Impromptus : Un nouveau départ

Lettre ouverte…

Une fois de plus, tu me dis ne pas me mériter

N‘insiste pas, je sais déjà tout le mal que tu m’as fait

Ni le souvenir de nos plaisirs, ni la réalité de nos constructions

Ont le pouvoir de rattraper le temps et me ramener à ta raison

Une fois de plus, tu avoues tes démons, tes pires cauchemars

Vils assassins d’une pourtant si prometteuse et jolie histoire

Et c’est sans parler des monstres cachés dans mon propre placard

A l’affût du moindre souffle de vie à tourner au désespoir

Une fois de plus, nous contemplons impuissants le résultat

De nos déchirures enfouies, spectres de nos souffrances, toujours là

Et si nous n’avons pas réussi, malgré tous nos efforts, à nous guérir mutuellement

Plutôt que de considérer notre chemin comme des projets menés vainement

Arrêtons-nous sur ce qu’a été notre vie, ce que nous avons réalisé

Rien qu’en contemplant ces visages d’ange qui ne cessent de nous regarder

Trouvons le moyen d’apaiser douleurs, craintes et angoisses endurées

… pour un nouveau départ

Impromptus : Décalage horaire

Parce qu’ils ne se retrouvent que le soir.

Parce qu’ils ne peuvent pas vivre un autre moment.

Parce qu’ils ne peuvent se dire leur désir qu’à la tombée de la nuit.

Parce qu’ils expriment leur passion sous couvert de l’obscurité.

Parce que lorsqu’ils se retrouvent le temps s’arrête.

Parce que lorsqu’ils se retrouvent le temps n’existe plus.

Parce que lorsqu’ils s’unissent le temps n’a même jamais existé.

Parce que lorsque l’aube pointe, ils redeviennent leur ombre.

Parce que pour redevenir quelqu’un, l’un à l’autre, ils devront attendre.

Parce que leur vie est faite d’extrêmes, de la tièdeur à l’ivresse.

Parce que la vie décide seule, mais accepte d’être contrariée. Officieusement.

Parce qu’ils s’aiment…

… ils vivent à chaque fusion leur propre décalage horaire.

Impromptus : La nuit où j'ai volé sur le dos du dragon

La nuit où j’ai volé sur le dos du dragon, les mots ont tournoyé comme ils ne l’avaient fait depuis longtemps. L’inspiration ne se cherche pas, elle vous tombe dessus. Tout comme cette créature fantastique sortie de nulle part, venue m’arracher à ma vie réelle, pour m’emmener dans des sphères inconnues, lointaines et si proches à la fois.

 

La nuit où j’ai volé sur le dos du dragon, un soleil s’est allumé, de faible intensité d’abord, à peine pour éclairer ce qui se présentait sous mes yeux. Une bête puissante, avec juste ce qu’il faut de noirceur et de mystère pour vous pousser à aller plus loin dans l’exploration. J’ai décidé de lui faire confiance donc, et après nous être élevés dans les airs, lui ai demandé d’augmenter la vitesse, par de simples appels du pied, écoutant ma nature d’amazone.

 

La nuit où j’ai volé sur le dos du dragon, le soleil aux rayons pâles s’est intensifié, donnant plus que de la lumière, ajoutant de la couleur aux mots, aux images, aux sensations. Son rayonnement épiçait l’aventure, salant les contrées découvertes, poivrant les cieux traversés, pimentant la nature qui défilait sous nos ombres, irréelles dans le crépuscule.

 

La nuit où j’ai volé sur le dos du dragon, l’astre solaire finit par rayonner de mille feux, complétant sa magie grâce à la chaleur qu’il délivrait maintenant, se diffusant sur et dans toute chose vivante alentours, nous compris. Ma monture au sang froid, se réchauffant à son contact, à mon contact. Mon corps au sang chaud, déjà en ébullition dans mes veines, se solidifiant en énergie surpuissante.

 

La nuit où j’ai volé sur le dos du dragon, j’ai découvert une multitude de sensations étranges, nouvelles, savoureuses, par tous les sens. Une nourriture abstraite du ventre, de l’imaginaire, de l’esprit. Mais… je dois vous laisser… car cette fameuse nuit ne fait que commencer…

 

Ecrit pour les Impromptus.

Entretien avec un rêveur

(…) Tu comprends maintenant ce à quoi aspirent les femmes, car je pense que tu as enfin une vision assez juste de ce qu’elles souhaitent : l’ambivalence, l’ambigüité (ce qui fait l’essence même du caractère féminin !)… un mélange de confort et de surprise, de cocooning et de frisson, de promesses et de piqûres de rappel… il faudrait un Superman de l’occasion, un géant fort sur lequel pouvoir compter, un acrobate de toutes les situations… cet homme là n’existe pas… et c’est pour ça que c’est difficile, pour tout le monde, mais encore plus pour un « aventurier de la vie » comme toi, qui est en demande constante de nouveauté et de sensations… c’est en ça également que c’est complexe : tu recherches (attends) une personne qui pourrait ressentir, vivre et espérer comme toi, mais ça non plus, ça n’existe pas (n’en déplaise à ta psy !)… je suppose que ton souhait de rencontrer quelqu’un avec au minimum quelques projets que tu partagerais et que tu n’aies pas à convaincre est un peu plus réaliste… et cela doit être le résultat de tes expériences amoureuses passées… comme quoi tout est « utile » dans la vie, rien n’est vain, surtout ce qui fait mal… (…)

Plume au rêveur

Impromptus : Aprés l'amour…

 

Après l’amour… vient le beau temps.

 

Tout commence par une tension dans l’air. Imperceptible au départ, elle enfle jusqu’à rendre l’atmosphère étouffante. Il faut relâcher la vapeur. L’électricité est là, elle parcourt chaque parcelle des deux corps face à face, hérissant le plus petit poil, faisant tressaillir le moindre pore, distillant sa chaleur au plus profond d’eux.

 

Le courant passe. Par les regards d’abord. De brefs, ils deviennent appuyés pour finir par ne plus se quitter. Lorsque le contact visuel est rompu, c’est que le toucher a pris le relais. Les doigts se posent un à un sur la peau encore frémissante. Ils réalisent de douces arabesques en frôlant l’épiderme, réveillant les autres sens qui seraient encore endormis.

 

Quand la bouche entre en scène, les mains deviennent pleines, elles attrapent ce qu’elles trouvent sur leur passage. Les baisers légers se muent rapidement en une exploration fiévreuse, humidifiant les corps, comme le ferait une pluie fine et tiède.

 

L’intensité augmente. Des éclairs de désir jaillissent des yeux, alors que le tonnerre gronde sourdement dans les entrailles. Tout se fait feu, s’embrase au moindre geste. Un nuage de soupirs flotte dans l’air, augmentant encore la température des corps.

 

Enfin, le ciel s’ouvre en deux quand vient l’extase commune, agitant les corps, qui restent un moment remués par les soubresauts de l’intensité du plaisir. La foudre est tombée. Là où le coeur est marqué. A vie.

 

Après l’amour… vient le beau temps.

Suspens…

Si les points de suspension pouvaient parler,
ils pourraient en dire des choses et des choses… (
Pierre Dac)

J’aime beaucoup cette maxime, autant que j’aime les points de suspension…!

J’use et abuse de cette ponctuation, tour à tour pour nuancer mes propos, qui peuvent parfois être mal interprétés à la lecture, également pour laisser planer le doute, histoire de ne pas briser une ambiance, mais aussi pour donner la possibilité au lecteur d’imaginer la suite, à sa guise… suivant la complicité qui nous lie ou le sujet exploité…

J’aime les points de suspension, car comme le disait si justement Pierre Dac, ils peuvent tout dire… ils laissent libre cours à l’inspiration du moment, au désir qui nait et à l’envie qui pointe. Utilisés autour d’un thème sans équivoque, les points de suspension donnent de l’intensité aux échanges, ils les réhaussent d’un petit quelque chose d’indéfinissable…

En abordant des sujets plus sérieux, ils permettent de casser une phrase lourde de sens, afin de la rendre plus digeste. Ils peuvent aussi atténuer la portée d’un propos, difficile à exprimer par l’écrit.

Dans le cadre d’un échange plutôt amusé, il donne la possibilité au correspondant de reprendre la main, d’ajouter son grain de sel à la joute qui se déroule virtuellement, puisque les points de suspension, vous en conviendrez, sont bien difficiles à utiliser dans la vie réelle !

Je veux bien entendu parler des conversations de vive voix : il n’est pas aisé de placer la ponctuation dont il est sujet ici… encore que… un silence dosé, un regard explicite, un geste en attente… oui… finalement…

Les points de suspension peuvent si bien se transposer en face à face…

Impromptus : J’aimerais devenir…

J’aimerais devenir…
… ce que j’aurais dû être.

Un brillant journaliste, un talentueux écrivain,
un homme sachant manier les mots avec conviction, en respectant leur poids, leur insufflant la vie, un sens, une dimension. Déplaçant des montagnes à leur seule évocation.

J’aimerais devenir…
… ce que je ne serai jamais.

Un chef d’entreprise respecté, un politicien extraordinaire,
un homme engagé dans des valeurs (in)estimables, protégeant les siens, proches comme inconnus. Révélant la vraie nature de l’Homme, celle du fond, idéale et spectrale.

J’aimerais devenir…
… ce que j’aurais pu être.

Un pilote de course automobile, un sportif de haut niveau,
un homme solide, compétiteur forcené, atteignant les sommets à la seule force du poignet, conjuguée à un mental d’acier. Relevant tous les défis, accomplissant les prouesses avec volonté.

J’aimerais devenir…
… ce que je ne devrai jamais être.

Un goûteur de vie, un faiseur d’émotions,
un homme vrai, qui ne se ment pas à lui même, qui ne touche pas à l’intégrité de ses sentiments, même si ceux-ci n’entrent plus dans le moule imposé par les Autres. Réussissant à aimer, tout simplement.

Remords et Regrets s’emmêlent et s’éclipsent…
… pour ne laisser que la trace de leur morsure commune.