Je viens de lire…

Nos étoiles contraires, de John Green

Oui, j’ai bien une montagne de livres à lire, (pas toujours) sagement posés sur, sous et pas loin de ma table de nuit. Oui, je dois avoir encore une année de lecture devant moi. Oui, quand on me conseille un livre, je dis « au diable l’avarice » et « je lirai même quand je serai morte » et je prends ledit livre pour le dévorer dès l’actuel terminé. Merci ma Fanny pour ce joli prêt. Car honnêtement, des enfants cancéreux, qui vivent une adolescence au coeur de la maladie, c’est super sexy n’est-ce pas ? (C’est bien ce que je me suis dit en acceptant le livre, pour ne rien vous cacher. Et puis la quatrième de couv’, plutôt engageante, les yeux qui pétillent de la propriétaire du livre, bref…)

En bref : Hazel « Grace » fréquente un groupe de paroles pour enfants atteints du cancer et y fait la rencontre d’Augustus, qui deviendra son meilleur ami et… plus si affinités. Sur la même longueur d’onde, le couple d’adolescents va découvrir les prémices de l’amour et surtout, creuser la piste d’une suite réelle au roman qui a subjuguée Hazel lorsqu’elle l’a lu, et dont l’auteur a arrêté le dernier chapitre en plein milieu d’une phrase, jusqu’à le retrouver aux Pays-Bas, où l’écrivain s’est exilé.

Le plus : Une romance légère sur fond de maladie grave, il fallait oser et surtout la mener avec brio. C’est chose faite car le livre dépeint mille émotions qui ont une chacune une large part sans qu’aucune en éclipse une autre. On ne sait pas vraiment qui va devenir quoi, et c’est plutôt bien puisque nous sommes de suite amenés dans l’univers des enfants cancéreux, avec tous les possibles que cela peut générer, positifs comme moins agréables. Facile à lire, avec juste ce qu’il d’intrigues, les personnages sont touchants… bref, un bon roman à mes yeux.

Le moins : C’est une ambiance particulière que John Green nous dépeint dans ce livre et si on n’y entre pas rapidement, on peut rester au bord de la route et lire le roman avec un certain détachement qui gâche légèrement l’investissement émotionnel que l’on a l’opportunité d’avoir. J’ai personnellement eu du mal à adhérer au ton donné, malgré son charme indéniable. Pas sûre que dans la réalité, les choses puissent se dérouler ainsi. Et lorsque l’on parle cancer, on ne peut s’empêcher de faire des parallèles avec la réalité.

Je viens de lire…

A l’enfant que je n’aurai pas, de Linda Lê

Au gré de mes lectures, sur le net, dans les magazines, un peu partout, je note des références, je comble ma liste d’envies Amazon (bouh, pas bien Amazon pour les livres, je sais) et j’achète, j’emprunte, je récupère et je lis. Je lis ce genre d’essai par exemple, rapide et que j’espère émouvant. Bouh ouh ouh… A trop vouloir y croire… Merci Axel.

En bref : Nous sommes ici en présence d’un être humain qui écrit son désir de ne pas avoir d’enfant. L’auteur nous explique pourquoi, malgré l’idée, que je partage, qu’on ne devrait pas avoir besoin de raison pour assumer son choix de ne pas enfanter. C’est estimer que devenir parent est une obligation pour chacun de nous, alors que c’est loin d’être le cas.

Le plus : Le titre ? Euh… La couverture du livre ? Mmmmhhhh…. Ah non, je sais ! L’apprentissage du « beau » français. Oui, c’est ça.

Le moins : D’accord, je me suis peut-être rapidement braquée. Il ne m’aura fallu que trois pages pour que je m’arme d’un crayon de papier et souligne tous les termes qui me sautaient aux yeux. Parfois parce que je ne les connaissais pas, souvent parce que je les trouvais inadaptés à une lecture de témoignage au sujet d’un thème aussi sensible et intéressant. Systématiquement parce que je ne les ai pas perçus accessibles au plus grand nombre. Je peux comprendre que l’auteur se fasse plaisir en usant et abusant des richesses et subtilités de la langue française. En revanche, ne pas lire une seule page (ou peu s’en faut) sans un terme qui pourrait interpeller le lectorat lambda, c’est un peu fort de café (ou alors il faut donner un second titre à ce livre, un truc du genre « et enrichissez votre vocabulaire ! ». D’un moment que je m’attendais rempli d’émotions, ma lecture m’a complétement fait passer à côté de ce que l’auteur a sans doute voulu tout de même partager de ses ressentis. Dommage.

Florilège (je connais la plupart de ces mots, mais la succession est difficile à digérer et à mes yeux, élitiste) :

Syllogismes (7), aphoristiques – négateurs (8), moutonnier (9), antiennes (10), hypocoristiques (12), pharisaïsme (18), notabilités (20), tardillon (21), rigorisme (22), Omphale (23), prodigalités (27), emplâtres (28), asthénie (29), pinacle (30), tératologue – égotisme – byzantinisme (31), bréviaire (33), acéphales (35), bibliolâtre – monomane (36), gésine – cyclothymie (37), rapetassés (39), empeigne – laïusseur (40), antithétiques – pyrrhonisme (43), difficultueux – parturition – maïeuticien (44), asymptotes (45), béotisme (47), schibboleths – sorbonnard (48), intempérance (49), détellerais (51), raptus (52), déjetée (53), brindezingue (54), séraphique (60), thaumaturgie (62), bourrelles (63), chancis – prosateurs (64), hétérodoxes – esquif (65)

Je viens de lire…

Un miracle en équilibre, de Lucia Etxebarria

Vous vous souvenez, le jour où nous avons préféré nous nourrir de papier (et vieux qui plus est) plutôt que bons aliments bien frais ? Et bien ce livre faisait partie du lot. J’ai lu « Amour, Prozac et autres curiosités » du même auteur et j’ai beaucoup aimé ce livre. Du coup, ni une ni deux, j’ai déposé « Un miracle en équilibre » dans le panier d’achat (qui n’était autre que nos mains) et l’ai conservé précieusement pour m’en délecter par la suite.

En bref : C’est l’histoire d’un…e femme. Elle écrit son journal, qu’elle adresse à sa fille tout juste née, âgée de quelques mois. La narratrice lui raconte comment elle en est arrivée à faire certains choix, parfois contre son gré, parfois sans même savoir pourquoi, de quelles manières elle a traversé les épreuves de la vie, passées ou qui nous sont relatées « en direct » dans le récit, et les raisons qui l’ont poussée à laisser ce témoignage de vie à sa descendance.

Le plus : Les personnages hauts en couleur, qui signe la plume de Lucia Etxebarria (je dois être maso de réécrire son nom plutôt que de mettre « auteur »). L’histoire est un jolie observation de l’influence des expériences adolescentes sur notre vie d’adulte, comme de la manière dont ce qui nous aura été seriné, l’ambiance dans laquelle nous aurons grandi, peuvent conditionner nos trajectoires une fois dans la cour des grands. Des sentiments justes, pas toujours louables, d’où leur sincérité lorsqu’ils sont livrés. On s’y attache, à ce petit bout de bonne femme, fragile et vaillante.

Le moins : Les premières pages sont un condensé, à mes yeux, de tournures et de figures de style pour montrer qu’on sait bien écrire, qu’on aimerait capter notre lectorat via des ficelles vieilles comme le monde. J’ai levé les yeux au ciel plus d’une fois, mais j’ai l’esprit très critique en la matière, je l’avoue, puisque ce genre littéraire constitue, avec un autre un peu plus mystérieux, mon antre d’écriture. Mis à part ce petit désagrément, j’ai pris plaisir à retrouver la traduction de la verve de Lucia (oui, je ne suis pas folle non plus, je préfère insinuer qu’on se connait bien en utilisant que son prénom… comment ça le copié/collé ça existe ? Je fais ce que je veux d’abord !) Donc à lire si vous aimez les récits de vie romancés.

Je viens de lire…

Dans le secret des maîtres du monde, de Christian Malard

Abonnée depuis des années à un célèbre magazine qui fait réfléchir sur soi, cet ouvrage y a été encensé et c’est donc avec empressement que je l’ai  déposé dans ma liste d’envies littéraires Amazon (pardon à mes libraires préférés). Vu son petit prix, il a fait partie d’une commande d’autres articles, parce que j’avais vraiment envie de creuser ces témoignages qui m’intriguaient énormément.

En bref : Le grand journaliste, Christian Malard (qui vient de la même région que moi !), à la carrière guidée par ses très bonnes relations diplomatiques, tantôt dues au hasard, tantôt relevant d’une capacité à analyser les situations pour en tirer le meilleur parti, a décidé de mettre en lumière certaines anecdotes vécues lors de ses nombreux déplacements à l’étranger, pour interviewer Chefs et Secrétaires d’Etat, Premiers Ministres et Rois, sur tous les continents.

Le plus : De la simplicité dans ce récit rythmé par les rencontres des représentants des différentes nation visitées. Quelques détails croustillants, d’autres amusants, la plupart confirmant les intuitions que l’on pouvait déjà avoir sur les personnages interrogés par Christian Malard. Une très bonne connaissance du Moyen-Orient permet à ce dernier de créer certains liens entre des évènements allant des années 80 à 2000. La lecture entière de ce livre ouvre les yeux sur pas mal de points d’actualité et rappelle combien l’Histoire d’aujourd’hui a commencé sa construction hier. La fin (les derniers rapports d’interviews) m’a passionnée.

Le moins : Un style vraiment très simple, trop simple, même pour un journaliste (ça vaaaa, je plaisaaaaaante). J’ai dû m’accrocher au début, car c’était plat et sans envergure. Mais je n’aime pas l’idée de refermer un livre sans lui avoir donné totalement sa chance et j’ai très bien fait. Christian Malard a fini par m’embarquer au milieu du livre, avec des témoignages qui se rapportent plus directement à des moments cruciaux de notre Histoire mondiale. Parfois, ses prises de position m’ont un peu dérangée (même si j’ai pu partager son point de vue pour certains passages), mais il m’a fallu me souvenir que c’était un livre, SON livre, et non un article de journal, qui se voudrait neutre et impartial.

Je viens d'aller voir…

Train Fantôme, de Gérard Sibleyras et Eric Métayer

Le théâtre, j’aime beaucoup. Mon fils aîné en fait au collège et apprécie également. Donc pourquoi pas trouver une pièce à laquelle nous pourrions nous rendre en trio ? Dans le programme de mon théâtre municipal, il y avait « Train Fantôme », avec la belle promesse  » Oserez-vous rire de peur ? ». Ni une ni deux, je cours lire les critiques ! Plutôt correctes dans l’ensemble, je prends les places. Pétard… Grand moment de solitude.

En bref : On tourne autour de Dracula, avec gags, références cinématographiques, danse et… humour. 5 artistes se complètent ou se relaient pour camper les personnages de cette histoire (car il y a quand même un fil conducteur) qui va dans tous les sens et se veut visuelle.

Le plus : Euh… Alors… Les petits prix pour la voir ? Non, sérieusement, je ne cherche pas à laminer le concept, mais nous étions trois à y assister et trois à ne pas avoir accroché, du tout ! Donc parce que c’est la ligne des points positifs, je dirais : l’énergie débordante des acteurs et les références à des films connus assez drôles.

Le moins : M’enfin. Là je ne comprends pas comment un soufflé peut retomber à ce point. Humour très facile, visible à des kilomètres, dont la rapidité de jeu n’arrive pas à faire oublier le manque de matière. Personnellement, tout comme une partie des spectateurs qui ont quitté la salle en même temps que nous, je n’ai pas trouvé la qualité à laquelle on pouvait s’attendre avec Eric Métayer aux commandes.

Je viens de lire…

La famille Lament, de George Hagen

Vous connaissez les deux fous qui sont à Bastille, reviennent sur Gare de Lyon à pied pour prendre leur train et rentrer dans leurs pénates, puis qui s’arrêtent devant une boutique de bouquins, avec 20 € en poche, les seuls 20 € qui devraient leur servir à manger le soir-même, parce que sur le compte, ben… y’a plus rien ! Ces mêmes fous qui jettent juste un oeil, juste, et se retrouvent avec une dizaine, une vingtaine ? de bouquins en main. Qui ne savent pas quoi faire, font le compte, réduisent leur budget bouffe de moitié, puis reposent un, deux, trois livres, pèsent le pour et le contre (on a vraiment faim ?), font les yeux doux au bouquiniste et finissent par décoller des lieux avec une douzaine de livres et… je ne me souviens même plus de la monnaie, juste de l’air blasé de l’asiatique qui tenait l’épicerie dans laquelle nous avons acheté deux bouts de sandwiches, quand il m’a vue ramer fort pour récupérer des centimes afin d’acheter la pomme que je convoitais pour notre dessert commun. Il a fini par me l’offrir. La famille Lament fait partie des livres dont la 4ème de couv’ m’a séduite.

En bref : C’est l’histoire d’un mec… enfin, plutôt d’une famille, la famille Lament donc, qui traverse les années comme nous tous, avec son lot de joies et de chagrins, ses épreuves et ses grands évènements de la vie, avec un brin d’excentricité et une âme voyageuse. Les faits sont relatés de manière si vraie, si proche de nous, que l’on a l’impression de lire une histoire vécue, comme une biographie familiale (ce qui est peut-être le cas). Expatriation, reconnaissance, travail, amour-propre, douleurs familiales, petits bonheurs, il y a tout dans ce livre. Et un style d’écriture que j’affectionne tout particulièrement pour l’explorer de temps à autre, comme dans l’impromptu « elle avait apporté des tournesols ». Bref, une saga à lire quasi d’une traite, comme moi, en vacances, comme moi, ou dans le métro, sur la plage, en voiture…

Le plus : Le style de l’écrivain, fluide, accessible mais riche, le déroulement de l’histoire, les sentiments que l’on peut presque palper, beaucoup d’émotions pour qui sait rentrer dans l’univers en cours de lecture. Une histoire de famille, mais pas que, évidemment : des blessures intérieures qui sont traitées avec justesse, des anecdotes de vie racontées avec des détails nécessaires et non assommants, un déroulement généalogique qui donne envie de lire une suite, s’il y avait une suite.

Le moins : Se lit très vite, trop vite, car certains passages auraient mérité d’être approfondis et m’ont un peu laissée sur ma faim, mais c’est un tout petit moins. On appelle ça comment déjà ? Un roman de gare ? Mouais, je n’ai jamais été fan de l’expression. Mais il y a un peu de ça dans la facilité à lire le livre.

Je viens d'aller voir…

Papa ou Maman, de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière

Voilà, j’ai sauté le pas, j’ai pris un abonnement chez Pathé Gaumont. Bon, petit l’abonnement, parce que dans nos agendas de ministres, difficile de caser un ciné en duo régulier. Ah oui, je ne vous ai pas dit ? La carte et le ciné, en ce moment, c’est en amoureux. Na. Non mais. Donc, petite carte à exploiter et nous avons démarré par « Papa ou Maman », sans savoir de quoi ça parlait. J’ai lu sur un blog que l’humour grinçant du scénario était rafraîchissant, ni une ni deux, j’ai sauté sur l’après-midi du vendredi suivant pour nous aménager un créneau de trois heures et nous enfermer dans une salle obscure en toute intimité.

En bref : Le couple est à plat, donc on décide de se séparer, mais en bons termes, car nous avons beaucoup de respect pour l’autre et surtout, la bienveillance règne. En une phrase, voici le topo de départ. Mais tout s’accélère bien vite, car des opportunités professionnelles vont pousser les deux adultes à faire preuve d’ingéniosité pour que leur progéniture aille avec… l’autre. Aucun ne veut se priver d’une potentielle avancée de carrière, donc ce sera à qui aura l’idée la plus… efficace ? Pour arriver à ses fins. Attention, humour plus que grinçant en effet et surtout, pas de premier degré, vous risqueriez de ressortir déçus, comme ce couple d’amis à qui nous avons chaudement recommandé le film et qui s’attendaient à… ben je ne sais pas trop à quoi, mais pas à ça !

Le plus : J’ai ri pendant toute la durée du film, sans m’arrêter. Alors oui, je devais être spécialement dans le mood, mais j’avoue que les mises en scène et le jeu des acteurs ont totalement fonctionné sur moi, ainsi que sur Yo, ai-je appris au débriefing. Si parfois Laurent Laffite est un peu « absent », Marina Foïs est (comme toujours ?) très juste. Les enfants, de parfaits stéréotypes d’aujourd’hui, sont dépeints d’une telle façon qu’on ne se soucie que très peu de leur bien-être, me suis-je aperçue ultérieurement (et je parle en style pompeux si je veux). Bref, un scénario sympa bien exploité et avec des acteurs qui tiennent la route !

Le moins : Les petites absences de Laurent Laffite, la possibilité, en effet, de ne pas être sensible au genre d’humour exploré ici, car il est quand même particulier, il faut bien l’avouer, mais la mère poule que je suis ne s’en est pas offusquée le moins du monde. Je suis allée voir une comédie qui ne se prend pas au sérieux et c’est bien ce que j’ai regardé. Allez, parce qu’il faut dire quelque chose, la scène finale ? Prévisible à un millier, voire un milliard de kilomètres.

Je viens de lire…

Game of Thrones T.14, de George R.R. Martin

Depuis que je suis tombée dedans il y a plusieurs années, je ne me lasse pas de vivre et revivre les aventures de nos familles royales et sauvages, d’un autre temps et d’autres contrées. La saga peut paraître très longue aux yeux de non-connaisseurs, mais si ces derniers savaient à quel point la fantasy mise en oeuvre par Martin peut être chronophage tout autant que délicieuse… Sans parler, pour la gourmande que je suis, des références plus que régulières aux mets cuisinés autrefois et qui me donnent envie de tout relire pour noter scrupuleusement chaque recette, ingrédient et cuisson (ça existe peut-être déjà sur le net, ça ?)… Non, non, je ne suis pas folle…

En bref : Plusieurs familles se tirent la bourre pour savoir à qui reviendra la couronne de Westeros, enfin, plutôt le trône, tout en fer qui fait mal s’il vous plaît, comme vous pourrez le constater par vous-mêmes (ne cherchez pas, certains n’ont pas la même notion du confort que nous). Alors à grand renfort de héros trucidés et de perfidies, autant masculines que féminines, explorées jusqu’au bout de ce qui est possible, le Jeu des Trônes (littéralement) fonctionne à merveille, même au-delà des mers et du Mur. Les Stark, les Lannister, les Greyjoy et autres peuples de l’Est, Ouest, Nord et Sud s’entretuent ou s’associent joyeusement, la plupart du temps dans des bains de sang (oui, pour les deux) et pour le plus grand bonheur des lecteurs avides de rebondissements que l’auteur, ce cher George, ne manque pas de nous offrir. Le tome 14 s’axe particulièrement sur la Reine Daenerys et ses choix stratégiques, l’installation d’un Bolton dans la patrie Stark et… comment ça je parle chinois ? Et bien lisez braves gens ! Amateurs d’histoires à l’eau de rose, fervents défenseurs de romans historiques ou lecteurs de polars bien ficelés, il y en a pour tout le monde dans cette saga….

Le plus : L’univers, assurément. Toujours aussi transportée par les détails et particularités des lieux, des personnages, des us et coutumes. C’est là l’oeuvre d’un fou qui sait écrire avec brio et monter des intrigues qui tiennent toujours la route. Inutile de fermer les yeux, vous entendez couler la rivière enjambée par tel chevalier ou sentez le parfum de la rose cueillie par telle courtisane. Les personnages deviennent rapidement attachants et la cruauté de l’auteur n’y est pas étrangère. Mais je n’en dirai pas plus sur le sujet. Il y aurait de quoi faire un roman, pour vous convaincre de vous lancer dans la lecture du tome 1, impérativement avant de sombrer dans l’adaptation télévisée, pourtant révélée plus que correcte par la critique comme les fans et surtout, esthétique. Mais vous savez bien qu’une lecture offre un voyage bien plus palpitant qu’un écran de télévision…

Le moins : Jusqu’à présent, il n’y en avait pas beaucoup, malgré l’envie irrépressible de baffer l’auteur à la lecture de certains passages (motus !) En revanche, le tome 14 devient un peu longuet sur deux ficelles de la trame (Arya et Daenerys, pour les lecteurs) et j’avoue m’être un peu ennuyée. Heureusement que l’une des deux situations citées en référence évolue, car mon entrain s’était un peu calmé depuis la fermeture de ce tome et comme le prochain mettra un certain temps à arriver en France, cela aurait été dommage, quand même. Donc vous avez compris… foncez !

Je viens d'aller voir…

Guillaume et les garçons, à table !, de et avec Guillaume Gallienne

Une envie subite de me retrouver dans le noir et plongée dans une histoire qui ne serait pas la mienne, associée à un plaisir coupable en plein après-midi de travail, cocktail des champions pour savourer un film plébiscité par beaucoup de monde, critiques comme spectateurs. C’est ce qui a décidé le titre du film qui répondrait à mon besoin d’évasion du jour. Et franchement, je ne suis pas déçue. Inclassable pour moi, ce long métrage est truffé d’émotions que l’on sent vraies et sans chichi. J’ai aimé me questionner sur la véracité des faits, sans trop creuser non plus, afin de garder cette petite magie que confèrent les images sur grand écran.

En bref : C’est l’histoire d’un mec… Non mais vraiment ! C’est l’histoire d’un MEC, que l’on veut formater, qu’ELLE veut formater. Une histoire d’amour filiale, familiale même, fabuleuse, racontée avec beaucoup d’humour et qui nous fait réfléchir, forcément. La profonde analyse d’un jeune homme que l’on étiquète très rapidement et qui se bat comme un beau diable pour sortir de la case dans laquelle on a essayé de le faire rentrer avec conviction.

Le plus : Avant tout, l’image. C’est filmé avec beaucoup de classe, d’originalité et de modernité. Les lumières, les jeux d’acteurs, les choix de plans, tout est réuni pour un film qui est esthétiquement réussi, à mes yeux. Ensuite, l’humour étroitement mêlé à la sincérité de l’auteur. C’est une histoire loin des clichés qu’on nous livre ici, avec en même temps de sérieuses références à ces lieux communs que l’on nous sert régulièrement. J’ai ri, beaucoup ri, j’ai eu la larme à l’oeil, aussi et je suis épatée qu’un film puisse être aussi juste dans les sentiments et la retenue. Juste ce qu’il faut. Guillaume Gallienne nous propose un film divertissant mais profond, un peu voyeur mais philosophique. Oui, tout ça à la fois. Il joue le rôle de sa mère avec amour et respect, et j’ai pris plaisir à imaginer les traits, le comportement, de cette personne. Courez le voir.

Le moins : Le malaise, léger, que l’on peut éprouver quand on se demande si vraiment, tout ceci est autobiographique, car si c’est le cas… pauvre garçon. Je me suis également mise à la place de la matriarche et forcément, ça dérange. Mais c’est aussi un formidable témoignage d’amour, que de réussir à mettre en mots, puis en images, cette relation loin d’être évidente à (di)gérer.

Je viens de finir…

Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants, de Terry Pratchett

Mon petit mari étant un grand adepte de l’auteur, autant dire que j’ai un choix démentiel quant à la sélection d’un récit né de sa plume. Certains sont en V.O. et donc ne verront pas l’ombre d’un de mes cils penchés sur leurs pages, mais la plupart en français sont pour le moins attirants. En passant devant la bibliothèque, le chat m’a fait de l’oeil… et ce fut bon.

En bref : La pollution de la planète est le cadet des soucis des mages de l’époque. Alors c’est avec désinvolture qu’ils jettent leurs déchets magiques de l’autre côté de la clôture de leurs bâtiments. Que se passe-t-il lorsque des rats nichent sur ce tas d’ordures ensorcelées ? Et que se passe-t-il quand ces mêmes rats sont la cible d’un chat rusé ? Ajoutez à cela une histoire de joueur de flûte montée en copieuse escroquerie, qui finit par se muer en mystère plutôt noir, et vous aurez votre trame presque complète !

Le plus : C’est un petit moment de bonheur, ce livre. Très fluide, son style se dévore à grand renfort de mots d’humour et d’images parlantes (ouf ouf ouf, le super jeu de mot). On se prend d’affection pour Maurice, mais également pour certains rongeurs qui offrent un panel de caractères si varié qu’on a bien du mal à ne pas réagir aux rebondissements de l’histoire. Quant au mystère, il est entretenu à souhait, savamment distillé au compte-gouttes. Je n’ai qu’une envie, me précipiter sur d’autres ouvrages de Pratchett.

Le moins : Allez, puisqu’il faut bien trouver quelque chose, je dirais que l’épilogue est encore facile, et que le duel qui s’annonce vers la fin du livre est quelque peu expédié. Mais je ne vous en dévoilerais pas plus ! Bonne lecture !