Je viens de (ne pas) finir…

Le chameau sauvage, de Philippe Jaenada

Toujours sur ce blog bien sympathique que je suis, sur lequel il nous était conseillé de lire cet ouvrage pour le moins… bref. Une jolie critique qui m’a poussée à l’acquérir. N’écoutant que ma bravoure, je passe outre les lamentations nourries de mon cher et tendre inhérentes à sa propre investigation du livre et me lance dans l’aventure de ce fameux chameau. Voilà, voilà, voilà…

En bref : Un type lambda se retrouve embringué dans des histoires farfelues, avec un peu la faute à pas de chance, et découvre quelque chose… mais quoi ? Seuls les lecteurs les plus aguerris le sauront.

Le plus : C’est un style d’écriture que j’affectionne parce je puise parfois dans la même veine. J’aime ses parenthèses, certaines de ses images, ses touches d’humour. Sans l’histoire elle-même, j’aurais sans doute passé un superbe moment en sa compagnie.

Le moins : Franchement, je ne suis pas élitiste, et ai bien du mal à me considérer comme écrivain, même du dimanche, la plupart du temps, mais là, j’ai quand même eu quelques interrogations sur l’intérêt d’un éditeur à publier une telle histoire, ou tout du moins, une histoire avec cinquante premières pages aussi convenues et dotées de clichés comme ceux que l’auteur nous assène. Le bonhomme qui s’enfonce et s’enfonce encore plus dans une sombre histoire de vol avec un mafieux marseillais raté, puis qui subit les outrances de policiers tous aussi ripoux les uns que les autres, brutes mal dégrossies qui se défoulent sur les gardés à vue pour oublier leur morne tâche. Accablant. Et ça ne donne pas envie de continuer sa lecture. Alors, après un petit bonheur sympathique qui a duré dix pages, je me suis profondément ennuyée à la lecture de ces frasques policières, suffisamment profondément pour que l’idée de terminer ma lecture ne m’effleure pas une seconde.

Je viens de finir…

Sa majesté des mouches, William Golding

Je l’ai vu trainer sur une étagère de notre bibliothèque et, me remémorant une des répliques de mon beau Sawyer dans Lost (oui, je sais rien à voir… mais si, un peu quand même ! Me remerciez pas les filles) dans laquelle il était question de cette expression, je me suis décidée à ouvrir ce livre qui est considéré comme un grand classique de la littérature enfantine (Gloups ! Enfantine
? Enfantine ! Non mais allô quoi ! -ok, j’arrête- ).

En bref : Des enfants se retrouvent isolés sur une île déserte, sans présence apparente d’adultes, laissant libre cours à leurs instincts. Organisation pour leur survie et volonté de faciliter leur sauvetage dans un premier temps, puis l’être humain, dans toute la complexité de sa nature, fait la différence et basculer l’histoire.

Le plus : D’un point de vue psychologique et regard sur l’homme, c’est sûr, ça fait réfléchir. En fermant le livre, l’étonnement ou la stupéfaction qu’il serait légitime de ressentir sont absents. A la place, vous avez une espèce de résignation qui vous envahit. Un peu comme un soupçon de fatalité qui plane au-dessus de vous… ça fait réfléchir, mais forcément pas de la manière la plus gaie. On devine la régression de cette fragile civilisation naissante et lorsqu’on assiste, impuissants, à son déclin (suivant l’angle de vue), des frissons nous parcourent. Effet garanti.

Le moins : Alors là, je vais calmer mes ardeurs, parce qu’a priori, j’en ai une liste longue comme le bras. Dans un premier temps, les illustrations de l’édition que j’ai lue (les mêmes que celles en tête d’article) : dépourvues de beauté et de finesse, sans doute pour souligner les facettes abruptes des personnages. Ensuite, le style ! D’accord, le roman a été écrit en 1954, mais je le trouve imparfait, peut-être est-ce simplement dû à la traduction ? Je n’ai pas la réponse. Toujours est-il que certaines phrases sont creuses, rendant les descriptions sans intérêt, voire inimaginables (le comble) ! Ensuite, la classe dans laquelle cet ouvrage est catalogué. Un lecteur engagé ressent ce qu’il lit. Je ne mettrai(s) pas mon fils de neuf ans face à ce livre ! Avec des pincettes celui de douze. la violence des réactions et des actes décrits est bien réelle. Pour finir, cela m’a rappelé l’intrigue de Lost, dans les trois premiers quarts du récit. Ce dernier n’y est pas pour grand chose, mais la sensation de m’être faite avoir par la série a persisté tout au long de ma lecture, sans pouvoir réellement détailler le malaise. Cela dit, je pense qu’il fallait que j’aie lu ce livre. C’est chose faite.

Je viens de finir…

Le livre de Joe, de Jonathan Tropper

J’ai lu, sur un blog que je suis, un article vraiment enthousiasmant au sujet de ce livre. Il y était question de ton particulier, beaucoup d’humour, de personnages décrits avec justesse et précision, d’histoire si ce n’est originale tout au moins accrocheuse, et de messages. Une critique avisée qui m’a donné plus qu’envie d’acheter l’ouvrage et de m’y atteler. Sans regrets.

En bref : Nous avons ici un écrivain névrosé, à qui tout pourrait réussir suite au succès phénoménal de son premier roman (fictif, évidemment… mais bel et bien basé sur des faits réels et surtout… vécu par ses proches et lui-même) qui se cherche en cherchant les autres, tout simplement. Alors quel bazar peut-il se créer lorsqu’il doit revenir sur les lieux de son enfance, qui sont les mêmes que ceux qui abritent l’intrigue du best-seller dont il est l’auteur ?

Le plus : Indéniablement, le style ! Le culot, l’humour, l’amour, les émotions diverses et variées qui sont distillées tout au long de ce roman. L’histoire en elle-même est divertissante quoiqu’un peu prévisible, mais la manière dont elle se déroule, le rythme, les interactions entre les personnes, l’ensemble est savoureux. Les sujets traités sont parfois tristes, souvent nostalgiques. La maladie, la jalousie, l’adolescence, les rapports entre humains, tout y est décrypté d’une façon admirable, avec une approche plutôt légère qui met tout le monde à l’aise. J’ai beaucoup, beaucoup aimé, notamment les réflexions et références du personnage principal, qui se rapprochent dangereusement de celles que nous pouvons avoir…

Le moins : Le plus ou moins happy end à l’américaine (forcément, tout ne peut pas être noir de chez noir, mais quand même). Certes, nous ne sommes pas épargnés par les tragédies dans ce livre, malgré tout, le ton de la romance, si bien amenée sur son fonctionnement compliqué, redevient banal. Sans rien vous dévoiler de plus, vous pourrez constater que mon bémol reste assez discutable…

Je viens de finir…

Une place à prendre, J.K. Rowling

J’ai repris le chemin de la lecture après un long moment d’abstinence (à croire que ce nouveau métier me prend un temps fou fou fou… ah ben oui, c’est vrai !) et je n’étais qu’à moitié convaincue en me lançant dans l’aventure. Je l’ai offert à mon petit mari lors de sa sortie, lequel a apprécié. Attention, résumé :

En bref : C’est l’histoire d’un mec… non, pardon, ce n’est pas cette histoire-là. Donc, c’est l’histoire d’une petite bourgade bien conservatrice qui fonctionne sous l’égide d’un conseil paroissial tout puissant. Lorsque l’un des conseillers meurt d’une crise cardiaque, certaines langues se délient et caractères s’affirment alors qu’une lutte acharnée pour la prise du poste vacant voit le jour. En parallèle, des tranches de vie, plus ou moins approfondies, de plusieurs acteurs du village sont délayées dans l’intrigue.

Le plus : On plonge avec délice dans les descriptions de certains personnages, hauts en couleur. Les détails font parfois frémir tant ils collent à certains aspects de nos propres personnalités. Mais le trait un peu grossier sur quelques caractères nous ramènent à la réalité du roman. L’intrigue se tient, sans grande surprise quant à son dénouement, mais avec des petits rebondissements légers qui agrémentent la lecture. Les personnages, parfois secondaires, sont pour certains attachants quand d’autres vous révulsent littéralement. Une plume aiguisée quant à la description des choses, émotions et profils. Des mots qui n’hésitent pas à appeler un chat un chat, de la transparence et donc du plaisir accru à la lecture de plusieurs passages.

Le moins : C’est dur de s’accrocher. Les débuts, loin d’être racoleurs, sont plan-plan et soporifiques. Cela dit, les amateurs de séries américaines sirupeuses et au long cours y trouveront leur compte, dès les premières pages (oui, je sais, le livre est écrit par une anglaise, mais c’est franchement du pareil au même, là). Une fois que vous avez passé les, je ne sais plus vraiment, quarante ? cinquante premières pages ? Le fil de l’histoire vous donne enfin envie d’y revenir. Une histoire agréable, donc, mais loin d’être une révélation pour moi.

Je viens d’aller voir…

Intouchables, Eric Toledano et Olivier Nakache

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on en a bavé pour aller voir ce film ! En fait, rien de glamour au départ (ni à la fin d’ailleurs), on avait décidé de sortir ma grand-mère en l’emmenant voir ce film, dont nous avions déjà apprécié la bande-annonce lors d’une précédente séance. C’était sans compter sur les pluies torrentielles qui se sont abattues sur la région et ont rendu certaines routes impraticables. Et ça, ce n’était qu’à l’aller. Pour revenir, je ne vous raconte même pas les tours et détours dans un dédale de petites rues que nous avons du faire. Enfin, ce n’est pas le sujet… après un petit japonais bien sympathique, direction le Méjean, pour un film attendu (même le cinéma avait fait les frais des intempéries, des seaux étaient disposés partout dans les couloirs !).

En bref : Un tétraplégique riche et qui s’ennuie décide d’embaucher le plus coloré, dans tous les sens du terme, des candidats qui se présentent pour un entretien, en vue d’en faire son assistant personnel. S’ensuit la création d’une relation simple mais musclée entre les deux héros. Film inspiré d’une histoire vraie.

Le plus : L’humour ! Sans conteste ! Les dialogues sont très bien trouvés et lâchés devant la caméra. On a entendu mon rire tonitruant plus que de raison (enfin c’était justifié quand même) dans la petite salle aux cent sièges… L’histoire, qui peut paraitre cousue de fil blanc, mais qui se laisse regarder avec grand plaisir. Les clichés évités, avec grand soin, et c’était pas gagné. J’avoue avoir eu peur que les meilleurs moments soient réunis dans la bande-annonce du film, mais non. Les acteurs, très bons : Omar Sy, juste et touchant, François Cluzet, vrai et convaincant, mais aussi les seconds rôles, qui sont discrets tout en étant essentiels à la tenue du film. La musique, avec des très bonnes références. Ce film est un petit bijou de bonne humeur et d’émotions qu’il faut absolument aller voir.

Le moins : Le dénouement. Je n’ai pas très bien compris une décision du personnage interprété par Omar Sy, mais comme je ne veux rien divulguer aux inconscients qui n’auraient pas encore été voir ce film, je n’en dirai pas plus…

Je viens d'aller voir…

Real Steel, de Shawn Levy

A la tête d’une tribu de 4 garçons, de bientôt 5 à bientôt 11 ans, quand nous décidons de sortir en famille, il faut la jouer fine. Et encore plus lorsqu’il s’agit de cinéma… Réussir un trouver la perle qui ravira aussi bien le petit qu’il épatera le grand commence à relever du grand défi ! Mais nous gardons confiance et tentons notre chance régulièrement (tous les deux ou trois mois environ). Cette fois-ci, notre choix s’est porté sur le (un tout petit peu) controversé Real Steel.

En bref : Un papa alcoolo raté, un gamin qui perd sa mère, voyez un peu le scénario d’over the top ? Et bien on en est pas loin. Un futur où la violence sur le ring fait loi, ce qui a amené notre bien-pensante société à bifurquer vers des combats de robots, parce que quand même, hein, on est pas des bêtes, non, non, non. Mais que se passe-t-il lorsque le rejeton retrouve son père pour les vacances avant de rejoindre son gentil tonton et sa gentille tata friqués ? Et bien ils se lancent tous deux dans les combats de robots, au petit bonheur la chance… au début.

Le plus : Déjà, y’a deux bombasses dans le film et rien que pour ça, faut faire le déplacement : Hugh Jackman et Evangeline Lilly. Quelles plastiques mes amis, quelles plastiques… Enfin, reprenons un peu d’air et orientons-nous vers le fond de la chose : le scenario. Ok, c’est pas du nouveau tout frais, ok, on s’attend plus ou moins à ce qui va se passer (enfin, la plupart du temps), malgré tout, c’est une histoire attachante, qui réussit à tous les coups. Ensuite, ben, c’est pas mal joué, sincèrement. Le robot convainc vraiment dans son rôle et n’en rajoute pas trop. Bon, si on peut plus rigoler hein ! Non, le film est bien joué, j’avais un peu peur vu les critiques du gamin qu’il me hérisse le poil, mais non, finalement, il reste à sa place. Ensuite, artistiquement, techniquement, enfin, je sais pas trop comment on dit, ben j’ai pris mon pied. Les combats, beaucoup trop rares, sont très agréables à regarder et inutile de vous dire que l’on supporte Atom. C’est mignon comme tout ces petites bêtes-là. Mes enfants ? Ils ont adoré.

Le moins : Le côté déjà-vu de la trame, mais on n’y est pas allés pour ça, honnêtement. Qu’on ne puisse pas manger encore plus de robot, même si ça aurait voulu dire évincer un ou deux acteurs pour se faire : je suis toujours émerveillée par le rendu de l’animation. Amateurs de cinéma d’auteurs etc… s’abstenir, évidemment.

J'ai découvert…

Un catalogue de fringues révolutionnaire !

Alors non, je ne vais pas vous faire une note modasse, parce que je ne suis pas une fashionista, même qui s’ignore. En revanche, quand le ton sur un support aussi vieux que le catalogue, change radicalement, je trouve que ça mérite d’être souligné, non ?

Donc voici l’heureux élu, qui a misé sur un marketing très bien pensé (à mon sens) et qui va faire mouche, sans aucun doute. Car au delà des 3/4 des vêtements que je ne mettrais même pas à mes chats tellement c’est vraiment au goût du jour (qui n’est pas le mien, vous l’aurez compris), j’ai bien aimé l’angle d’approche et certains modèles, quand même, si si…

Le truc, c’est que sur le net, on peut apprécier la touche d’humour, ici et , mais c’est franchement dans la version papier que l’on découvre l’idée commerciale : proximité. Par exemple, les mannequins répondent à une question pour chaque vêtement présenté, de la plus existentielle à la plus futile (la question, hein, pas le mannequin, voyons).

La marque que j’encense depuis le début ? C’est Boden. Marque anglaise de mode tendance colorée et/ou imprimée.

Attention, vous êtes prévenu(e)s : ça ne plaira pas à tout le monde (que ce soit ma note comme les produits proposés).

Je viens d'aller voir…

Drive, de Nicolas Winding Refn

Aperçu rapidement dans un magazine de ciné en attendant un autre film (me demandez pas lequel), puis dans un autre magazine, puis un autre encore, on s’est finalement décidés à sauter le pas. Les critiques étaient bonnes, et non pas « pas mauvaises », donc même moi, que ça ne touche pas plus que ça habituellement, ça m’a titillée pour le coup. A l’occasion d’une soirée en amoureux, direction le grand multiplexe, parce que la petite salle le faisait pas, et qu’on ne pouvait le voir en V.O. nulle part à moins de 100 bornes !

En bref : Un chauffeur de gangsters avec des conditions d’intervention bien particulières travaille aussi dans un garage le jour, mais le tout dans un milieu un peu mafieux, quand même. Ah, j’oubliais, il lui arrive de faire des cascades limite inconsidérées pour le cinéma, aussi. Et puis sa voisine commence à lui plaire, et même plus que lui plaire, sauf que son mari, à la voisine, ben c’est un voyou qui finit par sortir de son trou. Et là, ça commence à chauffer… Interdit au moins de 12 ans, et croyez-moi, c’est mérité.

Le plus : La musique déjà. La BO est sensationnelle ! Nous l’avons récupérée dans la foulée et c’est un plaisir à écouter. L’acteur principal, ensuite, qui est ps mal du tout. Je ne parle pas de plastique, là, car en plus, c’est pas mon genre, mais bel et bien de son jeu d’acteur. Il m’a emmenée avec lui dès les premières minutes. Ca se joue dans le regard, je crois (et son minot de gamin qui me rappelle un des miens, peut-être). Le scenario, qui tourne un peu classique mais révèle quelques surprises tout de même, surtout dans la manière dont le héros va gérer ses affaires dans la deuxième partie du film. Les acteurs « secondaires », qui remplissent leur fonction à merveille, avec les gueules qu’il faut (d’aucuns trouveront ça vraiment cliché, mais j’ai bien aimé quand même). Les dialogues sont courts et erratiques, ce qui ajoute en tension. Le mélange des genres, les clins d’oeil 70’s et 80’s qui ne nous permettent pas de situer le film dans le temps…

Le moins : La jeune femme est quand même un peu mièvre, hein. Je lui aurais sauté dessus dès la première seconde, moi ! Enfin, je ne veux pas vous dévoiler le film… Un chouilla violent, c’est vrai, mais après tout, c’est un film d’action noir, donc… seulement, ça manque un peu de courses de voiture, tout ça ! Oui, je suis très primaire, j’avoue, je suis une fan de mécanique vrombissante. Et quelques longueurs, il faut le dire, qui me semblent toutefois inévitables vue la réalisation globale.

Je viens d’aller voir…

Habemus papam, de et avec Nanni Moretti

Quoi de mieux, pour fêter nos trois mois de mariage, qu’une petite journée en amoureux sur Paris ? mmmmhhhh ? Nous voilà donc en plein repas dans un restaurant italien dont on ne ressort jamais indemnes (des pizze à tomber, la pasta à ne pas s’en remettre… bref.) avec une envie pressante de se faire un petit ciné qui bouscule notre conversation. Pas de kiosque à Officiel en vue, nous dégainons alors le smartphone de la mort qui tue pour nous rencarder sur ce qui passe en ce moment, quand et  où. On passe en revue les quelques titres susceptibles de nous intéresser (tout en nous lamentant sur notre sort : vous comprenez, quand on a pas le temps, on capte des tonnes de films que l’on souhaiterait voir et dès que nous avons un créneau, pif, paf, pouf ! Il n’y a pas grand chose à nous mettre sous la dent…). Deux films sortent du lot, après consultation des horaires et des cinés potables et accessibles : We need to talk about Kevin et… Habemus papam (dont la bande annonce, loooongue à charger sur le téléphone, nous avait déjà donné un large sourire). Impossible de cumuler les deux, malgré l’après midi entière devant nous. Le choix se porte donc sur le plus léger des deux (enfin, à nos yeux).

En bref : « Le pape est mort ! Vive le pape ! ». Oui, enfin, non, pas vraiment, parce que là, faut l’élire le nouveau pape et… ce n’est pas une mince affaire. Donc quand l’heureux élu est choisi, c’est toute une série d’émotions et de protagonistes qui interviennent pour servir le scénario : c’est l’histoire d’un type qui ne se sent pas à la hauteur de la tâche que l’on vient de lui confier et que le Vatican va pousser jusqu’au bout de ses retranchements afin qu’il assume sa mission.

Le plus : Prenez un café, la liste est longue ! Déjà, le sujet… j’ai beaucoup aimé qu’un réalisateur (en même temps, vu le zigoto, il fallait s’y attendre) traite un thème aussi particulier que peu connu. Je suis athée, donc la dimension spirituelle m’a un peu laissée indifférente, cela étant, l’ambiance et les convenances du milieu sont, à mon avis, extrêmement bien retranscrites dans le film. Nous faisons la connaissance d’une élection dont nous entendons que très peu parler, finalement, alors entrer dans le vif du sujet en assistant en direct au déroulement de la « cérémonie », c’est quelque chose ! Que dire des acteurs… incroyables ! Du journaliste complètement paumé (excellent, vraiment) aux cardinaux attendrissants d’humanité, avec leur petit côté enfantin, en passant par le pape, incarné par Michel Piccoli (grandiose !) et sa palette d’expressions qui semble infinie, tout comme par le psychanalyste (Nanni Moretti lui-même), qui prend tout le monde, y compris nous, à contre-pied lorsqu’il se retrouve prisonnier du Vatican. Le porte-parole du Vatican, joué par Jerzy Stuhr, juste savoureux. Le décor et la « photographie » (comme dirait mon chéri) sont d’une grande qualité, nous faisant complètement oublié que les lieux ont été complètement reconstitués en studio, faute de pouvoir filmer au Vatican. Pour finir, les émotions, la réflexion et la sincérité sont à l’honneur dans ce film, tout au long du scénario, nous sommes embarqués…

Le moins : Quelques petites longueurs incarnées par des minutes contemplatives qui permettent finalement de plonger plus loin dans la compréhension du personnage. Un intermède (dans l’hôtel) un peu déroutant… rien de plus, dans le moins…

Je suis allée voir…

Raiponce, des Studios Disney

Un dimanche à Paris avec un enfant de bientôt quatre ans… forcément, le cinéma, ça le fait ! Du côté de Montparnasse, où nous nous trouvions pour manger de fabuleux sushis, point de programme adapté à son âge… Ni une ni deux, nous avons dégainé nos Galaxy (pub pour un trop top de téléphone inside) pour trouver la plus proche séance d’un dessin animé dont mon petit dernier (et moult adultes) nous avait dit le plus grand bien (il a été le voir avec l’école, le chanceux), j’ai nommé « Raiponce ». Forcément, moi qui n’aime pas les princesses cul-cul et les histoires à l’eau de rose, j’ai tiqué.. mais je me suis rappelée aussi, qu’aujourd’hui, les dessins animés offraient souvent plus que des plans mielleux sans autre fond. Et je ne me suis pas trompée.

En bref : Rapunzel, vous connaissez ? Oui ? Et bien ce n’est pas son histoire. Ben non ! Il y a certes certaines similitudes, mais le conte qui nous est rapporté là est d’une toute autre nature que la sorcière qui demande au couple dont la femme ne peut s’empêcher de manger des plantes particulièrement addictives dans un jardin qui ne leur appartient pas, d’obtenir le premier enfant né de leur union et blablabla et blablabla avec le prince qui vient délivrer Rapunzel à la fin en recouvrant la vue que la sorcière du début de l’historie (vous suivez toujours ?) lui a ôté quand il  a essayé d’enlever la jeune fille aux longs cheveux et à la voix envoûtante… Non, ici, nous avons un couple royal dont la femme enceinte tombe très malade, et mange une fleur jusque là couvée par une sorcière qui puisait dans le végétal une jeunesse éternelle. Or, en s’approchant du berceau du nouveau-né, un peu plus tard, la sorcière s’aperçoit que le pouvoir de la fleur s’est concentré dans la chevelure du bébé. Elle l’enlève, donc, pour la cloitrer dans sa haute tour sans escalier ni porte, et l’élever comme sa fille (enfin presque). Puis un voleur de grands chemins passe par là, de manière totalement impromptue et commence alors l’échappée belle de la demoiselle, en quête d’étoiles annuelles (ça, vous comprendrez en regardant le film).

Le plus : Les personnages ! Ils sont terribles ! En premier, le cheval… extra. Ensuite, les bandits, excellents. Arrive le gecko (je suis une fan de batraciens, mais ce n’est pas l’unique raison !), les mimiques, le scenario… le voleur est intéressant aussi, dans son genre (Plume, arrête de baver)… j’ai moins accroché avec la princesse, mais normal, je suis misogyne. Les dialogues sont pas mal du tout, le dessin est très agréable à regarder (gros craquage sur la robe de la sorcière !) mais vraiment, surtout, ce que j’ai aimé, c’est le déroulement de l’histoire, l’humour et les situations cocasses, des amitiés incongrues jusqu’à l’entraide inattendue. Les références visuelles, que l’on retrouve dans le générique de fin : pour une friande de clins d’oeil comme moi, je peux vous assurer que c’est une réussite ! Un petit bijou qui s’adresse la fois aux plus petits et aux plus grands. Je suis certaine que même les réfractaires à Disney ou autre dessin animé y trouveront leur compte.

Le moins : les micro-clichés bien bien cachés par le reste de l’histoire. Ok, je cherche la petite bête. Mais bon, la sorcière qui… je spoile ? je spoile pas ? bref… sachez seulement que l’on est dans un bon vieux Disney, ambiance américaine, plus trop pudique, mais surtout avec la bonne grosse happy end que l’on attend forcément… bien enrobée dans une couche d’humour, je le concède, mais quand même…