L’impromptu de la semaine : Le sacre de l’été

La dernière rose fane sa couleur délicatement poudrée au milieu d’une herbe roussie. Les insectes stridulent à tout va, pour quelques minutes encore… Le soir arrivant, l’horizon se pare de chaudes teintes savamment mêlées à un turquoise qui semble avoir été créé pour l’occasion. L’air est tiède, chargé d’une odeur inimitable, de celles que l’on ne peut définir et qui invitent pourtant mille images derrière nos paupières fermées : la douceur d’un grain de peau ensoleillé, une mer translucide et parfaitement iodée, le vert tendre d’un végétal au toucher léger comme l’air, un chat qui s’étire dans le bien-être le plus total…

Et soudain, l’odeur change, présageant un orage dans l’heure. Il est même déjà là.

La pluie fait teinter la moindre partie métallique qu’elle trouve à sa portée, se contentant d’un bruit mat mais net sur les minéraux, le verre, les plastiques. Son rythme effréné, s’intensifiant à mesure que le grondement encore lointain se rapproche, rythme les battements des cœurs environnants. Le luxe ultime de ces moments précieux réside dans le temps que l’on va prendre pour apprécier le spectacle… Se délecter du nettoyage minutieux de chaque relief terrestre… Laisser les corps résonner au son d’une musique unique et éphémère, inspirer profondément les effluves résultant de l’union de la terre et du ciel…

Puis revenir à la réalité, sortir d’un songe d’une nuit d’été, au cœur d’une fraîcheur noctambule et d’un silence à couper le souffle. Savourer le moment suspendu, comme le privilège de goûter à l’après d’une communion sensuelle de la Nature et des éléments.

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