Vous avez votre objet ? Alors fouillez maintenant ! Mais plus dans vos poches, non, dans la langue ! Enfin, le français quoi…

Ajoutez en commentaire 10 mots qui font partie du champ lexical de l’objet choisi ou qui en sont des synonymes. C’est à vous !

(pour reprendre du début, c’est par ici ! Et pour la suite, c’est par là !)

Je viens de lire…

La famille Lament, de George Hagen

Vous connaissez les deux fous qui sont à Bastille, reviennent sur Gare de Lyon à pied pour prendre leur train et rentrer dans leurs pénates, puis qui s’arrêtent devant une boutique de bouquins, avec 20 € en poche, les seuls 20 € qui devraient leur servir à manger le soir-même, parce que sur le compte, ben… y’a plus rien ! Ces mêmes fous qui jettent juste un oeil, juste, et se retrouvent avec une dizaine, une vingtaine ? de bouquins en main. Qui ne savent pas quoi faire, font le compte, réduisent leur budget bouffe de moitié, puis reposent un, deux, trois livres, pèsent le pour et le contre (on a vraiment faim ?), font les yeux doux au bouquiniste et finissent par décoller des lieux avec une douzaine de livres et… je ne me souviens même plus de la monnaie, juste de l’air blasé de l’asiatique qui tenait l’épicerie dans laquelle nous avons acheté deux bouts de sandwiches, quand il m’a vue ramer fort pour récupérer des centimes afin d’acheter la pomme que je convoitais pour notre dessert commun. Il a fini par me l’offrir. La famille Lament fait partie des livres dont la 4ème de couv’ m’a séduite.

En bref : C’est l’histoire d’un mec… enfin, plutôt d’une famille, la famille Lament donc, qui traverse les années comme nous tous, avec son lot de joies et de chagrins, ses épreuves et ses grands évènements de la vie, avec un brin d’excentricité et une âme voyageuse. Les faits sont relatés de manière si vraie, si proche de nous, que l’on a l’impression de lire une histoire vécue, comme une biographie familiale (ce qui est peut-être le cas). Expatriation, reconnaissance, travail, amour-propre, douleurs familiales, petits bonheurs, il y a tout dans ce livre. Et un style d’écriture que j’affectionne tout particulièrement pour l’explorer de temps à autre, comme dans l’impromptu « elle avait apporté des tournesols ». Bref, une saga à lire quasi d’une traite, comme moi, en vacances, comme moi, ou dans le métro, sur la plage, en voiture…

Le plus : Le style de l’écrivain, fluide, accessible mais riche, le déroulement de l’histoire, les sentiments que l’on peut presque palper, beaucoup d’émotions pour qui sait rentrer dans l’univers en cours de lecture. Une histoire de famille, mais pas que, évidemment : des blessures intérieures qui sont traitées avec justesse, des anecdotes de vie racontées avec des détails nécessaires et non assommants, un déroulement généalogique qui donne envie de lire une suite, s’il y avait une suite.

Le moins : Se lit très vite, trop vite, car certains passages auraient mérité d’être approfondis et m’ont un peu laissée sur ma faim, mais c’est un tout petit moins. On appelle ça comment déjà ? Un roman de gare ? Mouais, je n’ai jamais été fan de l’expression. Mais il y a un peu de ça dans la facilité à lire le livre.

Atelier d'écriture – 1

J’ai tellement envie que nous écrivions ensemble ! Allez, au boulot pour la première partie !

-> Faites l’inventaire de votre sac à main (ou à dos ou sacoche ou vos poches…) et choisissez un objet.

Vous pouvez participer par commentaire, sur votre blog ou par mail (je publierai le résultat ici) !

Qui m’aime me suive !

(Pour la suite, c’est par là !)

Je viens d'aller voir…

Papa ou Maman, de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière

Voilà, j’ai sauté le pas, j’ai pris un abonnement chez Pathé Gaumont. Bon, petit l’abonnement, parce que dans nos agendas de ministres, difficile de caser un ciné en duo régulier. Ah oui, je ne vous ai pas dit ? La carte et le ciné, en ce moment, c’est en amoureux. Na. Non mais. Donc, petite carte à exploiter et nous avons démarré par « Papa ou Maman », sans savoir de quoi ça parlait. J’ai lu sur un blog que l’humour grinçant du scénario était rafraîchissant, ni une ni deux, j’ai sauté sur l’après-midi du vendredi suivant pour nous aménager un créneau de trois heures et nous enfermer dans une salle obscure en toute intimité.

En bref : Le couple est à plat, donc on décide de se séparer, mais en bons termes, car nous avons beaucoup de respect pour l’autre et surtout, la bienveillance règne. En une phrase, voici le topo de départ. Mais tout s’accélère bien vite, car des opportunités professionnelles vont pousser les deux adultes à faire preuve d’ingéniosité pour que leur progéniture aille avec… l’autre. Aucun ne veut se priver d’une potentielle avancée de carrière, donc ce sera à qui aura l’idée la plus… efficace ? Pour arriver à ses fins. Attention, humour plus que grinçant en effet et surtout, pas de premier degré, vous risqueriez de ressortir déçus, comme ce couple d’amis à qui nous avons chaudement recommandé le film et qui s’attendaient à… ben je ne sais pas trop à quoi, mais pas à ça !

Le plus : J’ai ri pendant toute la durée du film, sans m’arrêter. Alors oui, je devais être spécialement dans le mood, mais j’avoue que les mises en scène et le jeu des acteurs ont totalement fonctionné sur moi, ainsi que sur Yo, ai-je appris au débriefing. Si parfois Laurent Laffite est un peu « absent », Marina Foïs est (comme toujours ?) très juste. Les enfants, de parfaits stéréotypes d’aujourd’hui, sont dépeints d’une telle façon qu’on ne se soucie que très peu de leur bien-être, me suis-je aperçue ultérieurement (et je parle en style pompeux si je veux). Bref, un scénario sympa bien exploité et avec des acteurs qui tiennent la route !

Le moins : Les petites absences de Laurent Laffite, la possibilité, en effet, de ne pas être sensible au genre d’humour exploré ici, car il est quand même particulier, il faut bien l’avouer, mais la mère poule que je suis ne s’en est pas offusquée le moins du monde. Je suis allée voir une comédie qui ne se prend pas au sérieux et c’est bien ce que j’ai regardé. Allez, parce qu’il faut dire quelque chose, la scène finale ? Prévisible à un millier, voire un milliard de kilomètres.

Avec les moyens du bord…

Un an que nos corps ont parfait notre découverte mutuelle, qu’ils se sont reconnus pour ne plus jamais perdre leur savoir sur l’autre. Une petite année que nous nous sommes dévoilés, au sens propre comme au sens figuré, que l’on a réellement pu mettre une évidence sur des sensations.

Si j’ai douté pendant ces mois qui ont vu notre passion perdurer, notre amour se bonifier et notre complicité sans cesse augmenter, je sais aujourd’hui que la manière dont tu t’es accroché à chaque fois que l’angoisse s’emparait de moi était du domaine du surnaturel, tu le sais déjà, mais surtout motivée par une vision plutôt réussie de l’avenir.

Ce que je redoutais le plus, nous sommes en train de le traverser, durement, péniblement, douloureusement, mais ensemble, autant que possible. Si certaines de mes craintes se sont confirmées, beaucoup de tes espoirs se sont tout autant concrétisés aujourd’hui… une vie commune se prépare, des acquisitions pour « notre » vie s’envisagent, des projets pour le futur partagé se dessinent.

Si je devais choisir un mot pour résumer toutes ces semaines de tendresse, ces jours de connivence, ces heures de rire, ces minutes d’envie, ces secondes de bien-être, ce serait « merci ». De tellement de choses, pensées, actes, faits et gestes, que j’aurais bien du mal à tout détailler ici, mais puisque nous fêtons un évènement des plus réjouissants aujourd’hui, je ne vais en écrire qu’un…

Merci de m’avoir reconnue.