Immersion #1 – 1

Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Nîmes
Audience à juge unique d’un lundi de septembre 2014
19 dossiers au rôle

Mue par la curiosité universelle qui flotte autour des faits de société et l’envie de rencontrer mes pairs, je pousse doucement la porte de la salle d’audience, déjà si familière sous mes doigts. Je suis étonnée par le public peu étoffé sous mes yeux : à peine une douzaine d’âmes gravite autour des bancs et du bureau de l’huissier, derrière lequel patiente déjà une file de cinq personnes. Quatre avocats, sagement posés sur les banquettes en bois qui leur sont réservées en première ligne, discutent le bout de gras et échangent de la paperasse. L’ambiance est toujours bon enfant, avant la séance, entre les robes noires. Même après, le plus souvent, ce qui peut parfois surprendre suite aux débats. Une escorte flâne, un léger sourire aux lèvres et l’esprit visiblement ailleurs. Il passera les deux premières heures d’audience assis sur un des sièges « presse », collé sur la gauche de la salle. La greffière, quant à elle, est déjà sur les starting-blocks. Je m’installe sur le tout dernier banc au fond de la salle, proche de l’allée centrale.

Beaucoup d’allers et retours, la porte qui s’ouvre sans bruit pour laisser entrer un brouhaha joyeux de sonneries de téléphone, de discussions animées et de marches sonores dans la salle des pas perdus. Contraste certain avec le silence feutré de la salle d’audience dans laquelle quelques fourmis s’activent pourtant, chuchotant pour certains, écoutant attentivement pour d’autres. Des clients rencontrent leur avocat, des personnes se perdent dans la mauvaise salle d’audience et subitement, une sonnerie retentit. Nul doute, la cour est à la porte. L’huissier le confirme en l’annonçant, demandant au public de se lever. Le substitut du procureur s’installe. Dans la salle, un adolescent, ou pas beaucoup plus vieux, fait de la résistance et reste assis. Ses collègues le sermonnent à voix basse, jetant des coups d’œil gênés à droite et à gauche. Ils partiront quelques minutes plus tard, sans aucune discrétion, vers la salle d’audience dans laquelle ils devaient finalement se trouver. La jeune femme qui est entrée pour s’installer sur le siège de la présidence prononce son délibéré, décision de justice d’une audience antérieure -février 2014- qui nécessite une étude approfondie avant que le président ne se prononce. La culpabilité du prévenu est reconnue, pour une récidive de CEA (conduite sous l’empire d’un état alcoolique) : 3 mois fermes. Elle informe que la composition du tribunal change pour la suite de l’audience. Tout le monde se lève, au départ de la magistrate et à l’arrivée du nouveau juge.

Je remarque une dame d’une cinquantaine d’années, avec un voile aux motifs dorés, qui semble pétrifiée et en pleine interrogation sur sa présence en ces lieux. Un avocat s’entretient vivement avec l’un de ses clients. Un officier affichant une grimace comique entre par la porte qui jouxte le box des prévenus sous escorte, pour disparaître aussitôt. Il est 14h10 et la salle de remplit doucement. Un couple s’installe devant moi, discret et mal à l’aise. A ma droite se chamaille un duo édenté d’une soixantaine d’années. Un couple dont l’homme, nonchalant, n’arrive pas à chuchoter semble être satisfait de leur programme de l’après-midi. Sur ma droite, un couple maghrébin est clairement inquiet, l’un se tord les doigts, l’autre regarde avec anxiété vers l’estrade. Un homme fait jouer des élastiques autour de ses dossiers rouges roulés serrés, indifférent aux regards courroucés de ses voisins d’audience. Un homme est assis à mes côtés, répandant une forte odeur d’alcool qui devient un grand classique des bancs du fond d’une salle d’audience. Un mouvement de foule incessant, avec la porte battante comme point central, accompagne la présentation du premier dossier.

(…)

L’influence musicale du jour

La découverte 2014, que je ne cesse de creuser depuis, parce que franchement, il a tout pour plaire celui-là. Il est bon chanteur, il est roux, il est plutôt pas mal, il est roux, il improvise du tonnerre, il est roux, il a de supers copains (cf. dernière vidéo :p ), bref, tout pour plaire je vous dis. Un univers à la fois rythmé et poétique, c’est rare et c’est Ed Sheeran, mesdames et messieurs.

Pour un petit moment à deux, c’est juste magique.

Atelier d'écriture – 5

Bon, z’êtes prêts ? Nan parce que les choses sérieuses commencent, là… Déjà qu’on a perdu les trois quarts des effectifs de base, je sens que je vais être seule sur le final !
Allez, on y croit ! On boucle notre atelier d’écriture pour la fin du mois ! Hop, hop, hop !

Il s’agit cette fois-ci, attention, avant-dernière étape… de rédiger. Oui, vous m’avez bien lue. Le truc de fou : un atelier d’écriture qui fait écrire. Du jamais vu !

Poème, prose, bref, le style que vous voulez, mais il vous faut employer au moins 5 des mots de chacune de vos listes préalablement réalisées.

Alors, cap’ ou pas cap’ ?

(pour reprendre du début, c’est par ici ! Et la dernière étape… le 30 juin prochain !)

L’influence musicale du jour

Une magnifique découverte, qui accompagne mes journées de travail, surtout celles pendant lesquelles je dois être au top de ma concentration créative. Le piano a un rôle important dans ma vie, parce que j’aime en jouer, qu’il est arrivé tard dans ma vie d’adulte, mais surtout, à l’écoute, c’est plus qu’une source d’inspiration. Je vous laisse découvrir son travail, car c’est juste sublime (idéalement avec une petite tasse de thé chaud)… Envoûtant.

 

L'impromptu de la semaine : Animaux imaginaires

Animaux de la boutique des étrangetés

Poussinge
Petit mammifère presque cubique, mais pas très haut, qui, non content de faire des grimaces et d’amuser la galerie à longueur de journée, grandit à la vitesse de la lumière, perdant son duvet jaune étincelant à chaque mue, c’est-à-dire, de manière hebdomadaire.
– Conseils de soins : Omnivore. Il dort dès qu’il fait nuit et a besoin de beaucoup d’affection.
– Conseils d’adoption : Gens peu enclins au ménage, s’abstenir. Excellente adaptation dans les familles avec enfants.

Autruchemin
Grande volatile de deux mètres, sa morphologie l’empêche de voler, ce qui lui vaut de pleurer une bonne partie des matinées. Il se calme au son d’une voix chantante. Il possède deux yeux extrêmement globuleux et expressifs qui lui permettent d’obtenir à peu près tout ce qu’il désire, et ce sans hypnose. A tendance à se perdre pendant ses promenades.
– Conseils de soins : Herbivore. Un collier à puce est à prévoir pour le retrouver facilement.
– Conseils d’adoption : Chanteurs de salle de bains et non-trekkeurs, passez votre route.

Papivert
Très vieil animal, l’ancêtre de tout organisme vivant, cet hybride dont on ne connaît pas les origines à tendance à oublier son âge. Il court donc la femelle dès qu’il en a l’occasion, se retrouvant souvent frustré de ne pouvoir l’honorer, car c’est après de longues années de chasse qu’il peut enfin trouver un c… cœur à prendre. Et parfois il y arrive. Attention, animal très fertile.
– Conseils de soins : Carnivore. Un calendrier perpétuel et des contraceptifs adaptés peuvent être utiles.
– Conseils d’adoption : Adoptants avec une espérance de vie au taquet, et une bonne mémoire.

Tortutu
Petite chose pleine de volume, dont la tête se distingue souvent mal du fondement. Roule sur elle-même à la manière d’un Popple, et chantonne toute la journée. S’entend très bien avec l’Autruchemin. D’un diamètre de 30 centimètres, elle ne prend pas de place. Parfait doudou vivant qui se nourrit de l’affection de ses maîtres et d’oeufs. Rare spécimen animal à aimer tout le monde.
– Conseils de soins : Oophage. Prévoir des séances quotidiennes de câlins et des oeufs. Beaucoup d’œufs.
– Conseils d’adoption : Il faut avoir du temps à lui consacrer. Et les nerfs bien solides (il ne chante pas toujours très juste).

Chevallée
Mammifère d’une taille imposante, il ne vit que dans des espaces herbeux très vastes, avec des reliefs, car il a besoin de galoper au creux de montagnes. De l’entretien de sa musculature dépend son épanouissement. Quelque part un peu artiste, car il aime la lumière, les couleurs et les fleurs (autant à admirer qu’à déguster, les fleurs). Et la poésie aussi. Peut bien s’entendre avec le Poussinge, qu’il porte volontiers sur son dos.
– Conseils de soins : Herbivore. Ranch ou haras serait l’idéal pour l’accueillir.
– Conseils d’adoption : Si vous n’êtes pas créatif dans l’âme, ça risque d’être compliqué.

Crépigeon
Petit oiseau aux ailes très longues, il s’amuse à frôler les maisons pour en régulariser les enduits à la chaux, dont il se nourrit. Sans réelle interaction avec sa famille adoptante, il propose néanmoins des spectacles de haut vol qui peuvent divertir lors des soirées entre amis ou quand il faut impressionner la famille. Déménager régulièrement permet de maintenir des relations de voisinage cordiales.
– Conseils de soins : Régime non réellement identifié. Pas grand-chose d’identifié le concernant, d’ailleurs.
– Conseils d’adoption : Adoptant qui cherche à faire une bonne action, essentiellement.

Confettigre
Le plus festif des mammifères : grâce à sa dentition exceptionnelle, il déchiquète en quelques secondes de quoi animer vos plus folles soirées. Permis de détention obligatoire (six mois de formation). Espace extérieur dédié recommandé (ou budget de rénovation intérieure annuelle à prévoir). Animal qui fait sensation, même auprès de votre banquier.
– Conseils de soins : Carnivore. Pour des raisons financières, l’élevage de sa nourriture est conseillé…
– Conseils d’adoption : Adoptants au gros caractère, car il faut savoir lui tenir tête (mais pas trop près).

Atelier d'écriture – 4

Ok, on est chaud bouillant, on continue dans les séries de 10 et aujourd’hui, ce sont 10 verbes (j’ai bien dit verbes !) qui illustrent l’usage qu’on peut faire avec cet objet.
Cochoncetés autorisées (mais après, faut assumer !)

Je suis aux aguets pour découvrir vos productions respectives !

(pour reprendre du début, c’est par ici ! Et la suite… le 14 juin prochain !)

Impromptu de la semaine : L'inventaire farfelu

Farfelu, farfelu… comme vous y allez. Toqué tant qu’on y est ? Est-ce ma faute, à moi, si j’aime :

Les pois, les poissons, volants, rouges et exotiques, amorphes ou extatiques
Réveiller les morts, les vieux démons, les consciences, les papilles, les sens et les esprits
Les voiles, actées en théâtre, frivoles en fenêtre, du grand large
Amuser la galerie, mon chat, l’autre, mon prochain, l’assistance
Le goût des choses, des autres, des merveilles et de la vie
Plonger dans l’eau, céans, dans son regard, dans le noir, la piscine, les abimes, l’inconnu
Les sciences, physiques, imaginaires, humaines, politiques et, redondance, occultes
Me rouler dans l’herbe, dans la farine, dans la boue et rouler dans les flaques
Les appétits d’ogre, gargantuesques et insatiables, de tout, de rien, de ces petites choses décidément grandes et qui ne sont que peu de choses, faites de petits riens
Savourer le thé, l’instant, le fumet, les belles personnes, les victoires
La nuit, le jour, le soleil, la lune, l’astre et l’étoile, le dragon et l’Histoire
Aligner les mots, les faire tinter comme du cristal, résonnance sur raisonnement, alcôve de secrets éphémères jetés en pâture et en lecture
La torture de l’amour, les crampes de l’affection, les douleurs de l’attachement, toi
Rêver, songer, espérer, entrevoir, méditer, penser, fantasmer, me projeter
Le vent sur ma peau, l’air dans tes cheveux, la brise contre mon sein, un souffle sur ma nuque
Vivre, mille vies, mille morts, mille expériences, mille revers, mille réussites, mille émotions.

Je viens de lire…

A l’enfant que je n’aurai pas, de Linda Lê

Au gré de mes lectures, sur le net, dans les magazines, un peu partout, je note des références, je comble ma liste d’envies Amazon (bouh, pas bien Amazon pour les livres, je sais) et j’achète, j’emprunte, je récupère et je lis. Je lis ce genre d’essai par exemple, rapide et que j’espère émouvant. Bouh ouh ouh… A trop vouloir y croire… Merci Axel.

En bref : Nous sommes ici en présence d’un être humain qui écrit son désir de ne pas avoir d’enfant. L’auteur nous explique pourquoi, malgré l’idée, que je partage, qu’on ne devrait pas avoir besoin de raison pour assumer son choix de ne pas enfanter. C’est estimer que devenir parent est une obligation pour chacun de nous, alors que c’est loin d’être le cas.

Le plus : Le titre ? Euh… La couverture du livre ? Mmmmhhhh…. Ah non, je sais ! L’apprentissage du « beau » français. Oui, c’est ça.

Le moins : D’accord, je me suis peut-être rapidement braquée. Il ne m’aura fallu que trois pages pour que je m’arme d’un crayon de papier et souligne tous les termes qui me sautaient aux yeux. Parfois parce que je ne les connaissais pas, souvent parce que je les trouvais inadaptés à une lecture de témoignage au sujet d’un thème aussi sensible et intéressant. Systématiquement parce que je ne les ai pas perçus accessibles au plus grand nombre. Je peux comprendre que l’auteur se fasse plaisir en usant et abusant des richesses et subtilités de la langue française. En revanche, ne pas lire une seule page (ou peu s’en faut) sans un terme qui pourrait interpeller le lectorat lambda, c’est un peu fort de café (ou alors il faut donner un second titre à ce livre, un truc du genre « et enrichissez votre vocabulaire ! ». D’un moment que je m’attendais rempli d’émotions, ma lecture m’a complétement fait passer à côté de ce que l’auteur a sans doute voulu tout de même partager de ses ressentis. Dommage.

Florilège (je connais la plupart de ces mots, mais la succession est difficile à digérer et à mes yeux, élitiste) :

Syllogismes (7), aphoristiques – négateurs (8), moutonnier (9), antiennes (10), hypocoristiques (12), pharisaïsme (18), notabilités (20), tardillon (21), rigorisme (22), Omphale (23), prodigalités (27), emplâtres (28), asthénie (29), pinacle (30), tératologue – égotisme – byzantinisme (31), bréviaire (33), acéphales (35), bibliolâtre – monomane (36), gésine – cyclothymie (37), rapetassés (39), empeigne – laïusseur (40), antithétiques – pyrrhonisme (43), difficultueux – parturition – maïeuticien (44), asymptotes (45), béotisme (47), schibboleths – sorbonnard (48), intempérance (49), détellerais (51), raptus (52), déjetée (53), brindezingue (54), séraphique (60), thaumaturgie (62), bourrelles (63), chancis – prosateurs (64), hétérodoxes – esquif (65)

Atelier d'écriture – 3

Maintenant que vous avez 10 jolis mots qui tournent autour de votre objet de base, on les réserve, vous savez, comme en cuisine.
Nous allons corser la chose en réfléchissant à 10 termes qui riment avec notre objet !

C’est à vous en commentaire !

(pour reprendre du début, c’est par ici ! Et la suite… le 2 juin prochain !)

Impromptu de la semaine : Rose et rainette

Ben voilà, comme d’habitude, ce sont toujours les mêmes qui sont punis. Allez rendre service, moi, je vous dis ! Elle me demande d’aller lui chercher quelques grillons et bien entendu, que je m’adresse à notre voisine de nénuphars qui en fait le commerce n’a pas plu à madame. Evidemment que non. C’est sur les roses que madame m’a envoyé dès qu’elle m’a vu arriver du trottoir d’en face, malgré ma gueule pleine d’insectes charnus. C’est ma faute à moi, si je n’aime pas chasser et que la voisine détient les plus beaux spécimens de l’étang ? Elle le savait, la bougresse, quand on s’est acoquiné, que je n’étais pas porté sur la chose. Mais peu importe, je vais en profiter pour faire un somme, je ne connais rien de plus moelleux qu’un cœur de rose pour piquer un roupillon et se refaire une santé. Et la prochaine fois que madame me demandera de ramener la pitance, c’est elle, que j’enverrai sur les roses ! Non mais !

Image de départ :