Impromptu de la semaine : L'inventaire farfelu

Farfelu, farfelu… comme vous y allez. Toqué tant qu’on y est ? Est-ce ma faute, à moi, si j’aime :

Les pois, les poissons, volants, rouges et exotiques, amorphes ou extatiques
Réveiller les morts, les vieux démons, les consciences, les papilles, les sens et les esprits
Les voiles, actées en théâtre, frivoles en fenêtre, du grand large
Amuser la galerie, mon chat, l’autre, mon prochain, l’assistance
Le goût des choses, des autres, des merveilles et de la vie
Plonger dans l’eau, céans, dans son regard, dans le noir, la piscine, les abimes, l’inconnu
Les sciences, physiques, imaginaires, humaines, politiques et, redondance, occultes
Me rouler dans l’herbe, dans la farine, dans la boue et rouler dans les flaques
Les appétits d’ogre, gargantuesques et insatiables, de tout, de rien, de ces petites choses décidément grandes et qui ne sont que peu de choses, faites de petits riens
Savourer le thé, l’instant, le fumet, les belles personnes, les victoires
La nuit, le jour, le soleil, la lune, l’astre et l’étoile, le dragon et l’Histoire
Aligner les mots, les faire tinter comme du cristal, résonnance sur raisonnement, alcôve de secrets éphémères jetés en pâture et en lecture
La torture de l’amour, les crampes de l’affection, les douleurs de l’attachement, toi
Rêver, songer, espérer, entrevoir, méditer, penser, fantasmer, me projeter
Le vent sur ma peau, l’air dans tes cheveux, la brise contre mon sein, un souffle sur ma nuque
Vivre, mille vies, mille morts, mille expériences, mille revers, mille réussites, mille émotions.

Je viens de lire…

A l’enfant que je n’aurai pas, de Linda Lê

Au gré de mes lectures, sur le net, dans les magazines, un peu partout, je note des références, je comble ma liste d’envies Amazon (bouh, pas bien Amazon pour les livres, je sais) et j’achète, j’emprunte, je récupère et je lis. Je lis ce genre d’essai par exemple, rapide et que j’espère émouvant. Bouh ouh ouh… A trop vouloir y croire… Merci Axel.

En bref : Nous sommes ici en présence d’un être humain qui écrit son désir de ne pas avoir d’enfant. L’auteur nous explique pourquoi, malgré l’idée, que je partage, qu’on ne devrait pas avoir besoin de raison pour assumer son choix de ne pas enfanter. C’est estimer que devenir parent est une obligation pour chacun de nous, alors que c’est loin d’être le cas.

Le plus : Le titre ? Euh… La couverture du livre ? Mmmmhhhh…. Ah non, je sais ! L’apprentissage du « beau » français. Oui, c’est ça.

Le moins : D’accord, je me suis peut-être rapidement braquée. Il ne m’aura fallu que trois pages pour que je m’arme d’un crayon de papier et souligne tous les termes qui me sautaient aux yeux. Parfois parce que je ne les connaissais pas, souvent parce que je les trouvais inadaptés à une lecture de témoignage au sujet d’un thème aussi sensible et intéressant. Systématiquement parce que je ne les ai pas perçus accessibles au plus grand nombre. Je peux comprendre que l’auteur se fasse plaisir en usant et abusant des richesses et subtilités de la langue française. En revanche, ne pas lire une seule page (ou peu s’en faut) sans un terme qui pourrait interpeller le lectorat lambda, c’est un peu fort de café (ou alors il faut donner un second titre à ce livre, un truc du genre « et enrichissez votre vocabulaire ! ». D’un moment que je m’attendais rempli d’émotions, ma lecture m’a complétement fait passer à côté de ce que l’auteur a sans doute voulu tout de même partager de ses ressentis. Dommage.

Florilège (je connais la plupart de ces mots, mais la succession est difficile à digérer et à mes yeux, élitiste) :

Syllogismes (7), aphoristiques – négateurs (8), moutonnier (9), antiennes (10), hypocoristiques (12), pharisaïsme (18), notabilités (20), tardillon (21), rigorisme (22), Omphale (23), prodigalités (27), emplâtres (28), asthénie (29), pinacle (30), tératologue – égotisme – byzantinisme (31), bréviaire (33), acéphales (35), bibliolâtre – monomane (36), gésine – cyclothymie (37), rapetassés (39), empeigne – laïusseur (40), antithétiques – pyrrhonisme (43), difficultueux – parturition – maïeuticien (44), asymptotes (45), béotisme (47), schibboleths – sorbonnard (48), intempérance (49), détellerais (51), raptus (52), déjetée (53), brindezingue (54), séraphique (60), thaumaturgie (62), bourrelles (63), chancis – prosateurs (64), hétérodoxes – esquif (65)

Atelier d'écriture – 3

Maintenant que vous avez 10 jolis mots qui tournent autour de votre objet de base, on les réserve, vous savez, comme en cuisine.
Nous allons corser la chose en réfléchissant à 10 termes qui riment avec notre objet !

C’est à vous en commentaire !

(pour reprendre du début, c’est par ici ! Et la suite… le 2 juin prochain !)

Impromptu de la semaine : Rose et rainette

Ben voilà, comme d’habitude, ce sont toujours les mêmes qui sont punis. Allez rendre service, moi, je vous dis ! Elle me demande d’aller lui chercher quelques grillons et bien entendu, que je m’adresse à notre voisine de nénuphars qui en fait le commerce n’a pas plu à madame. Evidemment que non. C’est sur les roses que madame m’a envoyé dès qu’elle m’a vu arriver du trottoir d’en face, malgré ma gueule pleine d’insectes charnus. C’est ma faute à moi, si je n’aime pas chasser et que la voisine détient les plus beaux spécimens de l’étang ? Elle le savait, la bougresse, quand on s’est acoquiné, que je n’étais pas porté sur la chose. Mais peu importe, je vais en profiter pour faire un somme, je ne connais rien de plus moelleux qu’un cœur de rose pour piquer un roupillon et se refaire une santé. Et la prochaine fois que madame me demandera de ramener la pitance, c’est elle, que j’enverrai sur les roses ! Non mais !

Image de départ :

Je viens de lire…

Un miracle en équilibre, de Lucia Etxebarria

Vous vous souvenez, le jour où nous avons préféré nous nourrir de papier (et vieux qui plus est) plutôt que bons aliments bien frais ? Et bien ce livre faisait partie du lot. J’ai lu « Amour, Prozac et autres curiosités » du même auteur et j’ai beaucoup aimé ce livre. Du coup, ni une ni deux, j’ai déposé « Un miracle en équilibre » dans le panier d’achat (qui n’était autre que nos mains) et l’ai conservé précieusement pour m’en délecter par la suite.

En bref : C’est l’histoire d’un…e femme. Elle écrit son journal, qu’elle adresse à sa fille tout juste née, âgée de quelques mois. La narratrice lui raconte comment elle en est arrivée à faire certains choix, parfois contre son gré, parfois sans même savoir pourquoi, de quelles manières elle a traversé les épreuves de la vie, passées ou qui nous sont relatées « en direct » dans le récit, et les raisons qui l’ont poussée à laisser ce témoignage de vie à sa descendance.

Le plus : Les personnages hauts en couleur, qui signe la plume de Lucia Etxebarria (je dois être maso de réécrire son nom plutôt que de mettre « auteur »). L’histoire est un jolie observation de l’influence des expériences adolescentes sur notre vie d’adulte, comme de la manière dont ce qui nous aura été seriné, l’ambiance dans laquelle nous aurons grandi, peuvent conditionner nos trajectoires une fois dans la cour des grands. Des sentiments justes, pas toujours louables, d’où leur sincérité lorsqu’ils sont livrés. On s’y attache, à ce petit bout de bonne femme, fragile et vaillante.

Le moins : Les premières pages sont un condensé, à mes yeux, de tournures et de figures de style pour montrer qu’on sait bien écrire, qu’on aimerait capter notre lectorat via des ficelles vieilles comme le monde. J’ai levé les yeux au ciel plus d’une fois, mais j’ai l’esprit très critique en la matière, je l’avoue, puisque ce genre littéraire constitue, avec un autre un peu plus mystérieux, mon antre d’écriture. Mis à part ce petit désagrément, j’ai pris plaisir à retrouver la traduction de la verve de Lucia (oui, je ne suis pas folle non plus, je préfère insinuer qu’on se connait bien en utilisant que son prénom… comment ça le copié/collé ça existe ? Je fais ce que je veux d’abord !) Donc à lire si vous aimez les récits de vie romancés.

Impromptu de la semaine : La délicatesse des liaisons

Les histoires passées, douloureuses, heureuses, ne définiront pas notre présent.

Avec bienveillance et foi en l’avenir, les jours partagés se dérouleront paisiblement.

 

Derrière nous, les moments difficiles,

En nous, les émotions non feintes,

Loin de nous, les démons fossiles,

Intérieures, nos douces craintes.

C’est avec amour et compassion,

Amitié, cœur et courage,

Timidité tremblante et admiration,

En constante attention sur l’ouvrage,

Savourant silences et chansons,

Sourires, soupirs, désir, plaisir…

Et emprunts de douceur, que nous renaîtrons.

 

Difficultés à traverser,

Epreuves à transcender,

Sursauts de vie à préserver.

 

Légitimer ce que nous créons ensemble,

Il ne peut y avoir plus belle finalité.

Alors que nos cœurs encore en tremblent,

Il ne peut exister de meilleure visée.

Selon que ton âme décidera du meilleur ou du pire,

Oracle inattendu de nos amours tumultueuses,

Nous aurons une relation à savourer tout à loisir,

Sensuelle, presque rêvée… ou vénimeuse.

Je viens de lire…

Dans le secret des maîtres du monde, de Christian Malard

Abonnée depuis des années à un célèbre magazine qui fait réfléchir sur soi, cet ouvrage y a été encensé et c’est donc avec empressement que je l’ai  déposé dans ma liste d’envies littéraires Amazon (pardon à mes libraires préférés). Vu son petit prix, il a fait partie d’une commande d’autres articles, parce que j’avais vraiment envie de creuser ces témoignages qui m’intriguaient énormément.

En bref : Le grand journaliste, Christian Malard (qui vient de la même région que moi !), à la carrière guidée par ses très bonnes relations diplomatiques, tantôt dues au hasard, tantôt relevant d’une capacité à analyser les situations pour en tirer le meilleur parti, a décidé de mettre en lumière certaines anecdotes vécues lors de ses nombreux déplacements à l’étranger, pour interviewer Chefs et Secrétaires d’Etat, Premiers Ministres et Rois, sur tous les continents.

Le plus : De la simplicité dans ce récit rythmé par les rencontres des représentants des différentes nation visitées. Quelques détails croustillants, d’autres amusants, la plupart confirmant les intuitions que l’on pouvait déjà avoir sur les personnages interrogés par Christian Malard. Une très bonne connaissance du Moyen-Orient permet à ce dernier de créer certains liens entre des évènements allant des années 80 à 2000. La lecture entière de ce livre ouvre les yeux sur pas mal de points d’actualité et rappelle combien l’Histoire d’aujourd’hui a commencé sa construction hier. La fin (les derniers rapports d’interviews) m’a passionnée.

Le moins : Un style vraiment très simple, trop simple, même pour un journaliste (ça vaaaa, je plaisaaaaaante). J’ai dû m’accrocher au début, car c’était plat et sans envergure. Mais je n’aime pas l’idée de refermer un livre sans lui avoir donné totalement sa chance et j’ai très bien fait. Christian Malard a fini par m’embarquer au milieu du livre, avec des témoignages qui se rapportent plus directement à des moments cruciaux de notre Histoire mondiale. Parfois, ses prises de position m’ont un peu dérangée (même si j’ai pu partager son point de vue pour certains passages), mais il m’a fallu me souvenir que c’était un livre, SON livre, et non un article de journal, qui se voudrait neutre et impartial.