Je viens de lire…

La famille Lament, de George Hagen

Vous connaissez les deux fous qui sont à Bastille, reviennent sur Gare de Lyon à pied pour prendre leur train et rentrer dans leurs pénates, puis qui s’arrêtent devant une boutique de bouquins, avec 20 € en poche, les seuls 20 € qui devraient leur servir à manger le soir-même, parce que sur le compte, ben… y’a plus rien ! Ces mêmes fous qui jettent juste un oeil, juste, et se retrouvent avec une dizaine, une vingtaine ? de bouquins en main. Qui ne savent pas quoi faire, font le compte, réduisent leur budget bouffe de moitié, puis reposent un, deux, trois livres, pèsent le pour et le contre (on a vraiment faim ?), font les yeux doux au bouquiniste et finissent par décoller des lieux avec une douzaine de livres et… je ne me souviens même plus de la monnaie, juste de l’air blasé de l’asiatique qui tenait l’épicerie dans laquelle nous avons acheté deux bouts de sandwiches, quand il m’a vue ramer fort pour récupérer des centimes afin d’acheter la pomme que je convoitais pour notre dessert commun. Il a fini par me l’offrir. La famille Lament fait partie des livres dont la 4ème de couv’ m’a séduite.

En bref : C’est l’histoire d’un mec… enfin, plutôt d’une famille, la famille Lament donc, qui traverse les années comme nous tous, avec son lot de joies et de chagrins, ses épreuves et ses grands évènements de la vie, avec un brin d’excentricité et une âme voyageuse. Les faits sont relatés de manière si vraie, si proche de nous, que l’on a l’impression de lire une histoire vécue, comme une biographie familiale (ce qui est peut-être le cas). Expatriation, reconnaissance, travail, amour-propre, douleurs familiales, petits bonheurs, il y a tout dans ce livre. Et un style d’écriture que j’affectionne tout particulièrement pour l’explorer de temps à autre, comme dans l’impromptu « elle avait apporté des tournesols ». Bref, une saga à lire quasi d’une traite, comme moi, en vacances, comme moi, ou dans le métro, sur la plage, en voiture…

Le plus : Le style de l’écrivain, fluide, accessible mais riche, le déroulement de l’histoire, les sentiments que l’on peut presque palper, beaucoup d’émotions pour qui sait rentrer dans l’univers en cours de lecture. Une histoire de famille, mais pas que, évidemment : des blessures intérieures qui sont traitées avec justesse, des anecdotes de vie racontées avec des détails nécessaires et non assommants, un déroulement généalogique qui donne envie de lire une suite, s’il y avait une suite.

Le moins : Se lit très vite, trop vite, car certains passages auraient mérité d’être approfondis et m’ont un peu laissée sur ma faim, mais c’est un tout petit moins. On appelle ça comment déjà ? Un roman de gare ? Mouais, je n’ai jamais été fan de l’expression. Mais il y a un peu de ça dans la facilité à lire le livre.

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