Je viens de lire…

Nos étoiles contraires, de John Green

Oui, j’ai bien une montagne de livres à lire, (pas toujours) sagement posés sur, sous et pas loin de ma table de nuit. Oui, je dois avoir encore une année de lecture devant moi. Oui, quand on me conseille un livre, je dis « au diable l’avarice » et « je lirai même quand je serai morte » et je prends ledit livre pour le dévorer dès l’actuel terminé. Merci ma Fanny pour ce joli prêt. Car honnêtement, des enfants cancéreux, qui vivent une adolescence au coeur de la maladie, c’est super sexy n’est-ce pas ? (C’est bien ce que je me suis dit en acceptant le livre, pour ne rien vous cacher. Et puis la quatrième de couv’, plutôt engageante, les yeux qui pétillent de la propriétaire du livre, bref…)

En bref : Hazel « Grace » fréquente un groupe de paroles pour enfants atteints du cancer et y fait la rencontre d’Augustus, qui deviendra son meilleur ami et… plus si affinités. Sur la même longueur d’onde, le couple d’adolescents va découvrir les prémices de l’amour et surtout, creuser la piste d’une suite réelle au roman qui a subjuguée Hazel lorsqu’elle l’a lu, et dont l’auteur a arrêté le dernier chapitre en plein milieu d’une phrase, jusqu’à le retrouver aux Pays-Bas, où l’écrivain s’est exilé.

Le plus : Une romance légère sur fond de maladie grave, il fallait oser et surtout la mener avec brio. C’est chose faite car le livre dépeint mille émotions qui ont une chacune une large part sans qu’aucune en éclipse une autre. On ne sait pas vraiment qui va devenir quoi, et c’est plutôt bien puisque nous sommes de suite amenés dans l’univers des enfants cancéreux, avec tous les possibles que cela peut générer, positifs comme moins agréables. Facile à lire, avec juste ce qu’il d’intrigues, les personnages sont touchants… bref, un bon roman à mes yeux.

Le moins : C’est une ambiance particulière que John Green nous dépeint dans ce livre et si on n’y entre pas rapidement, on peut rester au bord de la route et lire le roman avec un certain détachement qui gâche légèrement l’investissement émotionnel que l’on a l’opportunité d’avoir. J’ai personnellement eu du mal à adhérer au ton donné, malgré son charme indéniable. Pas sûre que dans la réalité, les choses puissent se dérouler ainsi. Et lorsque l’on parle cancer, on ne peut s’empêcher de faire des parallèles avec la réalité.

Je viens de lire…

A l’enfant que je n’aurai pas, de Linda Lê

Au gré de mes lectures, sur le net, dans les magazines, un peu partout, je note des références, je comble ma liste d’envies Amazon (bouh, pas bien Amazon pour les livres, je sais) et j’achète, j’emprunte, je récupère et je lis. Je lis ce genre d’essai par exemple, rapide et que j’espère émouvant. Bouh ouh ouh… A trop vouloir y croire… Merci Axel.

En bref : Nous sommes ici en présence d’un être humain qui écrit son désir de ne pas avoir d’enfant. L’auteur nous explique pourquoi, malgré l’idée, que je partage, qu’on ne devrait pas avoir besoin de raison pour assumer son choix de ne pas enfanter. C’est estimer que devenir parent est une obligation pour chacun de nous, alors que c’est loin d’être le cas.

Le plus : Le titre ? Euh… La couverture du livre ? Mmmmhhhh…. Ah non, je sais ! L’apprentissage du « beau » français. Oui, c’est ça.

Le moins : D’accord, je me suis peut-être rapidement braquée. Il ne m’aura fallu que trois pages pour que je m’arme d’un crayon de papier et souligne tous les termes qui me sautaient aux yeux. Parfois parce que je ne les connaissais pas, souvent parce que je les trouvais inadaptés à une lecture de témoignage au sujet d’un thème aussi sensible et intéressant. Systématiquement parce que je ne les ai pas perçus accessibles au plus grand nombre. Je peux comprendre que l’auteur se fasse plaisir en usant et abusant des richesses et subtilités de la langue française. En revanche, ne pas lire une seule page (ou peu s’en faut) sans un terme qui pourrait interpeller le lectorat lambda, c’est un peu fort de café (ou alors il faut donner un second titre à ce livre, un truc du genre « et enrichissez votre vocabulaire ! ». D’un moment que je m’attendais rempli d’émotions, ma lecture m’a complétement fait passer à côté de ce que l’auteur a sans doute voulu tout de même partager de ses ressentis. Dommage.

Florilège (je connais la plupart de ces mots, mais la succession est difficile à digérer et à mes yeux, élitiste) :

Syllogismes (7), aphoristiques – négateurs (8), moutonnier (9), antiennes (10), hypocoristiques (12), pharisaïsme (18), notabilités (20), tardillon (21), rigorisme (22), Omphale (23), prodigalités (27), emplâtres (28), asthénie (29), pinacle (30), tératologue – égotisme – byzantinisme (31), bréviaire (33), acéphales (35), bibliolâtre – monomane (36), gésine – cyclothymie (37), rapetassés (39), empeigne – laïusseur (40), antithétiques – pyrrhonisme (43), difficultueux – parturition – maïeuticien (44), asymptotes (45), béotisme (47), schibboleths – sorbonnard (48), intempérance (49), détellerais (51), raptus (52), déjetée (53), brindezingue (54), séraphique (60), thaumaturgie (62), bourrelles (63), chancis – prosateurs (64), hétérodoxes – esquif (65)

Je viens de lire…

Un miracle en équilibre, de Lucia Etxebarria

Vous vous souvenez, le jour où nous avons préféré nous nourrir de papier (et vieux qui plus est) plutôt que bons aliments bien frais ? Et bien ce livre faisait partie du lot. J’ai lu « Amour, Prozac et autres curiosités » du même auteur et j’ai beaucoup aimé ce livre. Du coup, ni une ni deux, j’ai déposé « Un miracle en équilibre » dans le panier d’achat (qui n’était autre que nos mains) et l’ai conservé précieusement pour m’en délecter par la suite.

En bref : C’est l’histoire d’un…e femme. Elle écrit son journal, qu’elle adresse à sa fille tout juste née, âgée de quelques mois. La narratrice lui raconte comment elle en est arrivée à faire certains choix, parfois contre son gré, parfois sans même savoir pourquoi, de quelles manières elle a traversé les épreuves de la vie, passées ou qui nous sont relatées « en direct » dans le récit, et les raisons qui l’ont poussée à laisser ce témoignage de vie à sa descendance.

Le plus : Les personnages hauts en couleur, qui signe la plume de Lucia Etxebarria (je dois être maso de réécrire son nom plutôt que de mettre « auteur »). L’histoire est un jolie observation de l’influence des expériences adolescentes sur notre vie d’adulte, comme de la manière dont ce qui nous aura été seriné, l’ambiance dans laquelle nous aurons grandi, peuvent conditionner nos trajectoires une fois dans la cour des grands. Des sentiments justes, pas toujours louables, d’où leur sincérité lorsqu’ils sont livrés. On s’y attache, à ce petit bout de bonne femme, fragile et vaillante.

Le moins : Les premières pages sont un condensé, à mes yeux, de tournures et de figures de style pour montrer qu’on sait bien écrire, qu’on aimerait capter notre lectorat via des ficelles vieilles comme le monde. J’ai levé les yeux au ciel plus d’une fois, mais j’ai l’esprit très critique en la matière, je l’avoue, puisque ce genre littéraire constitue, avec un autre un peu plus mystérieux, mon antre d’écriture. Mis à part ce petit désagrément, j’ai pris plaisir à retrouver la traduction de la verve de Lucia (oui, je ne suis pas folle non plus, je préfère insinuer qu’on se connait bien en utilisant que son prénom… comment ça le copié/collé ça existe ? Je fais ce que je veux d’abord !) Donc à lire si vous aimez les récits de vie romancés.

Je viens de lire…

Dans le secret des maîtres du monde, de Christian Malard

Abonnée depuis des années à un célèbre magazine qui fait réfléchir sur soi, cet ouvrage y a été encensé et c’est donc avec empressement que je l’ai  déposé dans ma liste d’envies littéraires Amazon (pardon à mes libraires préférés). Vu son petit prix, il a fait partie d’une commande d’autres articles, parce que j’avais vraiment envie de creuser ces témoignages qui m’intriguaient énormément.

En bref : Le grand journaliste, Christian Malard (qui vient de la même région que moi !), à la carrière guidée par ses très bonnes relations diplomatiques, tantôt dues au hasard, tantôt relevant d’une capacité à analyser les situations pour en tirer le meilleur parti, a décidé de mettre en lumière certaines anecdotes vécues lors de ses nombreux déplacements à l’étranger, pour interviewer Chefs et Secrétaires d’Etat, Premiers Ministres et Rois, sur tous les continents.

Le plus : De la simplicité dans ce récit rythmé par les rencontres des représentants des différentes nation visitées. Quelques détails croustillants, d’autres amusants, la plupart confirmant les intuitions que l’on pouvait déjà avoir sur les personnages interrogés par Christian Malard. Une très bonne connaissance du Moyen-Orient permet à ce dernier de créer certains liens entre des évènements allant des années 80 à 2000. La lecture entière de ce livre ouvre les yeux sur pas mal de points d’actualité et rappelle combien l’Histoire d’aujourd’hui a commencé sa construction hier. La fin (les derniers rapports d’interviews) m’a passionnée.

Le moins : Un style vraiment très simple, trop simple, même pour un journaliste (ça vaaaa, je plaisaaaaaante). J’ai dû m’accrocher au début, car c’était plat et sans envergure. Mais je n’aime pas l’idée de refermer un livre sans lui avoir donné totalement sa chance et j’ai très bien fait. Christian Malard a fini par m’embarquer au milieu du livre, avec des témoignages qui se rapportent plus directement à des moments cruciaux de notre Histoire mondiale. Parfois, ses prises de position m’ont un peu dérangée (même si j’ai pu partager son point de vue pour certains passages), mais il m’a fallu me souvenir que c’était un livre, SON livre, et non un article de journal, qui se voudrait neutre et impartial.

Je viens de lire…

La famille Lament, de George Hagen

Vous connaissez les deux fous qui sont à Bastille, reviennent sur Gare de Lyon à pied pour prendre leur train et rentrer dans leurs pénates, puis qui s’arrêtent devant une boutique de bouquins, avec 20 € en poche, les seuls 20 € qui devraient leur servir à manger le soir-même, parce que sur le compte, ben… y’a plus rien ! Ces mêmes fous qui jettent juste un oeil, juste, et se retrouvent avec une dizaine, une vingtaine ? de bouquins en main. Qui ne savent pas quoi faire, font le compte, réduisent leur budget bouffe de moitié, puis reposent un, deux, trois livres, pèsent le pour et le contre (on a vraiment faim ?), font les yeux doux au bouquiniste et finissent par décoller des lieux avec une douzaine de livres et… je ne me souviens même plus de la monnaie, juste de l’air blasé de l’asiatique qui tenait l’épicerie dans laquelle nous avons acheté deux bouts de sandwiches, quand il m’a vue ramer fort pour récupérer des centimes afin d’acheter la pomme que je convoitais pour notre dessert commun. Il a fini par me l’offrir. La famille Lament fait partie des livres dont la 4ème de couv’ m’a séduite.

En bref : C’est l’histoire d’un mec… enfin, plutôt d’une famille, la famille Lament donc, qui traverse les années comme nous tous, avec son lot de joies et de chagrins, ses épreuves et ses grands évènements de la vie, avec un brin d’excentricité et une âme voyageuse. Les faits sont relatés de manière si vraie, si proche de nous, que l’on a l’impression de lire une histoire vécue, comme une biographie familiale (ce qui est peut-être le cas). Expatriation, reconnaissance, travail, amour-propre, douleurs familiales, petits bonheurs, il y a tout dans ce livre. Et un style d’écriture que j’affectionne tout particulièrement pour l’explorer de temps à autre, comme dans l’impromptu « elle avait apporté des tournesols ». Bref, une saga à lire quasi d’une traite, comme moi, en vacances, comme moi, ou dans le métro, sur la plage, en voiture…

Le plus : Le style de l’écrivain, fluide, accessible mais riche, le déroulement de l’histoire, les sentiments que l’on peut presque palper, beaucoup d’émotions pour qui sait rentrer dans l’univers en cours de lecture. Une histoire de famille, mais pas que, évidemment : des blessures intérieures qui sont traitées avec justesse, des anecdotes de vie racontées avec des détails nécessaires et non assommants, un déroulement généalogique qui donne envie de lire une suite, s’il y avait une suite.

Le moins : Se lit très vite, trop vite, car certains passages auraient mérité d’être approfondis et m’ont un peu laissée sur ma faim, mais c’est un tout petit moins. On appelle ça comment déjà ? Un roman de gare ? Mouais, je n’ai jamais été fan de l’expression. Mais il y a un peu de ça dans la facilité à lire le livre.

Je viens de lire…

Game of Thrones T.14, de George R.R. Martin

Depuis que je suis tombée dedans il y a plusieurs années, je ne me lasse pas de vivre et revivre les aventures de nos familles royales et sauvages, d’un autre temps et d’autres contrées. La saga peut paraître très longue aux yeux de non-connaisseurs, mais si ces derniers savaient à quel point la fantasy mise en oeuvre par Martin peut être chronophage tout autant que délicieuse… Sans parler, pour la gourmande que je suis, des références plus que régulières aux mets cuisinés autrefois et qui me donnent envie de tout relire pour noter scrupuleusement chaque recette, ingrédient et cuisson (ça existe peut-être déjà sur le net, ça ?)… Non, non, je ne suis pas folle…

En bref : Plusieurs familles se tirent la bourre pour savoir à qui reviendra la couronne de Westeros, enfin, plutôt le trône, tout en fer qui fait mal s’il vous plaît, comme vous pourrez le constater par vous-mêmes (ne cherchez pas, certains n’ont pas la même notion du confort que nous). Alors à grand renfort de héros trucidés et de perfidies, autant masculines que féminines, explorées jusqu’au bout de ce qui est possible, le Jeu des Trônes (littéralement) fonctionne à merveille, même au-delà des mers et du Mur. Les Stark, les Lannister, les Greyjoy et autres peuples de l’Est, Ouest, Nord et Sud s’entretuent ou s’associent joyeusement, la plupart du temps dans des bains de sang (oui, pour les deux) et pour le plus grand bonheur des lecteurs avides de rebondissements que l’auteur, ce cher George, ne manque pas de nous offrir. Le tome 14 s’axe particulièrement sur la Reine Daenerys et ses choix stratégiques, l’installation d’un Bolton dans la patrie Stark et… comment ça je parle chinois ? Et bien lisez braves gens ! Amateurs d’histoires à l’eau de rose, fervents défenseurs de romans historiques ou lecteurs de polars bien ficelés, il y en a pour tout le monde dans cette saga….

Le plus : L’univers, assurément. Toujours aussi transportée par les détails et particularités des lieux, des personnages, des us et coutumes. C’est là l’oeuvre d’un fou qui sait écrire avec brio et monter des intrigues qui tiennent toujours la route. Inutile de fermer les yeux, vous entendez couler la rivière enjambée par tel chevalier ou sentez le parfum de la rose cueillie par telle courtisane. Les personnages deviennent rapidement attachants et la cruauté de l’auteur n’y est pas étrangère. Mais je n’en dirai pas plus sur le sujet. Il y aurait de quoi faire un roman, pour vous convaincre de vous lancer dans la lecture du tome 1, impérativement avant de sombrer dans l’adaptation télévisée, pourtant révélée plus que correcte par la critique comme les fans et surtout, esthétique. Mais vous savez bien qu’une lecture offre un voyage bien plus palpitant qu’un écran de télévision…

Le moins : Jusqu’à présent, il n’y en avait pas beaucoup, malgré l’envie irrépressible de baffer l’auteur à la lecture de certains passages (motus !) En revanche, le tome 14 devient un peu longuet sur deux ficelles de la trame (Arya et Daenerys, pour les lecteurs) et j’avoue m’être un peu ennuyée. Heureusement que l’une des deux situations citées en référence évolue, car mon entrain s’était un peu calmé depuis la fermeture de ce tome et comme le prochain mettra un certain temps à arriver en France, cela aurait été dommage, quand même. Donc vous avez compris… foncez !

Je viens de finir…

Une place à prendre, J.K. Rowling

J’ai repris le chemin de la lecture après un long moment d’abstinence (à croire que ce nouveau métier me prend un temps fou fou fou… ah ben oui, c’est vrai !) et je n’étais qu’à moitié convaincue en me lançant dans l’aventure. Je l’ai offert à mon petit mari lors de sa sortie, lequel a apprécié. Attention, résumé :

En bref : C’est l’histoire d’un mec… non, pardon, ce n’est pas cette histoire-là. Donc, c’est l’histoire d’une petite bourgade bien conservatrice qui fonctionne sous l’égide d’un conseil paroissial tout puissant. Lorsque l’un des conseillers meurt d’une crise cardiaque, certaines langues se délient et caractères s’affirment alors qu’une lutte acharnée pour la prise du poste vacant voit le jour. En parallèle, des tranches de vie, plus ou moins approfondies, de plusieurs acteurs du village sont délayées dans l’intrigue.

Le plus : On plonge avec délice dans les descriptions de certains personnages, hauts en couleur. Les détails font parfois frémir tant ils collent à certains aspects de nos propres personnalités. Mais le trait un peu grossier sur quelques caractères nous ramènent à la réalité du roman. L’intrigue se tient, sans grande surprise quant à son dénouement, mais avec des petits rebondissements légers qui agrémentent la lecture. Les personnages, parfois secondaires, sont pour certains attachants quand d’autres vous révulsent littéralement. Une plume aiguisée quant à la description des choses, émotions et profils. Des mots qui n’hésitent pas à appeler un chat un chat, de la transparence et donc du plaisir accru à la lecture de plusieurs passages.

Le moins : C’est dur de s’accrocher. Les débuts, loin d’être racoleurs, sont plan-plan et soporifiques. Cela dit, les amateurs de séries américaines sirupeuses et au long cours y trouveront leur compte, dès les premières pages (oui, je sais, le livre est écrit par une anglaise, mais c’est franchement du pareil au même, là). Une fois que vous avez passé les, je ne sais plus vraiment, quarante ? cinquante premières pages ? Le fil de l’histoire vous donne enfin envie d’y revenir. Une histoire agréable, donc, mais loin d’être une révélation pour moi.

Je viens de finir…

Chroniques de San Francisco, vol. 1, Armistead Maupin

Dans un précédent article, je vous ai parlé de ma longue descente aux enfers concernant la lecture. Embourbée dans une vie de devoirs que l’on m’a imposée et que j’ai acceptée sans trop de résistance pour préserver mes acquis, c’est un des premiers loisirs que j’avais abandonnés, avec l’écriture, et celui qui est le plus difficile à me réapproprier, bizarrement. Mais je ne me laisse pas faire, je suis têtue (on se tait dans le fond) et on m’aide bien, à l’occasion, en me mettant dans les mains ce genre de livres, bouquin que j’ai dévoré en deux jours (ça fait une éternité que ça ne m’était pas arrivé).

En bref : Fin des années 70, une fille de province découvre la grande ville qu’est San Francisco, ainsi que ses us et coutumes, faune et habitants. Elle intègre une résidence des plus mystérieuses et libérées. D’autres personnages sont dépeints, se lient et se délient au gré du hasard et le résultat est plutôt réussi, des chroniques humaines, plausibles et attachantes. On se reconnait dans au moins deux des protagonistes, assuré.

Le plus : La diversité des personnages, les traits de caractère remarquablement bien décrits, les rapprochements plutôt bien trouvés, une intrigue simple et efficace. Un tout qui se lit vitesse grand V, parce qu’on veut savoir pourquoi il a couché, pourquoi elle revient, comment elle lui dira, s’il cèdera finalement… ces chroniques font appel à notre sensibilité d’Homme mais aussi et surtout, à notre perfide curiosité qui nous pousse à vouloir tout savoir. Mes préférences ? J’aime beaucoup le chef d’entreprise, sa fille, Mickael… et Jon.

Le moins : la caricature des personnages pêche un peu parfois, même si ça donne le sourire à la lecture pour quelques uns. Et surtout, surtout, la perte de… bref… je ne peux pas dévoiler une partie de l’intrigue, mais sachez que ça m’a mise hors de moi ! Nous avions de grandes choses à découvrir par son intermédiaire ! Sinon, la personne par laquelle on découvre les lieux, Mary Ann Prout Singleton m’agace au plus haut point aussi, heureusement que le livre se tourne de plus en plus vers les autres dès la fin du premier tiers.

Tag, tag, tag…

Voilà que mon lecteur (à qui je le rends bien) Fab-Fab prend ses aises… il me balance donc une patate chaude sous forme de questionnaire auquel il faut prendre le temps de répondre… je vais faire le maximum, mais je garantis rien…

Plutôt corne ou marque-page ?

Les deux mon général ! J’aime faire vivre mes livres, les rendre vieux de mes lectures et de mes passages dans leurs pages (au grand dam de certains), mais comme j’aime fabriquer des marque-pages originaux, forcément, j’en ai fait quelques uns pour moi…

As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?

Bien sûr ! D’autant que lorsque vous êtes la littéraire de service, c’est le cadeau sur lequel tout le monde se jette, non sans essuyer quelques plâtres, quand même, je vous passe les détails… le dernier en date ? Un cadeau à moi-même, dont je vais parler ici, donc pas de teasing !

Lis-tu dans ton bain ?

Ouiiiii ! Enfin, soyons honnêtes, ça fait un moment que je n’ai pas pris de bain intelligent et… la dernière fois, ça doit être un Version Femina qui est passé dans mes mains (même pas honte).

As-tu déjà pensé à écrire un livre ?

Oui. Mais l’idée s’est arrêtée là. Je ne parle bien évidemment pas des écrits d’adolescente en émoi et ceux un peu plus ravagés de jeune adulte en quête de quelque chose… tout a été brûlé, depuis. Aujourd’hui, j’ai une petite envie qui sommeille, et malgré les diverses invitations à me lancer, ici comme ailleurs (clin d’oeil à mon plus fervent supporter qui oeuvre en douce sur ma boite mail…), l’idée reste à un  état végétatif.

Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?

C’est simple, si je suis mordue, c’est le pied intégral. Aussi bon qu’un orgasme au clair de lune. Genre, La Tour Sombre, ou encore, Le Trône de Fer ou même, La Belgariade ! Du pur plaisir ! (Et non, les apparences sont parfois trompeuses, je ne lis PAS QUE ce genre de bouquins…).

As-tu un livre culte ?

Disons que… je dois en avoir plusieurs… celui qui m’a le plus marquée, La Mort est Mon Métier, de Robert Merle… Le Rouge et le Noir m’a pas mal remuée aussi…  J’ai des tonnes de couvertures qui me viennent en tête (sans les titres ! damned !), mais je retiens celui-ci. D’ailleurs, il faut que je me le procure, je dois en faire cadeau….

Aimes-tu relire ?

Pas souvent non, mais lorsque quelques années, genre une dizaine, se sont écoulées, je pense que ça peut se faire… notamment quand la saga en cours n’a pas été suivie dans l’immédiat, auquel cas il faut bien relire les premiers tomes pour se remettre dans le bain !

Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu’on a aimé ?

Mon rêve : me faire un circuit dans le Maine aux Etats-Unis, pour visiter tous les endroits que j’ai pu imaginer au fil de mes lectures insatiables des oeuvres de l’auteur qui m’a envoûtée à ma pré-adolescence (je vous laisse deviner qui il peut bien être). Le rencontrer ? J’imagine même pas… mais ce serait absolument génial..
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Aimes-tu parler de tes lectures ?
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Oui, en bien comme en mal. En même temps, je suis une bavarde qui ne se refait pas, alors, il n’y a pas de mal…

Comment choisis-tu tes livres ?

La plupart du temps, on me conseille, très souvent même : « j’ai lu un livre, je suis sûr(e) que ça te plairait ». Quelques fois, je lis une critique qui aiguise ma curiosité, d’autres fois, on veut me faire découvrir… c’est ce que je préfère je crois.

Une lecture inavouable ?

Hum… à part quelques Harlequins pendant mon adolescence, je vois pas… hum… non, je ne parlerai pas de la série pour enfants intitulée « Animorphs » que j’ai engloutie au cours de mes trajets de boulot… non, non, non…

Des endroits préférés pour lire?

Tous les transports en commun. Il fut un temps le métro, le RER, le bus. Aujourd’hui le train, la voiture… et sinon le canapé, les toilettes, le jardin, la terrasse… partout en somme… même si mon lit reste une place de choix.

Un livre idéal pour toi serait ?

Celui qui se régénèrerait en histoires écrites exactement comme je les aime.

Lire par-dessus l’épaule ?

J’aime lire les magazines et BD à deux. Ca demande pas trop de concentration pour se replonger dedans le temps de s’assurer que le rythme convient aux deux lecteurs. Sinon, par dessus l’épaule, je n’aime pas qu’on me le fasse, même si je le fais parfois dans les transports avec les journaux aux gros titres.

Télé, jeux vidéos ou livre ?

Ca fait un bail que la télé ne fait plus partie de mes activités de prédilection. Les jeux vidéos, oui, j’aime, mais à petite dose (uniquement parce qu’une fois que je suis lancée, je ne peux plus m’arrêter, sauf quand je stoppe avant de casser la console, parce que je ne suis pas assez concentrée pour réussir). Donc les livres, fatalement…

Lire et manger ?

En même temps ? C’est ça la question ? Euh… non, lire et boire un thé, oui.

Lecture en musique, en silence, peu importe ?

Plutôt en silence, même si un léger fond musical ne m’empêchera pas de me plonger dans un bon bouquin.

Lire un livre électronique ?

Non. J’aime trop le papier, sa texture, son odeur, sa couleur, pour ça.

Le livre vous tombe des mains : aller jusqu’au bout ou pas ?

Tout dépend de quelle manière il tombe… le souvenir qui me vient immédiatement en tête en lisant la question, c’est le soir où en plein milieu de la lecture de Simetierre, j’ai envoyé valser le bouquin a travers la pièce, terrorisée par mon imagination et le style de l’écrivain, aussi efficaces l’un que l’autre (j’avais onze ans…). Dans un sens plus ennuyeux, Proust ne m’a appris qu’une chose : inutile de persévérer sous peine de se rendre malade.

Voilà, vous en savez un peu plus sur mon rapport aux livres… c’était sympa finalement…

Je refile le bébé à ma douce Homéo, si elle ne l’a pas encore reçu, ainsi qu’à la libraire que j’apprends à lire au fil des billets, et… parce que deux sans trois n’existe pas, mon futur.

Tag 123.5.5 – 1

Alors, ce tag-là, je l’aime beaucoup. Je l’aime beaucoup parce qu’il me donne l’opportunité de vous parler de mon activité favorite. Non, je t’ai entendu dans le fond, mais c’est pas le sexe (encore que…). La Lecture mes amis, la Lecture ! Je suis une mangeuse de livres, une mangeuse de livres qui s’est oubliée. Je réapprends doucement, avec précaution et moult encouragements, à reprendre ma passion en main, à éloigner ce mécanisme du « t’as mieux à faire » que l’on a tenté de m’inculquer de force. Mais je ne vais pas commencer un billet à réflexion sur les carcans de la vie que l’on se surprend à accepter, ce n’est pas le moment.

Le moment, là, c’est de vous faire partager un extrait, très court, de trois livres. C’est vrai, le tag n’en concerne qu’un normalement, mais j’ai été, à ma plus grande joie, taguée trois fois sur le sujet. Donc, trois ouvrages. Le plus dur sera de retrouver deux des trois livres. Oui, ils sont tous en carton depuis 5 ans et pour une obscure raison que je n’arrive toujours pas à éclaircir, ils y sont encore aujourd’hui. Mais ce sera peut-être l’occasion de balayer cette erreur, qui sait ? Le troisième en revanche, c’est celui que je lis en ce moment, qui me suit dans le train, qui trône sur ma table de chevet, qui m’accompagne sur la terrasse quand il y a du soleil… et qui me fait penser à mon chéri quand je le l’ouvre.

Bon, après ce flots de bavardages, passons aux choses sérieuses.

Le tag en lui-même : prendre un livre, l’ouvrir à la page 123, aller à la ligne 5 et recopier les 5 lignes qui suivent. Et citer auteur, éditeur et année d’édition de l’ouvrage. Ne pas oublier (ce que je viens de faire), de citer le lanceur de tag et de taguer d’autres personnes, forcément. Le chiffre ici étant imprécis suivant les versions envoyées à droite et à gauche, je vais profiter pour prendre en otage quelques blogs qui parlent bien et qui me parlent bien…

Toujours mon plaisir des yeux et de l’esprit

Ma caisse de résonnance favorite

Une francophile bavante vraiment pas comme les autres

Un Gino bien barré et tellement bon

Voilà !

Alors, mon premier choix, pour répondre à ma copine Log, le livre que je lis actuellement :

– Bon écoute, fit Rampa en abandonnant le caoutchouc brûlant de ses pneus sur la bretelle de Tadfield. Jouons cartes sur table. Je te dis les miens si tu me dis le tiens.
– D’accord. Tu commences.
– Ah, non ! Toi d’abord.
– Mais tu es un démon.
– Oui, mais un démon de parole, j’ose l’espérer.

« De Bons Présages », by Terry Pratchett et Neil Gaiman, Editions J’ai Lu 2007. Titre original : « Good Omens ».

Il me reste 50 pages à lire. Mais j’ai pas envie. Que l’histoire se termine.

Pour les deux autres références, rendez-vous à l’article Tag 123.5.5 – 2 et Tag 123.5.5 – 3…